Chaque vendredi, l’Église nous invite à un effort de pénitence : un petit jeûne, une prière plus fervente, un moment passé devant le Saint-Sacrement. C’est dans cet esprit que le Père Hervé-Marie Hignard a consacré une émission à la Vierge Marie, pour rappeler la vérité de sa mission : elle n’est pas Dieu, mais elle intercède pour nous auprès de Dieu.
Beaucoup de catholiques ont parfois la tentation de demander directement à Marie des choses qui ne peuvent venir que de Dieu : un travail, une guérison, une conversion. Or, comme l’explique le Père Hervé-Marie, la Sainte Vierge ne sauve pas par elle-même : elle prie, elle intercède, et Dieu agit à travers elle. C’est ainsi que le salut n’est donné que par Jésus-Christ, unique médiateur entre Dieu et les hommes (1 Timothée 2,6).
Mais dire cela n’enlève rien à la mission de Marie. De même que saint Paul et les apôtres ont été instruments de miracles, Marie est aussi un canal par lequel Dieu opère. Dans les Actes des Apôtres, il est écrit que les linges de Paul guérissaient les malades (Actes 19,11) et que l’ombre de Pierre suffisait à délivrer (Actes 5,15). Dans l’Ancien Testament, les ossements du prophète Élisée ont ressuscité un mort (2 Rois 13,20). Si Dieu a pu se servir d’un os pour manifester sa puissance, à plus forte raison peut-il se servir de Marie, Mère de son Fils unique.
L’Évangile de Luc nous donne une lumière éclatante : lorsque Marie visita sa cousine Élisabeth, Jean-Baptiste tressaillit dans le sein de sa mère et Élisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint (Luc 1,39-44). Ce n’est pas un hasard. La venue de Marie a apporté l’Esprit-Saint, et déjà là, Dieu manifestait que par elle, des grâces sont communiquées.
De même, aux noces de Cana (Jean 2), c’est par son intercession que le premier miracle de Jésus s’accomplit. Marie dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Voilà le rôle de Marie : nous conduire à son Fils, non pas se substituer à Lui.
C’est exactement ce que fait l’Église dans sa prière mariale. Le Je vous salue Marie n’est rien d’autre qu’une prière biblique : les paroles de l’ange Gabriel (Luc 1,28) et celles d’Élisabeth (Luc 1,42). La seconde partie « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs » ne fait que demander son intercession, de la même manière qu’on demanderait à un prêtre ou à un frère chrétien de prier pour nous.
Cette vérité se manifeste dans l’histoire de l’Église. Les miracles reconnus à Lourdes en sont une confirmation. Loin d’être des illusions, ils ont été vérifiés par la science et validés par un bureau médical unique au monde, qui existe sur place depuis des décennies. Aujourd’hui encore, 72 miracles ont été officiellement reconnus. Or, un miracle ne peut venir que de Dieu. Si Marie est liée à ces grâces, c’est uniquement parce qu’elle conduit les fidèles vers son Fils.
Enfin, la Sainte Vierge est aussi notre Mère. À la croix, Jésus dit à saint Jean : « Voici ta mère » (Jean 19,27). Marie a donc reçu mission de veiller sur les disciples. Comme une mère prend la main de son enfant pour le conduire à l’école, Marie prend la main des chrétiens pour les conduire à Jésus-Christ.
Ainsi, la dévotion mariale ne s’oppose pas à l’adoration due à Dieu seul : elle est au contraire une voie sûre vers Lui. Refuser Marie, c’est refuser un don de Dieu. La prière mariale, loin d’être une idolâtrie, est une fidélité aux Saintes Écritures et à la Tradition vivante de l’Église.





















