Le Saint-Siège a formellement mis fin aux spéculations qui agitaient la presse ces derniers jours. Par la voix du directeur de son Bureau de presse, Matteo Bruni, le Vatican a catégoriquement démenti, ce mercredi 22 juillet 2026, les rumeurs selon lesquelles le père Marko Rupnik aurait été innocenté par la justice de l’Église. Le célèbre mosaïste d’origine slovène, renvoyé de la Compagnie de Jésus en 2023, est accusé d’avoir fait subir des violences sexuelles et des abus spirituels à plus d’une vingtaine de femmes entre les années 1980 et 2000.
Dans sa mise au point, le porte-parole du Vatican a tenu à réaffirmer que toute information évoquant une quelconque délibération des magistrats en faveur d’un acquittement pénal est totalement infondée. Depuis le mois d’octobre 2025, le dossier est en effet instruit par cinq juges indépendants, sous l’autorité du Dicastère pour la Doctrine de la Foi. Matteo Bruni a précisé que la procédure est toujours en cours et que ce collège juridique étudie actuellement une vaste documentation provenant de diverses sources, incluant les diocèses concernés, l’ordre des jésuites, la presse, ainsi que les parties impliquées. Les juges conservent d’ailleurs la prérogative de solliciter des compléments d’enquête s’ils l’estiment nécessaire. Afin de ne pas blesser les personnes touchées par ce drame et par respect pour la procédure, le Saint-Siège maintient une stricte confidentialité, s’interdisant de communiquer sur les travaux en cours.
Malgré ces précautions institutionnelles, la circulation de ces bruits d’acquittement a provoqué une vive émotion du côté des plaignantes. Représentant cinq d’entre elles, l’avocate italienne Laura Sgrò s’est adressée par courrier au préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Victor Manuel Fernández. Se faisant l’écho de clientes consternées et profondément peinées, la juriste a déploré l’opacité entourant l’évolution du procès, soulignant que ces femmes n’avaient toujours pas été entendues comme témoins en dépit de leurs requêtes répétées.
Pour bien saisir la portée de cette affaire, il convient de rappeler la nature strictement judiciaire de ce procès pénal canonique. Il ne s’agit nullement d’une procédure administrative simplifiée, mais d’une instruction rigoureuse visant à établir la culpabilité éventuelle de l’ancien jésuite au seul regard du droit de l’Église, par dérogation aux règles de prescription. Cette action interne ne se substitue d’ailleurs pas à la justice civile des pays concernés, devant laquelle l’artiste n’a jamais été inquiété en raison des délais de prescription écoulés. C’est précisément face à cette impasse que le pape François était intervenu de manière décisive en octobre 2023. Alerté par la Commission pontificale pour la protection des mineurs sur des dysfonctionnements graves dans le traitement initial de l’affaire et sur le manque de considération envers les victimes présumées, le pontife argentin avait alors ordonné la levée de la prescription pour permettre la tenue de ce jugement canonique.
Les faits reprochés se seraient déroulés en Italie et en Slovénie, à l’époque où l’accusé dirigeait le Centre Aletti, son atelier artistique, et accompagnait la Communauté Loyola, une institution religieuse qui lui était affiliée. L’impact de cette crise est d’autant plus retentissant que l’œuvre monumentale de Marko Rupnik orne d’innombrables sanctuaires à travers le monde, du Vatican à Fatima, en passant par Aparecida, Częstochowa, Damas et Beyrouth. Face au trouble légitime suscité par ces mosaïques chez de nombreux fidèles, certains lieux de pèlerinage ont d’ores et déjà pris des mesures, à l’image du sanctuaire de Lourdes qui, depuis mars 2025, a fait le choix de dissimuler une partie des fresques du mosaïste.
Alors que le Saint-Siège appelle au respect du temps de la justice, le dénouement de ce dossier sensible s’approche. Selon diverses informations, le verdict final pourrait être rendu d’ici à la fin de l’été. Ce calendrier coïnciderait avec les espérances formulées en novembre dernier par le pape Léon XVI, qui souhaitait que ce procès canonique puisse enfin apporter clarté et justice pour l’ensemble des personnes concernées. Une résolution particulièrement attendue à l’aube du prochain voyage apostolique que le pontife américano-péruvien doit effectuer en France, lequel prévoit justement une étape aux sanctuaires pyrénéens de Lourdes.





Conversation des fidèles
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