Les agressions contre les chrétiens, et plus particulièrement contre les catholiques, connaissent une recrudescence préoccupante en Europe et en Amérique latine. Plusieurs rapports émanant d’organismes spécialisés confirment cette tendance alarmante.
Une augmentation significative des crimes de haine
En 2023, l’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination contre les chrétiens en Europe a recensé 2 444 crimes de haine visant les chrétiens dans 35 pays européens. Parmi eux, 232 cas concernaient des agressions directes, allant du harcèlement aux violences physiques. La France se distingue tristement en concentrant près de la moitié de ces attaques.
De son côté, la fondation pontificale Aide à l’Église en Détresse a également mis en évidence cette montée des persécutions dans son rapport annuel sur la liberté religieuse. Il y est souligné que de plus en plus d’actes sont commis par des groupes prônant des idéologies hostiles aux croyances religieuses, en particulier aux valeurs chrétiennes.
Une persécution qui s’étend à l’Amérique latine
Le phénomène ne se limite pas à l’Europe. En Argentine, au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique et dans plusieurs autres pays d’Amérique latine, des attaques contre des religieux, des actes de vandalisme et des profanations ont été signalés. Dans certains cas, ces actes relèvent clairement du crime.
Polonia Castellanos, présidente de l’association Avocats Chrétiens, déplore une tolérance inquiétante face aux atteintes contre les catholiques. Elle souligne que, lorsqu’une autre communauté est visée, les réactions sont immédiates, alors que les agressions contre les chrétiens passent souvent sous silence. Pour elle, cette situation est en partie due à la passivité des fidèles, qui ont trop longtemps accepté ces outrages sans réagir fermement.
Des manifestations culturelles offensantes
Outre les agressions physiques et les actes de vandalisme, des attaques plus insidieuses prennent la forme de provocations culturelles. Ainsi, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, une parodie de la Cène a choqué de nombreux fidèles. En Amérique latine, des expositions et des spectacles blasphématoires, comme une pièce de théâtre au Pérou ridiculisant la Vierge Marie, ont suscité l’indignation.
Uriel Esqueda, de la plateforme mexicaine Actívate, estime que ces attaques sont en train de se normaliser, contribuant à un climat de persécution larvée. Il insiste sur l’importance de sensibiliser et de structurer une réponse efficace pour dénoncer ces atteintes à la liberté religieuse.
Une volonté d’effacer le catholicisme
Marcial Padilla, directeur de l’organisation mexicaine ConParticipación, rappelle que certains courants idéologiques cherchent à éradiquer la présence catholique dans la société, que ce soit dans l’éducation, les lois ou la culture. Il constate que le principe de laïcité est souvent détourné pour justifier une intolérance systématique envers la foi catholique.
Au Mexique, par exemple, les symboles nationaux bénéficient d’une protection juridique stricte, alors que les images et lieux religieux peuvent être profanés sans conséquence. Le prêtre Hugo Valdemar souligne cette contradiction et met en garde contre un climat persistant d’hostilité envers l’Église.
Face à cette situation, des voix catholiques s’élèvent pour appeler à une prise de conscience. Le père Juan Manuel Góngora, en Espagne, dénonce une augmentation des profanations eucharistiques et des agressions contre les chrétiens. Il attribue cette évolution aux politiques laïcistes et à l’influence grandissante des courants antichrétiens dans les médias.
Polonia Castellanos s’inquiète de la suppression des lois protégeant les sentiments religieux en Espagne, ce qui, selon elle, ouvrirait la voie à une multiplication des offenses contre les chrétiens. Elle insiste sur l’importance de défendre la liberté d’expression sans que cela ne devienne un prétexte pour insulter et humilier les croyants.
Une réponse nécessaire des catholiques
Alberto González Cáceres, président du Centre d’études juridiques Saint Thomas More au Pérou, regrette que la défense de la liberté religieuse ne soit pas une priorité pour la majorité des citoyens. Face à cette indifférence, il appelle les catholiques à réagir de deux manières essentielles : par la prière et par une formation solide en doctrine chrétienne.
Il rappelle que l’État n’offrira aucune protection si les catholiques eux-mêmes ne s’engagent pas à défendre leur foi. La situation actuelle, bien que préoccupante, peut être inversée si les fidèles prennent conscience de l’enjeu et agissent en conséquence.
Malgré ces défis, l’espérance demeure. L’Église a traversé de nombreuses épreuves au fil des siècles et a toujours su renaître plus forte. La persévérance dans la foi et l’unité des croyants seront les clés pour faire face à ces nouvelles persécutions.






