Deux jours après la béatification de Fulton J. Sheen à Saint-Louis, de nouveaux détails ont été publiés sur les reliques du célèbre évêque américain. La relique principale présentée pendant la messe est sa mandibule, choisie en raison de son extraordinaire ministère de prédicateur. New York et Rochester doivent en outre recevoir chacune un os de ses mains, tandis qu’une autre relique majeure doit être remise au pape Léon XIV à Rome le 5 octobre.
Cette information constitue un prolongement concret de la béatification célébrée le 24 septembre. Lors de la messe, James Fulton Engstrom, dont la guérison reconnue par l’Église a permis l’aboutissement de la cause, a porté le reliquaire contenant la mâchoire de Fulton Sheen jusqu’au cardinal Luis Antonio Tagle.
Pourquoi la mâchoire de Fulton Sheen ?
Le choix n’est pas arbitraire. Mgr Louis Tylka, évêque de Peoria, a expliqué à EWTN et au National Catholic Register que la mandibule avait été retenue en raison du talent exceptionnel de Sheen pour annoncer, enseigner et communiquer la foi.
Fulton Sheen demeure en effet l’une des grandes figures catholiques de la radio et de la télévision du XXe siècle. Sa parole, son sens de la formule, ses conférences et ses émissions ont marqué des millions d’Américains. Honorer sa mâchoire comme relique revient donc à rappeler l’instrument corporel d’un ministère entièrement consacré à la prédication.
Il faut toutefois rester précis sur la théologie catholique : les fidèles ne vénèrent pas un os comme s’il possédait une puissance magique. Ils honorent les restes corporels d’un bienheureux parce que le corps humain a été sanctifié par la grâce et qu’il est destiné à la résurrection.
New York et Rochester recevront des reliques importantes
Lors de la reconnaissance canonique du corps de Fulton Sheen, le diocèse de Peoria a obtenu l’autorisation de prélever plusieurs os destinés à la vénération publique.
Deux reliques substantielles doivent être offertes aux diocèses qui ont particulièrement marqué son ministère épiscopal : l’archidiocèse de New York, où Sheen fut évêque auxiliaire de 1951 à 1966, et le diocèse de Rochester, qu’il dirigea ensuite.
Selon Mgr Jason Gray, directeur exécutif de la Fondation Fulton Sheen, il s’agit des seconds métacarpiens des mains, c’est-à-dire d’os situés dans la paume au niveau de l’index. Mgr Tylka a expliqué que ce choix rappelle aussi l’image familière de Sheen écrivant au tableau noir pendant son émission Life Is Worth Living.
Une relique destinée au pape Léon XIV
Autre élément nouveau : une relique majeure doit être apportée à Rome et présentée personnellement à Léon XIV. Mgr Tylka a indiqué qu’une audience était prévue le 5 octobre.
Ce geste possède une résonance particulière puisque Léon XIV est lui-même originaire de l’Illinois, comme Fulton Sheen. Mais l’importance de la remise est surtout ecclésiale : le nouveau bienheureux, figure nationale du catholicisme américain, est ainsi relié directement au successeur de Pierre au moment où son culte public commence officiellement.
Les reliques ne sont pas destinées à la collection privée
EWTN rapporte également que de petites reliques de première classe seront préparées à partir d’autres fragments osseux. Elles seront placées dans des reliquaires portant l’inscription ex ossibus Beati Fultoni Sheen, « des os du bienheureux Fulton Sheen ».
La Fondation précise que ces reliques de première classe ne sont pas destinées à des collections privées. Les demandes doivent venir d’institutions catholiques — paroisses, séminaires, maisons religieuses, sanctuaires — et être accompagnées d’une lettre de l’évêque compétent. Le but est la vénération publique et non la possession personnelle.
Cette précaution est importante. Le culte des reliques appartient à la tradition catholique, mais il doit rester ordonné, respectueux et ecclésial. Le trafic, la marchandisation ou la curiosité morbide seraient contraires à la dignité due aux restes d’un bienheureux.
Une tradition ancienne qui choque parfois le monde moderne
Voir exposée la mâchoire d’un homme que beaucoup ont connu à travers des enregistrements télévisés peut surprendre. Cette proximité temporelle rend la pratique des reliques plus frappante que lorsqu’il s’agit de saints de l’Antiquité ou du Moyen Âge.
Mais la logique catholique n’a pas changé. Le christianisme est une religion de l’Incarnation et de la résurrection de la chair. Le corps n’est pas un emballage méprisable de l’âme. Il a participé à la sainteté de la personne et demeure digne de respect après la mort.
Dans le cas de Fulton Sheen, le symbolisme est particulièrement fort : la mâchoire rappelle sa prédication, les mains rappellent le tableau noir et l’enseignement, et l’ensemble renvoie à une vie consacrée à rendre le Christ intelligible à un monde moderne déjà saturé de médias.
Un nouvel angle après la béatification
Lecatho a déjà relaté la béatification de Fulton Sheen et l’affluence exceptionnelle à Saint-Louis. Les informations publiées depuis sur la destination précise des reliques constituent toutefois un élément nouveau : New York, Rochester et Rome vont devenir à leur tour des lieux importants de vénération du nouveau bienheureux.
Pour les catholiques, l’enjeu n’est pas de collectionner des objets sacrés. Il est de demander l’intercession de Fulton Sheen et d’imiter ce qui a rendu son ministère fécond : fidélité au Christ, clarté doctrinale, courage missionnaire et intelligence des moyens modernes de communication.






Conversation des fidèles
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