L’Église en Italie vient de vivre un moment clé avec l’approbation du document intitulé « Levain de paix et d’espoir », voté le 25 octobre, après des mois de réécriture, de retards et d’amendements sans fin. Ce vote massif, 781 voix favorables sur 809, n’a pas conclu le processus synodal. Il a au contraire ouvert une phase plus délicate, car ce texte, bien qu’il reflète les attentes de l’assemblée, remet aussi en question plusieurs principes établis de la vie de l’Église.
Un texte chargé, qui aborde des points sensibles
Le document est long. Il n’hésite pas à encourager les évêques à soutenir des manifestations civiles contre « l’homophobie et la transphobie », ce qui influence de fait les orientations pastorales. Il invite aussi à approfondir la possibilité d’un diaconat féminin, sujet pour lequel le pape François avait déjà créé deux commissions, sans résultat concluant.
Comme tout document synodal, il n’a pourtant aucune autorité pour remplacer l’évêque ou dicter des décisions à une conférence épiscopale, simple organe administratif. Mais l’impression générale est bien celle d’une tentative de modifier cette dynamique.
Une rédaction laborieuse et inédite
Pour comprendre, il faut revenir au début de l’année. La Conférence épiscopale italienne avait rédigé une série de propositions. Résultat : un nombre énorme d’amendements, rendant impossible l’obtention d’un consensus parmi environ mille délégués. En avril, on a donc décidé de tout suspendre, de reporter l’assemblée générale de mai, une première en cinquante ans, pour tout réécrire.
La nouvelle version a été rendue publique avant d’être votée à huis clos durant la troisième assemblée synodale du 25 octobre.
Le texte a été approuvé, et maintenant la CEI doit désigner des évêques chargés d’en tirer des priorités et des résolutions pour l’assemblée générale du mois.
Une Église italienne marquée par la synodalité
Depuis une décennie, la mise en œuvre du « chemin synodal » est très poussée en Italie, au point d’influencer d’autres conférences épiscopales. Cette culture repose sur la participation, l’écoute, et un « discernement en prière » permanent.
La difficulté à trouver un consensus cette année montre toutefois la fragilité de cette méthode lorsque les sujets deviennent trop sensibles.
Les points les plus discutés ont été adoptés :
– Le soutien à des recherches théologiques sur le diaconat féminin : 625 voix pour, 188 contre.
– Le soutien aux initiatives civiles contre toutes les formes de violence, incluant « l’homophobie et la transphobie », approuvé par 637 voix contre 185.
Les réactions : enthousiasme ou inquiétude
Le cardinal Matteo Zuppi, président de la CEI, a parlé d’une « opération courageuse », en soulignant que les évêques avaient écouté ensemble « la voix de l’Esprit », et qu’il n’était plus possible de renvoyer certaines décisions.
L’archevêque Castellucci, responsable du Comité national du Chemin synodal, espère que la CEI rendra obligatoires les orientations contenues dans le document. Selon lui, le texte ne cherche pas à être doctrinal, mais veut promouvoir une plus grande « coresponsabilité », renforcer les organes participatifs, valoriser davantage le rôle des femmes et développer des ministères au service de toute la communauté.
Une opposition nette chez certains évêques
Plusieurs évêques, en revanche, ont exprimé un profond malaise.
Mgr Giovanni Paccosi, évêque de San Miniato et ami personnel du pape Léon XIV, estime que le texte cherche à transformer un souhait minoritaire en obligation universelle, et que les votants se sont retrouvés dans l’impossibilité de distinguer clairement des propositions « décousues et tendancieuses » regroupées dans les mêmes articles.
Mgr Antonio Suetta, évêque de Ventimiglia-Sanremo, rappelle quant à lui que cette assemblée n’était pas un synode officiel. Elle n’était qu’une consultation large, incluant des fidèles… et même des non-fidèles. Les données montrent d’ailleurs que les participants ne représentent qu’une minorité des catholiques italiens.
Selon lui, le texte reflète des tendances qui doivent être vérifiées et corrigées à la lumière du Catéchisme de l’Église catholique et du magistère constant.
Un tournant décisif pour l’Église en Italie
Le document italien ne prétend pas définir la doctrine, mais ses orientations peuvent avoir un impact considérable. L’Église en Italie se trouve face à une tension réelle : poursuivre un chemin synodal qui cherche le consensus, ou corriger certaines dérives possibles à la lumière de la foi transmise.
Il reviendra aux évêques de discerner, dans la fidélité à l’Église universelle et sous l’autorité du Saint-Père, ce que ce texte peut apporter, rectifier ou écarter.
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