Aux États-Unis, le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, deux congrégations religieuses engagées auprès des personnes âgées et un pharmacien catholique ont saisi la justice fédérale contre la nouvelle loi de l’Illinois sur le suicide assisté. La plainte, déposée le 3 septembre 2026, demande que les dispositions contestées ne puissent pas être appliquées aux plaignants lorsqu’elles entreront en vigueur le 12 septembre.
Les Sœurs Carmélites pour les Personnes âgées et malades, les Petites Sœurs des Pauvres et le pharmacien Luke Vander Bleek affirment que le dispositif les contraindrait à participer, directement ou indirectement, à un processus qu’ils jugent incompatible avec leur foi catholique et leur mission de soin.
Une loi contestée au nom de la liberté religieuse
La loi de l’Illinois permet à certains patients adultes atteints d’une maladie terminale d’obtenir, sous conditions, une prescription destinée à provoquer leur mort. Elle avait été signée en décembre 2025 par le gouverneur JB Pritzker et doit prendre effet le 12 septembre 2026.
Selon Becket, l’organisation de défense de la liberté religieuse qui représente les plaignants, les professionnels et établissements opposés au suicide assisté devraient néanmoins informer les patients de cette possibilité, participer à certaines démarches et les orienter vers des acteurs disposés à fournir les médicaments létaux. Le pharmacien catholique Luke Vander Bleek affirme également que la loi l’obligerait à délivrer ces prescriptions ou à orienter les patients vers une autre pharmacie.
Les requérants soutiennent que ces obligations violent la liberté religieuse garantie par la Constitution américaine. Ils dénoncent également une définition très large de la coercition et de l’influence indue, susceptible selon eux de limiter la possibilité pour des soignants catholiques de défendre explicitement la valeur de la vie auprès de patients vulnérables.
Le cardinal Cupich défend la dignité de la personne jusqu’à la mort naturelle
Dans la déclaration accompagnant la plainte, le cardinal Cupich a rappelé que l’Évangile appelle à défendre « la dignité et la valeur inviolables de la personne humaine, depuis le premier instant de la vie jusqu’à sa fin naturelle ». Il affirme que les catholiques s’opposent aux démarches qui conduisent des personnes malades ou fragiles vers le suicide.
L’archevêque de Chicago demande aux tribunaux de protéger la liberté des institutions catholiques afin qu’elles puissent continuer à accompagner les malades et les mourants conformément à leur foi.
Les religieuses refusent de participer à la mort de leurs résidents
La mère Mary Rose Heery, prieure générale des Sœurs Carmélites pour les Personnes âgées et malades, souligne que leurs résidents arrivent souvent dans leurs établissements à l’un des moments les plus vulnérables de leur existence. Leur vocation, explique-t-elle, consiste à leur témoigner qu’ils demeurent précieux et qu’ils ne seront jamais abandonnés.
Les Petites Sœurs des Pauvres défendent la même conception de leur mission. Leur apostolat consiste à accueillir les personnes âgées et à les accompagner avec attention jusqu’à leur mort naturelle. Pour elles, les résidents doivent pouvoir choisir un établissement catholique précisément parce qu’ils souhaitent recevoir ce type de soins, sans que le suicide assisté soit introduit dans leur accompagnement.
Une bataille judiciaire déjà engagée dans l’Illinois
Cette procédure n’est pas la première contestation de la loi. En août, Mgr Thomas Paprocki, évêque de Springfield, avait rejoint une résidence luthérienne et des médecins dans une autre action judiciaire contre le même dispositif. Une suspension temporaire a ensuite été accordée, mais elle ne protège que les demandeurs concernés par cette première procédure.
Le recours du cardinal Cupich et des deux congrégations élargit donc le front judiciaire à quelques jours de l’entrée en vigueur prévue de la loi. La question posée aux tribunaux dépasse le seul débat sur le suicide assisté : elle porte aussi sur la possibilité, pour des institutions et professionnels catholiques, de soigner les malades selon leur conscience et selon l’enseignement de l’Église sur le caractère inviolable de toute vie humaine.
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