Ce dimanche 18 mai, à 10 heures (heure de Rome), la place Saint-Pierre accueillera la messe solennelle d’inauguration du pontificat du nouveau Souverain Pontife, Sa Sainteté le pape Léon XIV. Par cette célébration, le successeur de saint Pierre entrera officiellement dans l’exercice de sa mission comme évêque de Rome et chef visible de l’Église catholique. La cérémonie marquera une étape liturgique essentielle, profondément enracinée dans la Tradition et dans les symboles propres à la charge pétrinienne.
Comme l’a établi Benoît XVI dans le rituel propre à cette occasion — le Ordo Rituum pro Ministerii Petrini Initio Episcopi Romae — la célébration suivra la réforme liturgique approuvée en 2005 et modifiée en 2013. Depuis l’abandon de la triple tiare, cette messe remplace la cérémonie autrefois appelée « couronnement du pape« . Paul VI, dans la suite logique du Concile Vatican II, avait renoncé à la tiare, marquant ainsi une rupture avec les usages anciens.
Malgré cela, la richesse symbolique de cette messe demeure intacte. C’est à ce moment que le nouveau pape recevra deux insignes essentiels : le pallium et l’anneau du pêcheur.
Avant la procession, le pape Léon XIV se recueillera silencieusement devant l’Autel de la Confession, dans la basilique Saint-Pierre, priant sur le tombeau du Prince des Apôtres. Un moment de grande gravité, que vivront également les patriarches des Églises orientales catholiques en communion avec Rome, unis dans la prière avec le Successeur de Pierre.
Puis, le Saint-Père s’avancera en procession vers l’autel extérieur érigé sur la place, au rythme des Laudes Regiæ, cette antique litanie des saints, chant solennel aux accents royaux, emprunté à la tradition impériale. Ce chant était déjà utilisé à l’époque de Charlemagne, lors de son sacre impérial à Noël de l’an 800, et fut ensuite repris dans les grandes cérémonies royales de France et d’Angleterre avant les réformes protestantes. Son contenu rappelle que tout pouvoir vient de Dieu et que celui qui le reçoit doit l’exercer dans la crainte de Dieu et la fidélité à l’Église.
Le pallium et l’anneau : symboles d’un service
Au cœur de la liturgie, deux objets seront remis au Saint-Père : le pallium et l’anneau du pêcheur. Le pallium, confectionné en laine d’agneau, représente le fardeau pastoral que porte l’évêque de Rome. Il rappelle que le pape est avant tout un pasteur, appelé à porter son troupeau, l’Église universelle, sur ses épaules comme le Christ le Bon Pasteur.
Quant à l’anneau du pêcheur, il représente saint Pierre dans sa barque, jetant ses filets, image de la mission confiée par le Christ : “Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église.” Cet anneau, réalisé en or, porte également le nom du pape et sert à authentifier les documents pontificaux, en les scellant officiellement.
Avant la messe, Léon XIV portera encore son anneau épiscopal habituel. Mais dès le début de cette célébration inaugurale, il le déposera pour recevoir l’anneau du Pêcheur, insigne propre à sa mission pontificale.
Autre moment marquant de la cérémonie : l’acte d’obéissance rendu au Saint-Père par les cardinaux. Une délégation représentative s’approchera de lui pour exprimer, au nom de tout le collège, leur fidélité, leur communion ecclésiale et leur soumission respectueuse. Un geste ancien, mais toujours éloquent, qui manifeste l’unité visible de l’Église autour de Pierre.
Quelques jours plus tard, le dimanche 25 mai, une seconde cérémonie se tiendra à la basilique Saint-Jean-de-Latran. Ce jour-là, Léon XIV prendra officiellement possession de la cathédrale de Rome, car c’est cette basilique, et non celle du Vatican, qui est le siège propre de l’évêque de Rome.
Comme le souligne le père Juan José Silvestre, professeur de liturgie à l’Université de Navarre, “cette prise de possession manifeste que le pape, au-delà d’être le chef visible de toute l’Église, est d’abord le pasteur de l’Église particulière de Rome.” À cette occasion, le chapitre cathédral l’accueillera, et un représentant du diocèse exprimera au nom de tous la loyauté et l’obéissance au nouveau pontife. Tout cela se fera selon la coutume diocésaine, comme pour tout évêque prenant possession de son siège.





