Dans une époque troublée où l’Église est attaquée de toutes parts, tant de l’extérieur que de l’intérieur, les voix mystiques comme celle de Marie Lataste viennent nous rappeler une vérité profonde et immuable : l’Église catholique, fondée par le Christ, ne périra jamais. Cette jeune fille simple, religieuse du Sacré-Cœur, fut favorisée de grâces mystiques extraordinaires, non pour sa propre gloire, mais pour affermir les âmes dans la foi, dans la fidélité, dans l’amour de l’Église souffrante. Dans cette vingt-cinquième lettre, elle nous transmet une parole saisissante, entendue du Sauveur Lui-même. Une parole puissante, pleine de tendresse et de force, qui nous montre à quel point Notre Seigneur veille sur Son Église, comme un Époux fidèle veille sur son épouse, même au plus fort des tempêtes.
Monsieur le Curé,
J’ai entendu un jour la voix du Sauveur Jésus prononcer ces paroles :
« Je me souviendrai de mon alliance avec l’Église dans tous les siècles des siècles.
L’Église est mon épouse ; la croix est notre lit nuptial. C’est sur la croix que j’ai engendré mes enfants par l’effusion de mon sang ; c’est sur la croix que le sein de l’Église est devenu fécond par la grâce du Saint-Esprit.
Elle est belle, mon épouse, et je suis toujours auprès d’elle pour la soutenir et la consoler ; elle souffrirait trop de mon absence si je m’éloignais d’elle.
Comme son Époux, elle est en butte à la persécution. Satan s’élève de dessous les pieds de l’Église ; il arme contre elle ses propres enfants pour lui déchirer le sein, et les enfants dénaturés de mon épouse écoutent la voix de Satan.
Elle élève sa voix et tourne vers moi ses yeux mouillés de larmes. Non, je ne permettrai pas que ses ennemis aient le dessus.
Ce ne sera qu’une poussière imperceptible lancée sur son visage ; elle le lavera avec l’eau de ses larmes, et sa beauté, devenue plus éclatante, ravira même ses ennemis. »Telles sont les paroles prononcées par le Sauveur Jésus.
Daignez recevoir, je vous prie, Monsieur le Curé, l’hommage de ma très-profonde vénération et de mon entière soumission.
J’ai l’honneur d’être,
Monsieur le Curé, Votre très-humble et très-obéissante servante,
Marie. Mimbaste, 10 novembre 1843. »
À travers cette lettre, nous saisissons à quel point l’Église est aimée de son divin Époux. Oui, elle est blessée, persécutée, trahie même par ses propres enfants, mais elle reste belle aux yeux du Christ. Elle est sa fiancée, sanctifiée par le sang de la croix, soutenue par l’Esprit Saint, et jamais abandonnée. C’est un rappel puissant pour nous aujourd’hui : ne cédons ni au découragement, ni à la peur. Quelle que soit la noirceur du moment, l’Église tient debout parce que le Christ est avec elle. Et à l’heure où tant cherchent à la salir, à la faire tomber, elle triomphera, non par la force humaine, mais par la fidélité de Dieu. Que les larmes de l’Église lavent la poussière de l’épreuve, et que sa beauté resplendisse aux yeux du monde, comme un témoignage vivant de la promesse de Notre-Seigneur.





