Dimanche 8 juin, nous célébrerons la Pentecôte. Ce n’est pas une fête douce ou tiède, c’est une fête bouleversante, brûlante, exigeante. Car c’est bien d’un feu qu’il s’agit. Notre Seigneur l’a dit sans détour : « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé! » (Lc 12, 49). Voilà donc ce qu’est la Pentecôte : l’irruption du Feu de Dieu dans les cœurs, une flamme venue du Ciel pour embraser la terre.
Ce feu, c’est l’Esprit-Saint. Trop souvent, on le réduit à une idée vague, une colombe douce et floue. Mais en ce jour saint, il se manifeste par deux signes puissants, qui ne laissent personne indemne.
D’abord, le grand souffle. Ce n’est pas un petit vent frais. C’est une bourrasque, un souffle irrésistible : « quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient. » (Ac 2,2). Ce souffle, c’est celui du Dieu vivant qui redonne vie à des hommes morts de peur. Ceux qui étaient enfermés, tremblants, se retrouvent animés d’une force surnaturelle. Ce sont les poumons de l’Église qui se gonflent de la grâce divine, c’est l’homme nouveau qui renaît dans la puissance du Très-Haut.
Ensuite, les langues de feu. Là encore, ce n’est pas symbolique. Ce feu réel descend, se divise et se pose sur chacun d’eux. Et ils se mettent à parler, à proclamer, à annoncer le Christ. Ce feu n’est pas décoratif : il est purificateur, transformateur. Il consume ce qui est impur, tiède ou lâche. Il réchauffe ce qui est figé, paralysé ou froid. Il embrase le cœur pour qu’à son tour il devienne un foyer. Voilà le but : que l’homme, touché par l’Esprit, devienne feu lui-même pour enflammer le monde.
Et quelle transformation ! Quelques instants auparavant, les apôtres étaient repliés sur eux-mêmes, figés dans la peur, comme des soldats désarmés. Mais voici qu’ils sortent, qu’ils parlent, qu’ils témoignent. Ce ne sont plus des fuyards, ce sont des témoins ! Le cénacle n’est plus leur refuge, c’est leur point de départ. Ce passage de la peur à la foi, de la lâcheté au courage, c’est l’œuvre du Paraclet.
Et nous, aujourd’hui ? Nous qui allons à la messe, qui récitons nos prières, qui faisons partie d’un groupe ou d’un conseil paroissial… Sommes-nous encore enfermés dans un « cénacle » ? Trop de catholiques vivent cachés, discrets, comme s’ils étaient en mission secrète. Le Saint-Esprit veut briser cela. Il ne veut pas seulement des chrétiens pratiquants ; il veut des chrétiens brûlants ! Des âmes en feu, pas des tièdes bien rangés. Ce n’est pas pour rester dans nos sacristies que le feu est tombé. C’est pour sortir, proclamer, enseigner, évangéliser, baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
C’est bien ce que le Seigneur commande dans l’Évangile : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples. » (Mt 28, 19). Il ne s’agit pas seulement de contempler la beauté de cette fête, mais d’en vivre. La Pentecôte n’est pas une commémoration, c’est une mission. Le feu de Dieu doit se répandre, non pas seulement sur l’Église, mais par elle, à travers les saints, à travers vous, à travers nous.
Voilà la vraie Pentecôte. Voilà ce que l’Esprit veut faire. Que chacun de nous le laisse faire, qu’il ouvre les portes, qu’il sorte du confort, qu’il cesse d’avoir peur, et qu’il laisse le feu faire son œuvre.
Car si Dieu veut embraser la terre, Il ne le fera qu’à travers nous.





















