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L’histoire cachée de l’islam révélée par la recherche historique

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Qu’est-ce que l’islam ? Que doit réellement cette religion à la prédication de Mahomet ?

L’islam n’est pas le résultat d’une « révélation divine » ou de la seule prédication de Mahomet, mais celui d’un processus très long et très complexe de réécriture de l’Histoire. Il s’enracine dans des croyances apocalyptiques juives et chrétiennes recomposées par les chefs arabes et les califes pour justifier leur pouvoir « au nom de Dieu », établir le « règne de Dieu » et satisfaire leurs visées de domination politique.

Cette découverte, déjà formulée par É.-M. Gallez dans sa synthèse Le Messie et son Prophète (2005-2010, Éd. de Paris), reste jusqu’à ce jour peu connue du public. Pourtant, quantité de recherches nouvelles sont venues la compléter, la préciser, l’approfondir voire la corriger à la marge depuis une quinzaine d’années : histoire, numismatique, épigraphie,
codicologie, exégèse, linguistique, etc.

Il manque cependant la plupart du temps à ces recherches leur mise en perspective globale. C’est ce à quoi prétend l’édition 2020 du Grand secret de l’islam : une perspective globale détaillant la formation de l’islam à partir des
travaux variés de la recherche, dans tous les domaines, expliquée et vulgarisée à l’attention du grand public

Que dit le discours officiel de l’islam sur lui même ?

Il y aurait eu dans l’Arabie du VIe siècle après Jésus Christ, dans le Hijaz (ou Hedjaz, le sud-ouest de l’actuelle Arabie Saoudite, sa partie riveraine de la Mer Rouge) un peuple de nomades, de commerçants et de guerriers, les Arabes.

Ils auraient été les descendants d’Abraham (le même Abraham que celui dont se réclame la tradition biblique) par son fils Ismaël qu’Abraham eut dans des temps immémoriaux avec sa servante Agar.

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Selon l’histoire musulmane, ils vivaient selon un système de clans et de tribus, avaient pour religion une sorte de polythéisme mal connu, des cultes païens anciens, et obéissaient à des coutumes rustiques par exemple, ils maltraitaient leurs femmes et il se raconte même qu’ils enterraient vives leurs petites filles.

De plus, la région était en proie à l’anarchie, à de nombreuses guerres entre clans plus ou moins régies par ces coutumes religieuses troubles. C’était le temps de la jahiliya, de l’ignorance, de l’obscurantisme propre aux temps païens.

Dans ce contexte serait né Mahomet, en 570, à La Mecque, petite ville caravanière de cette région, au sein de la tribu des Qoréchites. Orphelin très tôt, il est recueilli par son grand-père, puis par son oncle, les chefs de la tribu. Vers l’âge de 9 ans, alors qu’il accompagne son oncle lors d’une expédition caravanière en Syrie, un moine chrétien, Bahira,
reconnaît en lui un futur prophète.

En attendant qu’il le devienne, Mahomet doit subvenir à ses besoins. Il trouve à s’embaucher comme caravanier
et sillonne l’Arabie et le Moyen-Orient. Il épouse sa patronne Khadija, une riche veuve. Il aura d’elle quatre filles.

Vers 610, alors qu’il s’était retiré pour méditer dans une grotte à l’écart, une voix se fait entendre, l’ange Gabriel apparaît. Il lui révèle la parole d’Allah, c’est-à-dire quelques versets du Coran qu’il lui enjoint de réciter (les premiers versets de la sourate 96).

Gabriel est le messager d’Allah (« le dieu », c’est-à-dire Dieu), le dieu unique, le créateur du monde et du premier homme Adam. Il s’était révélé par la suite à Abraham et à toute une série de prophètes.

Noé, Moïse, Jésus pour les principaux… Mais ceux qui avaient écouté ces prophètes prêcher la parole divine, c’est-à-dire les Juifs et les chrétiens, s’étaient égarés. Ils avaient reçu de leurs prophètes des livres sacrés (la Torah et
l’Évangile), et auraient dû suivre leurs commandements.

Toutefois, ils s’étaient dévoyés et avaient falsifié leurs écritures. D’où la nécessité pour Allah de parachever sa révélation en envoyant un dernier prophète pour rappeler le monde à l’ordre et fonder à nouveau la vraie religion. Celle qui
corrige toutes les révélations précédentes dévoyées, judaïsme et christianisme, en donnant aux nouveaux croyants les justes et ultimes commandements pour vivre selon le plan d’Allah.

Et dans ce plan figure notamment la mission de convertir la terre entière pour que lui, Allah, soit enfin satisfait de voir toute l’humanité se soumettre et se conformer à sa divine volonté, lui obéir en tout, du lever au coucher, entre époux et entre amis, dans la paix et dans la guerre, dans tous les actes de la vie quotidienne.

Mahomet s’en ouvre à sa femme, qui en fait part à son cousin Waraqa, un prêtre présenté comme chrétien, et tous deux conforteront Mahomet dans la validité de sa révélation. Convaincu de la nécessité de la proclamer, illettré comme la plupart de ses contemporains, il ne pouvait pas l’écrire, il devient prédicateur. Il prêche alors le dieu unique aux polythéistes de La Mecque.

Il parvient non seulement à se faire comprendre d’eux, mais aussi à se faire reconnaître comme prophète. Il rassemble ainsi autour de lui ses premiers fidèles, par son discours et par des signes divins de sa prophétie. Notamment par le miracle du « voyage nocturne », l’isra et le miraj (« le voyage et la montée ») qui le verra être transporté en une nuit de La Mecque à Jérusalem, aller et retour, au dos de Buraq, son cheval ailé. Au passage, s’envolant depuis Jérusalem prenant appui sur le rocher du Dôme du Rocher), il visite peut-être l’enfer (les traditions divergent sur ce point), puis traverse les sept cieux jusqu’à s’élever à « une portée de flèche » d’Allah.

Le Coran céleste lui est révélé, aperçu entre les mains divines. C’est la « Mère des Ecritures », le modèle divin qui
authentifie la révélation terrestre qu’en fait Mahomet.

En dépit de ces signes, il s’attire les mauvaises grâces des autorités de La Mecque et de ses puissants, importunés par le prophète dans leurs affaires et leur polythéisme. Lorsque sa femme et ses protecteurs viennent à mourir, les persécutions envers Mahomet et les premiers musulmans empirent. Certains croyants seraient même allés jusqu’à traverser la Mer Rouge pour se réfugier en Abyssinie chrétienne.

Mahomet finira par être chassé de La Mecque. Accompagné de ses adeptes, il trouve refuge à Yathrib, une cité prospère établie dans une oasis du désert à 400 km environ au nord de La Mecque, peuplée de tribus juives et arabes. Ainsi prend fin la période mecquoise de la vie de Mahomet. La date de sa fuite est retenue pour le début du calendrier musulman : l’année 622 sera le début de l’ère de l’Hégire (l’exil, l’émigration), la première année des nouveaux temps
islamiques.

Sa nouvelle ville d’accueil sera rebaptisée par la suite Médine (« la ville »). S’y ouvre donc la période médinoise de la vie de Mahomet. Il conclut un pacte avec ses hôtes arabes et juifs (appelé « Constitution de Médine ») et s’entend bien avec eux, comme le montre leur conduite bienveillante initiale à son égard. Il continue de prêcher en divulguant verset après verset la révélation d’Allah, parole qui l’établit alors comme chef politique. Durant tout ce temps, l’ange Gabriel continue en effet de se manifester régulièrement à lui.

C’est ainsi qu’il est amené à s’éloigner de pratiques originelles très semblables aux coutumes juives que mettaient en avant ses premiers prêches, comme l’observance de certains jeûnes, rites et prières, ou encore l’obligation de prier en direction de Jérusalem. Il l’aurait modifiée durant son temps à Médine, l’orientant alors vers La Mecque.

Il s’y serait trouvé un ancien sanctuaire, la Kaaba, dont la construction est attribuée à Abraham lui-même, dit-on. Mais les polythéistes mecquois l’auraient ensuite dévoyé et encombré des idoles païennes de leurs cultes.

Pour subvenir aux besoins de la communauté et face à l’hostilité des Mecquois et des sceptiques, Mahomet, le prophète pacifique devenu maître politique et religieux de Médine, se mue désormais en chef de guerre :
malgré ses premières réticences, la révélation de nouvelles sourates lui enjoint d’user de toutes les violences, de prôner la guerre sainte, et de faire mener expédition sur expédition contre les caravanes de La Mecque (des razzias). Il élimine ses adversaires politiques, ses contradicteurs et ses caricaturistes.

Médine vit cependant l’âge d’or de l’islam, Mahomet édicte les règles d’une juste paix, libérant par exemple la femme du statut indigne dans lequel les polythéistes sont supposés l’avoir confinée. Il mène une vie humble et exemplaire malgré ses épouses nombreuses (avec selon les traditions au moins 13 femmes, sans compter les esclaves et prises de guerre). Il continue de dévoiler à l’appui de ses actions des versets nouveaux de la révélation. Il recrute ainsi toujours plus de fidèles et combat les oppositions des croyants sceptiques et hypocrites, les munafiqun.

Face aux trahisons de ses hôtes juifs de Médine qui n’auraient plus respecté le pacte initial, il finit par en expulser deux
de leurs tribus, et fait massacrer et réduire en esclavage la troisième en 627 (la tribu des Banu Qurayza). S’étant ainsi renforcé, Mahomet peut s’emparer de La Mecque. Il y entre en 629 à l’occasion de la trêve d’Houdaybiya, puis prend définitivement la ville en 630.

La Kaaba est nettoyée des idoles païennes et devient ce cube vide orné de la pierre noire que nous voyons encore aujourd’hui. La Mecque gagne définitivement son statut de ville sainte. Les conquêtes continuent dans le Hijaz, de nouveaux territoires sont gagnés, des populations se convertissent à cette nouvelle religion, l’islam, Juifs et chrétiens conservant cependant une certaine liberté de culte.

L’Arabie s’unifie dans une même langue, une même religion et s’identifie peu à peu à l’oumma, la communauté des croyants musulmans. La conquête et les conversions continuent ainsi de s’étendre jusqu’au Proche-Orient.


En 632, Mahomet réalise son dernier pèlerinage à La Mecque, islamisant ainsi la coutume ancienne qu’observaient également les polythéistes, et l’établissant comme pilier de la nouvelle foi. Il meurt peu après, le 8 juin 632, à Médine, et y sera enterré.

A sa suite, Abu Bakr, un de ses compagnons et père d’Aïcha, sa jeune épouse (et épouse préférée) devient calife (titre auquel l’islam a donné le sens de « successeur » de Mahomet), et donc chef religieux, politique et militaire de l’oumma. Il s’agit alors d’un califat électif, doté d’un conseil califal consultatif, le mushawara (la consultation), composé de compagnons de Mahomet, parmi lesquels se retrouvent notamment trois futurs califes (Omar, Othman et Ali), Ubay, et Zayd. Zayd fut le secrétaire personnel du prophète, auquel a alors été confiée une première compilation de la révélation coranique, transcrite par les compagnons de Mahomet.

Abu Bakr poursuit les conquêtes, combat certaines tribus musulmanes refusant de voir en lui le successeur du prophète (ce sont les guerres de ridda ou guerres d’apostasie) et meurt à Médine en 634, confiant son pouvoir à Omar
(Umar). Celui-ci, deuxième calife fut un très grand conquérant.

Il étend l’empire aux confins de la Tunisie actuelle, en passant par l’Égypte, tout le Moyen-Orient, l’Irak, et jusqu’aux extrémités de l’Iran d’aujourd’hui. Il prend Damas (634). Les Arabes entrent à Jérusalem vers 637-638, qui sort donc du giron de l’Empire Romain d’Orient (Byzance).

Omar y fait construire un sanctuaire, la « mosquée d’Omar » sur l’actuelle esplanade des mosquées, à l’emplacement supposé de l’ancien Temple des Juifs. Le calife Abd al-Malik la remplacera par la suite par le Dôme du Rocher, construit vers la fin du VIIe siècle.

Pendant ce temps, les témoins de Mahomet, ses compagnons, ses scribes, son secrétaire, auraient continué d’apprendre par cœur, de réciter, de transcrire au besoin sur des supports de fortune comme des omoplates de chameaux – et de diffuser sa révélation, la parole d’Allah, le Coran. Ils auraient continué aussi de se remémorer l’exemple de sa vie. Mais de fil en aiguille, le risque de compromettre la révélation se serait accru avec la mort des témoins et l’apparition de divergences au sein de l’oumma.

Le travail de collecte des fragments coraniques éparpillés parmi les musulmans, commencé sous Abu Bakr, poursuivi sous Omar, toujours grâce à Zayd, ne suffit pas. Après l’assassinat d’Omar à Médine en 644, c’est Othman (Otman, Uthman), son successeur, le troisième calife, qui fera finalement compiler entre 647 et 653 une version unique et officielle, la version canonique du Coran, classifiant et ordonnant grossièrement les sourates de la plus longue à
la plus courte.

Othman aurait fait alors détruire l’ensemble des recueils et fragments antérieurs dans tout le califat. Il diffuse la véritable version du Coran, sous la forme d’exemplaires de référence, à Médine, Damas, Koufa et Bassora (dans l’actuel Irak), et à La Mecque. C’est cette version que l’édition de 1924 du Caire a théoriquement avalisée. Elle fait toujours référence pour tous les musulmans.

Après l’assassinat d’Othman en 656 lui succède Ali, cousin, gendre, disciple et compagnon historique de Mahomet. Il fait face à une très grave guerre civile au sein de l’oumma, la première fitna. Ali est assassiné en 661, mettant fin au califat des rachidun (« bien guidés », selon la tradition sunnite), ces premiers successeurs de Mahomet que l’islam sunnite reconnait comme des dirigeants modèles et divinement inspirés.

L’assassinat d’Ali amplifie encore la guerre civile avec la querelle de sa succession, portant tant sur la nature de l’héritage de Mahomet que sur l’affrontement des ambitions politiques déjà observé précédemment. Elle sépare irrémédiablement les musulmans entre sunnites, chiites et autres branches dissidentes : pour schématiser, les sunnites se révèleront partisans d’une succession politique à Ali via Hasan, son fils, qui prend sa suite en 661 pour moins
d’une année, et surtout via Muawiya, le gouverneur de Syrie qui s’impose très rapidement face à Hasan par la force.

Les chiites veulent une légitimité religieuse au successeur de Mahomet, un imam davantage qu’un chef militaire, et qui plus est, un imam descendant du prophète. Ils ont reconnu Hasan, fils d’Ali et petit-fils de Mahomet, comme leur chef. A la mort d’Hasan en 670 (on dit qu’il aurait été empoisonné par sa propre femme sur ordre de Muawiya, neuf ans après son éviction par ce dernier), ils se porteront vers son frère Hussein (le troisième imam des chiites, après son frère
Hasan et son père Ali).

Ils s’opposent donc à Muawiya, l’éternel adversaire d’Ali et de ses fils, devenu calife, et fondateur de la dynastie Omeyyade. Il faut savoir par ailleurs que les vicissitudes de l’opposition de Muawiya à Ali avaient déclenché la scission d’une troisième branche de musulmans parmi les partisans d’Ali, les Kharidjites. Ce sont eux qui avaient assassiné Ali en 661.

Retenons que Muawiya s’impose donc comme calife, transférant la capitale à Damas. Il en termine avec le califat
électif en choisissant son fils Yazid (Yazid Ier) pour lui succéder à sa mort, en 680, fondant ainsi la dynastie des Omeyyades. Yazid fera assassiner Hussein, et les Omeyyades règneront alors jusque 750 sur fond de deuxième fitna et d’interminables guerres religieuses et politiques.

Pendant tout ce temps se poursuit également la guerre sainte d’expansion de l’oumma contre les infidèles : Perses, Byzantins, Berbères et autres Nord-Africains, Wisigoths d’Espagne. La conquête s’étend même jusqu’aux Francs et à l’Asie Centrale. Les luttes intestines n’en finissent pas pour autant, puisqu’au terme d’une nouvelle guerre civile, les Omeyyades sont vaincus à la bataille du grand Zab (750) par As-Saffah. Il devient calife et établit alors sa nouvelle dynastie, les Abbassides pour gouverner l’oumma depuis sa nouvelle capitale, Bagdad, marquant ainsi la montée de
l’influence perse dans l’empire. Après quoi s’imposeront les Mongols au XIIIe siècle, puis les Ottomans au XIVe.

L’histoire des premiers temps de l’islam se révèle ainsi bien tourmentée : trois califes assassinés sur les quatre premiers, assassinats d’Hasan et Hussein, guerres civiles récurrentes dans l’oumma, guerre sainte de conquête menée contre les incroyants, sans parler de la brutalité avec laquelle les califes ont exercé leur autorité absolue. Force est de constater que la nouvelle « religion de paix » ne portait pas alors à l’apaisement.

Néanmoins, la parole d’Allah fut conservée miraculeusement intacte, ainsi que la mémoire des faits et gestes de son prophète. Celle-ci constitue la tradition (la sunna), issue du colportage des hadiths, ces témoignages rapportés de générations en génération au fil de chaînes de transmission orale plus ou moins solides depuis les compagnons de Mahomet.

On en compte jusqu’un million et demi selon les compilations des siècles qui suivirent. C’est ainsi que fut rapportée l’histoire des premiers temps de l’islam par les musulmans : on ne possède en effet aucun récit historique musulman
contemporain des événements ici racontés.

La sîra, la biographie du Prophète qui fait référence, n’a été écrite qu’au IXe siècle par Ibn Hichâm, qui s’inspirait d’une biographie disparue, écrite par Ibn Ishaq un siècle plus tôt. En associant Coran, sîra et hadiths complémentaires, les musulmans discernent le message divin, la révélation toute entière contenue dès le départ en la personne de
Mahomet. Il constitue en effet une révélation par lui-même, par sa propre parole (lorsqu’il dicte le Coran révélé par Gabriel) mais aussi par son comportement de « beau modèle », d’exemple parfait et normatif en tout ce qu’il aurait fait ou n’aurait pas fait. De là est instituée la loi divine, la charia, rédigée dans ses formes quasi définitives autour des X et XIe siècles et déclinée selon les diverses écoles juridiques du sunnisme et du chiisme. Elle interprète, explicite et codifie ce message aux musulmans pour vivre dans la voie voulue par Allah pour eux et pour toute la terre. L’ensemble des éléments de l’islam et de sa vision du monde sont alors fixés et écrits.

En voici une synthèse.

L’essentiel du dogme musulman

  1. Un dieu unique, Allah, créateur et maître absolu de toute chose, de toute vie et de tout instant : la nature, l’écoulement du temps, les phénomènes étudiés par la science, les fortunes et infortunes des musulmans comme des infidèles n’existent que parce qu’Allah en décide ainsi et les fait advenir à chaque moment.
  1. Une révélation de la parole d’Allah au premier croyant et premier prophète, Adam ; puis une révélation de cette parole à une humanité rebelle par des prophètes et des messagers venus successivement la rappeler à l’ordre divin pour la corriger de ses dérives dans son application.

    Ces rappels réguliers à la même parole d’Allah exigent des hommes qu’ils se soumettent entièrement à leur créateur, selon la loi qu’il leur impose. Les grandes religions monothéistes que l’islam appelle les « religions du livre » sont issues des trois principaux de ces prophètes (Moïse, Jésus, Mahomet), chacun s’étant chacun adressé à certaines communautés :

    ‐ Au peuple juif, descendant d’Abraham, prophète d’Allah, à qui Moïse, prophète et messager d’Allah, a donné un livre saint, la Torah, contenant la révélation d’Allah ; ce livre annonce la venue de Jésus, prophète d’Allah, et contient les commandements selon lesquels les Juifs sont censés vivre. Mais les Juifs ont falsifié leurs écritures, dévoyé le message divin et rejeté les commandements d’Allah donnés par Moïse.

    ‐ Aux chrétiens, communauté issue des Juifs, donc d’Abraham, à qui Jésus, prophète et messager d’Allah, a donné un livre saint, l’Évangile (au singulier), contenant la révélation d’Allah rectifiant le dévoiement de la Torah auquel ont procédé les Juifs ; ce livre annonce la venue de Mahomet, prophète d’Allah, et contient les commandements selon lesquels les chrétiens seraient censés vivre. Mais les chrétiens ont falsifié leurs écritures, dévoyé le message divin et
    rejeté les commandements d’Allah donnés par Jésus.

    Ce dernier tient un rôle particulier parmi les prophètes de l’islam, puisqu’il est reconnu comme messie, qu’il n’est pas mort sur la croix mais a été enlevé in extremis par Allah et gardé en réserve au ciel en vue de la fin des temps.

    ‐ Aux Arabes, peuple choisi ultimement par Allah, descendant d’Abraham, prophète d’Allah, et par extension aux musulmans, communauté issue des Arabes par leur conversion, à qui Mahomet, prophète et messager d’Allah, a donné un livre saint, le Coran, contenant la révélation d’Allah rectifiant les dévoiements de la Torah et à l’Évangile auxquels ont procédé les Juifs et les chrétiens, révélation qui clôt toutes les révélations, et livre contenant les
    commandements selon lesquels les musulmans sont censés vivre. Les musulmans ont quant à eux conservé intactes leurs écritures et observent les vrais commandements d’Allah donnés par Mahomet et explicités par la tradition.
  2. Le commandement absolu donné aux musulmans, en tant que dépositaires légitimes de l’ultime parole d’Allah conservée dans toute son intégrité, de soumettre la terre entière à la loi d’Allah, à commencer par eux-mêmes, loi comprenant les « cinq piliers » de la pratique individuelle de l’islam : profession de foi, prière (salat), obligations du ramadan, aumône rituelle (zakat) et pèlerinage à la Mecque).

    Il s’agit de se placer dans un rapport de sujétion, de soumission absolue à la volonté d’Allah, de s’en remettre entièrement à lui et à sa loi, selon sa volonté révélée. L’application de sa loi serait la clé du bonheur terrestre et du paradis céleste après la mort, sa non-application menant alors à l’enfer, voire au châtiment terrestre tel que le
    définit la charia. Et cette loi commande de libérer le monde des infidèles, des incroyants (les kouffar) qui sont une offense à Allah, à son plan divin, et donc à l’islam. Au passage, dans ce grand

projet de soumission de toute la terre à la volonté divine, les femmes risqueraient de détourner
les militants de leur but en leur rappelant leurs autres devoirs, ceux d’époux et de père. Elles sont
donc naturellement subordonnées aux hommes, qui doivent les soumettre à leur volonté et à
celle de Dieu.

  1. L’attente de la fin des temps où se produira le « Jour du Jugement », la redescente du « Messie Jésus » à laquelle s’ajoutera le surgissement du Mahdi (pour les sunnites), ou celui du 12e imam (pour la plupart des chiites), qui combattront les forces du mal, l’éradiqueront de la terre, soumettront tous les infidèles à la loi d’Allah et établiront l’islam à jamais, pour tous.

Voilà dans les grandes lignes ce que l’islam dit de lui-même, de ses origines et de ses grands principes. Il s’agit d’un système assez cohérent, qui présente en tous cas une implacable logique interne. Les événements historiques s’y imbriquent les uns dans les autres selon les mêmes déterminants et obéissent aux mêmes injonctions que ceux et celles de l’islam d’aujourd’hui. Il s’agit d’une vision globale du monde qui l’ordonne en mettant toute chose à sa juste place :

Cette vision du monde l’explicite d’autant mieux qu’on ne la questionne pas. Il est ainsi rigoureusement interdit de le faire en islam. Nous vous proposons malgré cela de questionner cette vision, ce discours, ce système, en présentant une autre histoire, celle que les musulmans d’aujourd’hui ignorent, celle que les musulmans des premiers siècles ont escamotée : l’histoire du grand secret de l’islam.

La version historique réelle de l’Islam

Comme nous l’avons mentionné en introduction, pour l’essentiel, notre monde n’a connu l’islam que par ce que celui-ci dit de lui-même, par l’histoire musulmane elle-même, considérée comme juste et vraisemblable, en la dépouillant au besoin de ses aspects merveilleux (un Dieu tout puissant qui parle arabe, une révélation divine en forme de livre descendu du ciel par ange interposé, un cheval volant, un Coran céleste, etc.).

C’était même dans un sens ce qu’affirmait Ernest Renan en son temps : « [l’islam est né] en pleine histoire, ses racines sont à fleur de sol. La vie de son fondateur nous est aussi bien connue que celle des réformateurs du XVIe siècle »

C’est ce qu’affirment toujours la plupart des « islamologues » de plateaux de télévision et autres intervenants patentés
qui expliquent toujours l’islam ainsi, comme si cette histoire, ce discours musulman, même « laïcisé », « sécularisé » ou « rationalisé », étaient véridiques et réellement fondés dans l’Histoire.

Tout a changé cependant en la matière depuis ces dernières années. On assiste à une véritable révolution dans le monde de la recherche sur les origines de l’islam. Des percées majeures ont été réalisées : des éléments de recherche nouveaux, des découvertes archéologiques, la mise en lumière de manuscrits anciens, de nouvelles approches linguistiques et codicologiques, la prise en compte du contexte araméen s’imposant comme celui de la naissance de l’islam, des études rigoureuses des textes musulmans, la mise en réseau des chercheurs au niveau mondial grâce aux
nouveaux outils apportés par Internet, le croisement de leurs approches et bien d’autres éléments encore.

Les certitudes anciennes sur l’histoire de l’islam sont ainsi très sérieusement ébranlées, et pour beaucoup mises à bas.

On conteste l’historicité de Mahomet, on conteste que le Coran provienne de sa prédication, on conteste que l’Arabie ait été païenne, on conteste les lieux des origines, on conteste tout le récit traditionnel de l’apparition de l’islam et de son expansion sous les califes au bénéfice de la redécouverte de la réalité du Proche-Orient des VII-VIIIe siècles, et de son contexte d’apocalypse, d’attente d’une fin des temps imminente, de reflux des grands empires, de bouleversement géopolitique et d’émergence de la nouvelle puissance des califes.

On peine cependant à saisir le fil de l’Histoire dans un tel bouillonnement intellectuel. Or, une thèse de doctorat en théologie et histoire des religions a été soutenue en 2004 à l’université de Strasbourg II par un chercheur étonnant, Édouard-Marie Gallez c.s.j.17, élève et continuateur des travaux du Père Antoine Moussali, libanais arabophone et araméophone, spécialiste du Coran lesquels travaux, peu connus en Occident, s’enracinent eux-mêmes dans les analyses précédentes d’autres chercheurs arabophones et araméophones du Moyen-Orient, proposant les pistes d’une
exégèse nouvelle du texte coranique.

Cette thèse se fonde également sur les recherches personnelles de son auteur, notamment la poursuite de cette exégèse nouvelle et globale du texte coranique, et sur la reprise d’un colossal ensemble de recherches précédentes, ayant abouti à certaines des percées majeures déjà mentionnées. Nous citerons en particulier les suivantes :

Islamologie « classique » : à la suite des précurseurs « orientalistes » du XIXe s. (école austrohongroise, école allemande), des découvertes remarquables ont été réalisées par les pionniers en la matière – citons Henri Lammens et Alphonse Mingana – et leurs successeurs, Régis Blachère, John Wansbrough, Günter Lüling, Alfred-Louis de Prémare, Gerd Puin, Patricia Crone, Michael Cook, Robert Hoyland, Gerald Hawting, Marie-Thérèse et Dominique Urvoy ou
encore Christoph Luxenberg, et bien d’autres ;

Recherches plus ou moins éparses de nombreux intellectuels, historiens, archéologues, géographes, linguistes, scientifiques et religieux ;

Traditions historiques et religieuses – à commencer bien sûr par les traditions et les textes musulmans et aussi les traditions juives et celles des Églises d’Orient ;

Approche nouvelle du christianisme des origines, éclairée par une réflexion sur l’histoire des idées (l’histoire de l’idée du « salut », ou sotériologie), et notamment par l’analyse des manuscrits de la Mer Morte.

En reliant les différents aspects abordés isolément par chacun sur son sujet, l’auteur assemble les différentes pièces du puzzle dans le cadre d’une approche globale, étayée par des faits, des témoignages, une multitude de preuves et d’indices convergents (tout particulièrement dans le texte coranique) que l’on trouvera abondamment listés et référencés dans ses ouvrages, préfigurant ainsi l’approche interdisciplinaire que l’on voit se développer désormais.

Il propose une explication scientifique à l’apparition de l’islam, il retrouve le fil de l’Histoire en documentant ses origines réelles et les différentes péripéties historiques qui lui ont permis de se constituer comme religion. Et par là,
il permet de comprendre ce qu’est l’islam en vérité.

C’est cette approche nouvelle et détonante dont nous nous proposons de mettre les principaux résultats dans une perspective historique, que nous avons enrichie, approfondie et précisée par les dernières découvertes de la recherche.

La recherche progresse en effet à une allure exponentielle depuis les années 2000. Les travaux novateurs et fondamentaux s’accumulent, comme ceux de Guillaume Dye, Manfred Kropp, Robert Kerr, Mehdi Azaïez, David Powers, Dan Gibson, Michael-Philipp Penn, Héla Ouardi, Jean-Jacques Walter, Mohammad Ali Amir-Moezzi ou encore Stephen Shoemaker et bien d’autres.

S’inscrivant de fait dans le cadre global proposé par Édouard-Marie Gallez, ils le confirment, et viennent le préciser ou
l’affiner le cas échéant. Bien sûr, il n’existe pas de vérité absolue en matière de recherche historique.

Les chercheurs cherchent, découvrent, expliquent, réfutent, révisent et continuent toujours de chercher pour tenter d’approcher la vérité au plus près. Comme telle, cette démarche ne saurait être dirigée contre les musulmans. Ils n’ont rien à craindre, rien à perdre et tout à gagner dans ce travail de recherche de la vérité historique, de la même façon que les chrétiens, par exemple, finissent par bénéficier de ce même travail initié depuis longtemps sur les origines historiques du christianisme.

Voici donc l’histoire du grand secret de l’islam, une histoire dont le lecteur va pouvoir constater combien elle diffère de l’histoire officielle.

Début page 15 du document, téléchargement gratuit et lecture par pdf possible.

Source

Publié par Napo

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