Chaque année, le mois de janvier est consacré aux États-Unis à la prévention de la traite des êtres humains. Depuis 2010, cette initiative vise à sensibiliser le public et à combattre les réalités dévastatrices de ce fléau. À cette occasion, des religieuses ont été interrogées sur les actions menées par leurs communautés pour lutter contre l’exploitation, en particulier des femmes et des enfants vulnérables. Leurs réponses, ancrées dans les charismes de leurs congrégations, offrent un message d’espoir, de guérison et de plaidoyer pour les victimes de cette injustice profonde.
Anthonia Uche : une vigilance salvatrice au Nigeria
Anthonia O. Uche, membre de la congrégation des Servantes de l’Enfant-Jésus, vit et travaille au Nigeria. Titulaire de diplômes en éducation, langues, études sur les réfugiés et conseil psycho-spirituel, elle exerce actuellement comme conseillère à l’Université Veritas d’Abuja. Son engagement s’étend également au ministère paroissial et à la défense des droits des femmes.
Elle raconte l’histoire d’Ada, une femme de 30 ans, veuve et mère de quatre enfants, qui travaillait comme femme de ménage dans un établissement de santé à Uyo. Un jour, Ada annonça à ses collègues qu’elle démissionnait pour un emploi de cuisinière dans un pays voisin, avec un salaire mensuel équivalent à son revenu annuel actuel. Ses amies, plus averties, soupçonnèrent une tentative de traite humaine et la convainquirent de renoncer à cette offre trop alléchante.
La traite des êtres humains, rappelle Anthonia, est un fléau mondial qui exploite les plus vulnérables à des fins lucratives. Les trafiquants, souvent organisés en réseaux criminels, utilisent la tromperie pour piéger leurs victimes, les réduisant à l’esclavage moderne, au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle.
Au Nigeria, pays d’origine, de transit et de destination pour les victimes de traite, les Servantes de l’Enfant-Jésus mènent des actions de sensibilisation, de sauvetage et de réhabilitation. Elles ont notamment secouru Ngozi, une adolescente de 14 ans piégée dans l’esclavage sexuel, et lui ont offert des soins médicaux ainsi qu’une bourse pour reprendre ses études. La congrégation propose également des formations professionnelles gratuites aux survivantes et collabore avec des ONG et des agences gouvernementales pour poursuivre les trafiquants et défendre la justice.
Deepa Moonjely : une mission de compassion en Inde et en Indonésie
Deepa Moonjely, des Sœurs Dominicaines de la Présentation, partage son expérience en Inde et bientôt en Indonésie, où sa congrégation établit de nouvelles communautés. Inspirée par la compassion de leur fondatrice, la bienheureuse Marie Poussepin, les sœurs agissent à travers trois axes : prévention, intervention et réhabilitation.
En Inde, l’Alliance Poussepin pour le Service Social (PASS) travaille avec des partenaires locaux pour sensibiliser les communautés, notamment par des pièces de théâtre et des ateliers éducatifs. Les sœurs interviennent également pour secourir les victimes, leur offrant des soins médicaux, un soutien psychologique et une aide juridique. Des programmes de formation professionnelle, comme la couture ou l’agriculture durable, permettent aux survivantes de retrouver une autonomie financière.
Editruda Mbegu : défendre les plus faibles en Tanzanie
Editruda Mbegu, des Sœurs de Notre-Dame Reine d’Afrique, œuvre à Sumbawanga, en Tanzanie. Dans cette région, les enfants sont souvent exploités comme domestiques ou travailleurs agricoles, tandis que les femmes, poussées par la pauvreté, sont contraintes à la prostitution ou à des travaux sous-payés.
Les causes de cette vulnérabilité sont multiples : pauvreté, échec scolaire, discriminations sociales et manque d’accès aux soins. Les sœurs s’efforcent de briser ce cycle en offrant des formations, en sensibilisant les communautés et en accompagnant les victimes vers une vie digne et autonome.






