À l’occasion d’une rencontre privée au Vatican avec une délégation de réfugiés des îles Chagos, le pape Léon XIV a réaffirmé avec force le droit fondamental des peuples à vivre sur leur propre terre et à ne pas être contraints à l’exil.
Le Saint-Père, premier pape américain de l’histoire, a rappelé que « nul ne peut être forcé à l’exil », évoquant le drame vécu par environ 2 000 habitants des Chagos, expulsés de leurs îles dans les années 1960 et 1970 afin de permettre l’installation d’une base militaire américano-britannique sur Diego Garcia.
Une injustice historique reconnue
Les îles Chagos, restées sous contrôle britannique depuis 1814, furent séparées de l’île Maurice en 1965, juste avant son indépendance. Cette manœuvre permit au Royaume-Uni de garder la main sur cet archipel stratégique de l’océan Indien. Des familles entières furent déracinées et envoyées de force à l’étranger, souvent réduites au statut précaire de simples « contract laborers ».
Après des décennies de luttes juridiques et diplomatiques, un accord signé en mai dernier entre le Royaume-Uni et Maurice prévoit le transfert de souveraineté et la possibilité de réinstallation des habitants, tout en maintenant la présence militaire. Le Royaume-Uni versera chaque année à Maurice 101 millions de livres en échange du bail de la base pour une durée de 99 ans, avec un fonds destiné aux Chagossiens. Mais certains exilés redoutent que cet accord ne rende leur retour encore plus incertain.
La voix du pape : une espérance pour les réfugiés
Dans un discours prononcé en français, Léon XIV a salué l’accord comme « une victoire significative dans la réparation d’une grave injustice ». Il a particulièrement rendu hommage aux femmes chagossiennes pour leur rôle pacifique dans cette longue lutte pour la justice.
Le pape a rappelé que « tous les peuples, même les plus petits et les plus faibles, doivent être respectés dans leur identité et leurs droits, en particulier le droit de vivre sur leur terre ». Il a exprimé l’espérance que les autorités mauriciennes tiennent leurs engagements, et a promis l’appui de l’Église locale dans ce processus de réinstallation.
Le témoignage des exilés
À l’issue de cette rencontre, Louis Olivier Bancoult, président du Chagos Refugees Group, a confié son émotion. Lui-même avait été expulsé à l’âge de quatre ans de l’île de Peros Banhos avec sa famille. Après avoir reçu récemment des représentants américains et britanniques, il voit désormais dans ce soutien du pape un signe providentiel : « Pour moi, c’est un miracle… maintenant nous avons la bénédiction de Dieu ».
Il a d’ailleurs offert au Saint-Père une statue de la Vierge Marie, bénie lors de l’audience et destinée à être rapportée aux Chagos comme signe d’espérance et de foi pour les habitants.
L’audience, qui devait initialement se tenir dans le cadre d’une rencontre générale, a finalement pris la forme d’un rendez-vous privé voulu personnellement par Léon XIV. Philippe Sands, avocat international et défenseur de la cause chagossienne, a souligné l’importance de ce geste. Selon lui, les paroles du pape constituent un signal clair envoyé aux gouvernements de Grande-Bretagne, des États-Unis et de Maurice : le Vatican attend que justice soit faite et que les Chagossiens puissent retrouver leur foyer.
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