Un siècle après sa canonisation, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face continue d’éclairer les âmes par sa spiritualité simple, mais puissante. La petite carmélite de Lisieux, canonisée en 1925 par le pape Pie XI, est aujourd’hui l’une des saintes les plus aimées de l’Église. Et pour cause : sa « petite voie » — celle de la confiance et de l’amour offerts à Dieu dans les plus petites choses — demeure un phare dans la nuit spirituelle de notre époque.
Trois jours de célébrations à Lisieux
Du 16 au 18 mai, la ville de Lisieux, en Normandie, s’est transformée en un immense sanctuaire vivant. Tout a commencé par une procession aux flambeaux, le vendredi soir, partant du Carmel où la sainte vécut jusqu’à la basilique érigée en son honneur. La veillée de prière qui a suivi a réuni de nombreux fidèles, tous unis dans le chant et la méditation.
Le samedi 17 mai, jour anniversaire exact de sa canonisation, a été marqué par une cérémonie solennelle au pied de son reliquaire, rythmée par les hymnes et le carillon. La messe célébrée à 11h, et diffusée en direct sur les réseaux sociaux, a rassemblé les pèlerins du monde entier. L’après-midi, de nombreuses activités ont permis aux familles et aux visiteurs de mieux connaître la vie de Thérèse : visites guidées, création collective de mosaïques à son effigie, projection d’un film retraçant sa vie intitulé Thérèse de Lisieux, une course de géants.
Un moment fort de cette journée a été le concert de la chanteuse franco-canadienne Natasha St-Pier, très attachée à la spiritualité de la sainte. Par ses interprétations des poèmes de Thérèse, elle a su transmettre à la jeunesse d’aujourd’hui une foi profonde, sans fioritures. Dans une interview accordée en 2018 à La Croix, elle confiait :
« Thérèse m’a appris une foi simple, que l’on peut vivre au quotidien, sans se croire obligé d’en faire trop. Dieu nous aime même dans notre pauvreté. »
Le dimanche 18 mai, jour de clôture, a débuté par la retransmission en direct, sur les écrans de la basilique, de l’inauguration du pontificat de Sa Sainteté le pape Léon XIV depuis Rome. Un lien fort et symbolique entre la sainte normande et l’actualité de l’Église universelle. L’après-midi, une rencontre devant le Carmel a permis d’évoquer les nombreux miracles reconnus par l’Église grâce à l’intercession de Thérèse, témoignant de sa proximité constante avec les âmes en souffrance.
Une spiritualité qui défie les siècles
Thérèse ne cherchait pas la grandeur extérieure. Ce qui l’intéressait, c’était l’amour. Pas un amour idéalisé, mais un amour vécu dans le quotidien, à travers les petits sacrifices, les gestes cachés, l’offrande silencieuse. Dans un monde saturé par le bruit, l’agitation et l’obsession de la performance, son témoignage devient un remède providentiel.
C’est cette voie de confiance absolue que le pape François a voulu mettre en lumière dans son exhortation apostolique C’est la confiance, publiée en 2023. Il y cite ces mots limpides de la sainte :
« C’est la confiance, et rien que la confiance, qui doit nous conduire à l’amour. »
Le père Emmanuel Schwab, recteur du sanctuaire de Lisieux, rappelait récemment que c’est cette confiance nue, radicale, qui résume toute la « petite voie » de Thérèse : une voie d’abandon entre les bras du Père.
Née à Alençon en 1873, entrée au Carmel à seulement 15 ans, Thérèse meurt à 24 ans de la tuberculose, en 1897. Son chemin fut marqué par des épreuves intérieures très profondes. Dès Pâques 1896, elle entre dans ce qu’elle appelle sa « nuit de la foi ». Pendant les 18 derniers mois de sa vie, elle ne perçoit plus Dieu. Elle traverse une obscurité spirituelle si dense qu’elle en vient à expérimenter ce que le père François Marxer appelle une part d’athéisme que tout homme porte. Une obscurité qui, loin d’éteindre la foi, l’épure et la creuse.
Un message qui traverse les frontières
Ce centenaire ne se limite pas à la France. Aux États-Unis, une tournée des reliques de sainte Thérèse se déroulera d’octobre à décembre, passant par des sanctuaires nationaux au Texas, au Michigan, et en Floride. Des paroisses comme celle de Santa Teresinha à Alhambra, en Californie, organiseront processions eucharistiques et conférences autour de la sainte. Un véritable rayonnement mondial, qui montre combien Thérèse touche les cœurs, quelles que soient les langues ou les cultures.
Dans ce monde qui court après l’exceptionnel, Thérèse nous ramène à l’essentiel. À cette vérité si simple, mais que notre orgueil oublie trop souvent : nous ne sommes rien sans l’amour de Dieu. Et c’est dans le tout petit, dans le caché, dans le silencieux que naît la sainteté.
Thérèse, petite fleur du Carmel, continue, cent ans après sa montée au ciel, de guider les cœurs vers Dieu. Que son exemple nous inspire à choisir la voie de la confiance, du sacrifice joyeux, et de l’amour véritable.





