Le processus de béatification de Baudouin Ier, ancien roi des Belges (1930-1993), rencontre des résistances. Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, a exprimé des réserves sur cette cause, notamment en raison du rôle présumé de Baudouin dans l’assassinat de Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République Démocratique du Congo.
Un épisode sombre à élucider
Lors d’une déclaration devant la Congrégation pour les causes des saints au Vatican, le cardinal Ambongo a insisté sur la nécessité d’une enquête approfondie avant toute avancée dans le processus de béatification. Il a rappelé que Lumumba, leader charismatique de l’indépendance congolaise, a été assassiné dans des circonstances troubles en 1961, peu après que le Congo a accédé à l’indépendance, en 1960, sous le règne de Baudouin.
« Il est important que la vérité soit pleinement révélée, » a affirmé le cardinal.
« La mort de Patrice Lumumba est une tâche noire dans l’histoire, et il est essentiel d’examiner tous les faits avant d’honorer un roi lié, directement ou indirectement, à cet événement. » Bien que Baudouin soit reconnu pour sa piété et son engagement moral, particulièrement en refusant de ratifier la loi sur l’avortement en Belgique en 1992, le cardinal considère que les aspects moins glorieux de son règne, notamment ses liens avec la période coloniale, doivent être étudiés.
La position de l’Église et les enjeux d’une béatification
La béatification, qui précède une éventuelle canonisation, est une étape majeure dans l’Église catholique, reconnaissant les vertus chrétiennes exceptionnelles d’une personne défunte. C’est une reconnaissance officielle de la sainteté, mais pour que cette reconnaissance soit pleinement accordée, l’étude de la vie du candidat doit être rigoureuse et approfondie. Le rôle de Baudouin lors de la décolonisation du Congo et de l’assassinat de Lumumba soulève donc des questions complexes.
Le cardinal Ambongo a déclaré :
« Une béatification ne doit pas occulter la justice. Avant d’avancer dans cette cause, il est primordial d’éclaircir ce que certains considèrent comme une zone d’ombre. »
La figure de Baudouin, notamment à travers son discours de l’indépendance du Congo en 1960, a souvent été perçue comme paternaliste, reflétant le manque de reconnaissance des abus infligés par la colonisation belge. Cette mémoire douloureuse, encore vive dans l’esprit des Congolais, continue de susciter des débats.
Ces réserves exprimées par le cardinal trouvent un écho particulier en République Démocratique du Congo. Martin Fayulu, leader politique congolais et opposant, a souligné l’importance de faire toute la lumière sur le rôle de Baudouin dans l’assassinat de Lumumba avant de considérer sa béatification. « L’Église catholique doit prendre en compte le passé colonial, et notamment les actions de Léopold II, pour éviter de glorifier des figures controversées, » a-t-il déclaré.
Le pape François, lors de son voyage en Belgique en septembre dernier, avait annoncé son intention d’ouvrir le procès en béatification de Baudouin. Il avait notamment loué le roi pour son engagement en faveur de la foi catholique, notamment lors de son refus de promulguer une loi légalisant l’avortement en Belgique. Dans son discours, le pape avait déclaré :
« Que le roi Baudouin, par son exemple d’homme de foi, soit une lumière pour les gouvernants.«
Cependant, cette volonté du pape se confronte désormais aux préoccupations des responsables religieux et politiques, notamment en Afrique, qui voient dans la figure de Baudouin des aspects plus sombres qui ne doivent pas être ignorés.
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