Alors que le Venezuela pleure ses morts et constate l’étendue des destructions à la suite des récents séismes qui ont ravagé le pays, une question existentielle taraude de nombreux cœurs éprouvés : où se trouve Dieu au milieu d’une telle tragédie ? Face au mystère insondable de la souffrance, l’Église catholique s’efforce d’apporter un éclairage spirituel et pastoral. Mgr Carlos Marquez, évêque auxiliaire de Caracas, a pris la parole pour rappeler que la promesse divine ne consiste pas à supprimer la douleur, mais à assurer une présence inébranlable au cœur de l’épreuve.
Aux yeux du prélat, prétendre résoudre entièrement le mystère du mal relèverait d’un immense orgueil. Il souligne que la recherche obstinée d’un coupable à travers la question du « pourquoi » risque avant tout de paralyser les âmes en les remplissant d’amertume. L’évêque invite d’abord à la lucidité face aux lois biologiques et naturelles. Ce que les générations passées interprétaient parfois comme un châtiment divin ou une malédiction est aujourd’hui compris comme un processus naturel inhérent à la vie de la Terre. Pour appréhender l’ampleur du drame, Mgr Marquez pointe deux facteurs concrets. Le premier relève de la liberté humaine et de ses failles. La destruction de nombreux édifices s’explique en partie par des constructions érigées sur des sols inadaptés ou au mépris des normes de sécurité. Qu’elle soit coupable ou non, cette négligence humaine engendre la tragédie, précise-t-il, en insistant sur le fait que ces désastres ne sont ni voulus, ni déterminés par la volonté de Dieu.
Le second élément d’explication s’enracine dans les Écritures, plus précisément dans l’épître de saint Paul aux Romains. L’Apôtre des nations y rappelle que la Création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement. Cette perspective théologique permet de comprendre que la nature est engagée dans un mouvement constant de développement et de restructuration, tendu vers la plénitude promise par le Christ. L’évêque auxiliaire de Caracas rappelle ainsi que, dans ce pèlerinage terrestre vers la vie éternelle, la créature humaine ne peut faire l’économie de la douleur et des bouleversements liés à sa condition périssable.
Face à cette réalité, la foi chrétienne offre une promesse lumineuse. Le Christ n’a jamais garanti une existence exempte de séismes, d’inondations ou de catastrophes naturelles, a souligné le responsable ecclésial. Sa véritable promesse est celle de son accompagnement au cœur même de la souffrance, fidèle à sa parole d’être avec les siens jusqu’à la fin des temps. Cette proximité divine se manifeste très concrètement à travers les sacrements et la Parole, qui consolent et transforment les cœurs meurtris pour leur permettre d’avancer. Elle s’incarne également par l’intercession et l’exemple des saints, soutiens spirituels indispensables pour ne pas sombrer dans le découragement, car, rappelle le prélat, la douleur devient insupportable lorsqu’elle est vécue dans l’isolement.
Au fil des dernières semaines, de nombreux témoignages de survivants ont inondé les réseaux sociaux vénézuéliens. L’évêque y décèle un fil conducteur profondément chrétien : l’espérance. Au milieu d’une souffrance inouïe, beaucoup rendent grâce pour le don de la vie, résolus à honorer la mémoire de leurs proches disparus et à découvrir le dessein pour lequel Dieu les a épargnés. Mgr Márquez réaffirme avec force que ni la mort, ni les tremblements de terre n’auront le dernier mot, car celui-ci appartient à Dieu, un mot de vie, de bonheur et de joie éternelle.
Exhortant ses compatriotes à affronter l’adversité avec foi, espérance et charité, le regard fixé sur le Christ ressuscité, il a conclu son message en ravivant la mémoire de saint Jean-Paul II. Lors de sa seconde visite à Caracas, le 10 février 1996, le pape polonais avait prophétiquement invité les Vénézuéliens, confrontés à un présent incertain et à un avenir rempli de questions, à faire preuve de détermination, d’imagination et de générosité, en s’en remettant inlassablement à la certitude que Dieu aime infiniment l’humanité.





Où est Dieu dans la tragédie ?la réponse est dit .Dans les paroles de Jésus devant Ponce Pilate : « Mon royaume n'est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré » (Jean 18:36).
Dieu n'est pas toujours celui qui empêche la tragédie, mais il est celui qui nous donne la force de la traverser et l'espérance au milieu d'elle.