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Espagne : le martyre de milliers de catholiques sous la terreur communiste

Espagne : le martyre de milliers de catholiques sous la terreur communiste

Il y a quatre-vingt-dix ans, le 18 juillet 1936, éclatait la guerre civile espagnole. Ce conflit a profondément divisé l’Europe de l’entre-deux-guerres, attirant sur la péninsule ibérique 35 000 volontaires venus de 52 pays, convaincus de lutter pour la survie de la démocratie. Pourtant, des pans entiers de cette histoire demeurent encore largement méconnus du grand public. Comme l’a souligné l’historien britannique Eric Hobsbawm, ce conflit est l’un des rares événements dont le récit n’a pas été dicté par les vainqueurs, mais bien par les vaincus. De fait, la perception internationale reste profondément marquée par des œuvres littéraires comme Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway, très proches des Brigades internationales. Composées d’anarchistes, de socialistes et de marxistes, ces milices ont, pour la plupart, gardé le silence sur les boucheries perpétrées dans leur camp, à la courageuse exception d’intellectuels comme George Orwell.

Si la presse internationale a parfois préféré ignorer l’ampleur des exactions commises à l’encontre de l’Église, cette dernière écrit patiemment sa propre histoire spirituelle. Refusant de s’inscrire dans une démarche de repentance pour des événements où elle a été la principale victime — comme l’a rappelé l’épiscopat espagnol lors du Grand Jubilé de l’an 2000 —, l’institution romaine élève inlassablement sur les autels les victimes de cette persécution. Plus de 2 334 évêques, prêtres, religieuses, séminaristes et fidèles laïcs ont ainsi été reconnus comme martyrs de la foi. En mai dernier encore, le pape Léon XIV a validé la cause de 80 nouveaux martyrs de cette période sombre. Toutefois, ces chiffres officiels restent bien en deçà du nombre total des victimes catholiques, que les historiens estiment trois fois supérieur.

Pour comprendre les ressorts de cette tragédie, il convient de se replonger dans la lettre collective rédigée le 1er juillet 1937 par la quasi-totalité des évêques espagnols demeurés dans leurs diocèses. Approuvé par Rome, ce document exceptionnel constitue un appel au monde entier pour rétablir la vérité sur la persécution sanglante qui frappait l’Église. Faisant écho à l’encyclique Divini Redemptoris du pape Pie XI, qui qualifiait le communisme d’« intrinsèquement pervers », les prélats y décrivent une réalité bien éloignée du récit conventionnel. Ils démontent le mythe d’une simple réaction nationaliste à un gouvernement démocratiquement élu, soulignant l’implication financière et idéologique massive de l’Union soviétique.

Les évêques insistent sur un point crucial : les massacres anticatholiques n’ont pas commencé en 1936 avec le soulèvement militaire, mais bien plus tôt. Dès leur arrivée au pouvoir en 1931, les factions républicaines et d’extrême gauche, ayant aboli la monarchie, ont instauré un climat de haine religieuse féroce. Celui-ci s’est traduit par l’incendie de nombreuses églises et l’assassinat de sang-froid d’innombrables clercs et fidèles. Loin d’être des actes isolés, ces crimes étaient méthodiques. Les exhumations de corps dans les cimetières profanés, exhibés pour moquer la foi en la résurrection, témoignent d’une volonté farouche d’anéantir jusqu’à la symbolique chrétienne.

Le document épiscopal dénonce également la subversion des institutions démocratiques. Les élections législatives de février 1936 auraient ainsi été viciées à la source : bien que la droite ait obtenu un demi-million de voix d’avance, des annulations de votes arbitraires ont accordé 118 sièges de plus au Front Populaire. Parallèlement, soutenu par la propagande et le financement du Komintern russe, l’arsenal révolutionnaire se mettait en place. Le 1er mai, d’importantes caches d’armes étaient constituées à Madrid. À la veille du soulèvement militaire, les milices révolutionnaires, entraînées et armées, comptaient déjà 150 000 hommes en troupes de choc. Les évêques fournissent des chiffres accablants démontrant la préméditation de ce nettoyage idéologique : 79 agitateurs spécialisés arrivés de Russie, environ 20 000 églises détruites ou saccagées, et près de 6 000 prêtres séculiers massacrés dans des conditions d’une barbarie inouïe. Beaucoup furent traqués dans les montagnes avec des chiens, mutilés, enterrés vivants ou abattus sans procès, pour le simple fait d’être des ministres de Dieu. Les profanations de tombes et les viols de femmes consacrées accompagnèrent cette destruction menée aux cris de « Vive la Russie ! ».

Face à ceux qui ont par la suite affirmé qu’une absence de soulèvement militaire aurait épargné le clergé, les évêques espagnols ont répondu avec la plus grande fermeté. Selon eux, le plan préétabli d’une révolution marxiste visait précisément l’extermination du clergé catholique, des élites conservatrices, ainsi que la soviétisation totale du pays. Une réalité avouée sur les ondes dès janvier 1936 par un chef anarchiste, qui regrettait publiquement que l’armée ait devancé le déclenchement de leur propre révolution.

Enfin, la lettre collective s’emploie à dissiper les calomnies propagées à l’étranger par les campagnes de désinformation, notamment celle accusant l’Église d’avoir transformé ses sanctuaires en forteresses pour attaquer le peuple, ou celle lui reprochant de détenir un tiers des terres du pays. Les prélats y opposent un démenti catégorique : les attaques simultanées contre les lieux de culte n’avaient pour seul motif que leur caractère sacré. Quant à la richesse foncière de l’Église, elle se réduisait à d’humbles écoles et presbytères, souvent déjà spoliés par l’État, dont la valeur couvrait à peine un quart de ses obligations pastorales. Ce témoignage épiscopal, empreint d’une douloureuse gravité, invite encore aujourd’hui à regarder avec lucidité l’une des pages les plus sombres de la persécution chrétienne au XXe siècle.

Conversation des fidèles

2 commentaire(s)
  1. eedes21 juillet 2026 à 20:52

    Les siècles passent et toujours la même guerre..
    Que pensez-vous des récits officiels sur Franco ou Salazar ?

    Merci et félicitations pour votre chaîne Napoléon

    Soyez béni !

    1. Napo De Kergorre23 juillet 2026 à 20:58

      Bonjour cher Eedes, Je suis assez proche de Franco sur ses idées et j'apprécie le franquisme en règle générale, donc ce que peuvent dire les démocrato-socialistes m'est égal.

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