On réduit trop souvent saint Maximilien Kolbe à son geste héroïque dans le camp d’Auschwitz, lorsqu’il prit la place d’un père de famille condamné à mourir de faim. Mais son chemin de sainteté ne se résume pas à ce sacrifice ultime : il s’agit de l’aboutissement d’une vie donnée à Dieu et entièrement consacrée à l’Immaculée.
La riposte face à la franc-maçonnerie
En 1917, lors des commémorations du bicentenaire de la franc-maçonnerie, des milliers de personnes défilèrent à Rome avec des banderoles blasphématoires proclamant : « Satan doit régner au Vatican et le pape sera son serviteur ».
Alors simple étudiant franciscain, Maximilien Kolbe fut profondément marqué par cette attaque contre l’Église. Avec la permission de son recteur, il fonda la Milice de l’Immaculée, dont la mission était claire : combattre les ennemis de l’Église par les armes spirituelles. L’un de ses moyens favoris fut la diffusion des médailles miraculeuses, reçues de la Vierge par sainte Catherine Labouré.
Il exhortait ainsi : « Distribuez son médaillon partout : aux enfants, aux jeunes, aux personnes âgées, aux égarés, aux pécheurs, à ceux qui ne vont pas à l’église, afin que tous se mettent sous la protection de l’Immaculée et trouvent la force de résister aux tentations et aux erreurs de notre temps. »

Le danger du communisme
Un second événement marqua profondément le jeune prêtre : l’invasion bolchévique repoussée miraculeusement lors de la bataille de Varsovie en août 1920. Kolbe comprit alors que le communisme représentait pour l’Europe chrétienne une menace aussi grave, sinon plus, que la franc-maçonnerie.
Son arme fut la presse. À travers le journal Le Chevalier de l’Immaculée, distribué à un public populaire et pauvre, il annonçait l’Évangile, sans polémiques inutiles mais avec une clarté lumineuse.
Il écrivait : « Le cœur de l’homme est trop grand pour se contenter de l’argent, des plaisirs ou de la gloire passagère. Il aspire à un bien infini et éternel, et ce bien, c’est Dieu. »
Le journal atteignit rapidement 70 000 exemplaires en Pologne et fut même diffusé au Japon, où il eut une importance particulière après la bombe atomique de Nagasaki.
La guerre et l’épreuve suprême
Le troisième moment décisif fut bien sûr la Seconde Guerre mondiale. Alors que son œuvre missionnaire voulait s’étendre à la radio et à la télévision, tout fut interrompu. La Pologne fut dévastée : six millions de ses habitants furent exterminés et des millions d’autres déplacés.
Kolbe, quant à lui, continua de secourir, d’imprimer, de consoler. Dans ses écrits, il rappelait : « Le bonheur fondé sur le mensonge ne peut durer. Seule la vérité demeure un fondement indestructible pour les individus comme pour l’humanité. »
Ces paroles attirèrent sur lui la fureur des nazis. Arrêté, déporté dans plusieurs camps, il finit à Auschwitz. C’est là que son offrande suprême scella son chemin de sainteté : donner sa vie à la place d’un père de famille.
Le couronnement d’une vie de vertu
Saint Jean-Paul II, lors de la canonisation de Kolbe, insista : il ne fut pas élevé sur les autels uniquement pour son sacrifice héroïque à Auschwitz, mais pour toute sa vie vécue dans la vertu héroïque et la fidélité à l’Immaculée. Son geste final fut l’achèvement d’une existence déjà offerte à Dieu.
Ainsi, saint Maximilien Kolbe demeure un modèle de combat spirituel contre les puissances ennemies de l’Église, de confiance totale en la Vierge Marie et d’abandon parfait à la volonté divine.





