Cité du Vatican, 3 février 2025 — Dans la Salle Clémentine, entouré de chefs d’État, de responsables religieux et d’experts internationaux, le Saint-Père a prononcé un discours lors du Sommet mondial sur les droits de l’enfant, intitulé « Aimez-les et protégez-les ». Face à une assemblée solennelle, le Pape a dénoncé avec fermeté les injustices subies par les enfants à travers le monde, tout en appelant à un sursaut de conscience collective.
Un constat accablant
« Même aujourd’hui, la vie de millions d’enfants est marquée par la pauvreté, la guerre, l’absence d’éducation, l’injustice et l’exploitation », a déclaré le Souverain Pontife, soulignant que ni les pays pauvres ni les nations riches ne sont épargnés. Dans les régions déchirées par les conflits, des enfants sont « sous les bombes, sacrifiés aux idoles du pouvoir », tandis qu’ailleurs, « l’individualisme pathologique » des sociétés développées engendre négligence, violences familiales et addictions destructrices.
Le Pape François a rappelé des chiffres glaçants : 40 millions d’enfants déplacés par les guerres, 160 millions réduits en esclavage, et 150 millions « invisibles », non enregistrés à la naissance, livrés à l’exploitation. « Tuer un enfant, c’est nier l’avenir », a-t-il martelé, condamnant également « la pratique meurtrière de l’avortement, qui supprime la vie des enfants et coupe la source d’espérance pour toute la société ».
L’urgence d’écouter les plus petits
Avec émotion, le Successeur de Pierre a évoqué les récits de son grand-père, survivant de la Première Guerre mondiale, pour rappeler que « voir la guerre à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue est la meilleure façon de comprendre la valeur inestimable de la vie ». Il a insisté sur l’importance d’écouter les enfants, y compris dans leurs silences : « Avec leurs regards et leurs silences, ils nous parlent aussi ».
Le Pontife a dénoncé une « culture de l’efficacité » qui relègue l’enfance et la vieillesse en « périphéries de l’existence », ainsi qu’un « endurcissement des cœurs » face à la souffrance, nourri par des médias insensibles. « Nous risquons de perdre ce qu’il y a de plus noble dans le cœur humain : la miséricorde et la compassion », a-t-il averti, appelant à refuser toute normalisation de ces tragédies.
Un appel à l’espérance
Malgré l’ampleur des défis, le Pape a exprimé sa confiance en la grâce divine et en la capacité des dirigeants à « ouvrir de nouvelles voies » pour les plus vulnérables. « Les enfants sont le signe de l’espérance dans toute société », a-t-il rappelé, citant sa bulle Spes Non Confundit : « Il est triste de voir des jeunes sans espérance, confrontés à un avenir incertain ».
En conclusion, François a encouragé les participants à placer « les droits, les rêves et l’exigence d’un avenir des enfants au centre de nos préoccupations », assurant de ses prières pour que ce sommet contribue à bâtir « un monde meilleur pour les petits, et donc pour tous ».
Dans un dernier merci, empreint d’humilité, le Saint-Père a béni l’assemblée, invitant à ne jamais oublier que « rien ne vaut la vie d’un enfant ».





