En Angleterre, le pèlerinage annuel lié à la messe traditionnelle entre Londres et Walsingham a connu cette année une affluence juvénile présentée comme sans précédent par ses organisateurs. Du 27 au 30 août 2026, près de 250 pèlerins ont parcouru les 87 kilomètres menant au sanctuaire national de Walsingham, malgré de fortes pluies. Environ 500 fidèles supplémentaires ont rejoint la messe finale célébrée le 30 août dans les ruines du prieuré médiéval.
87 kilomètres de marche jusqu’au « Nazareth de l’Angleterre »
Le pèlerinage, organisé chaque année depuis 2010, conduit les fidèles vers Walsingham, l’un des grands lieux marials de l’histoire catholique anglaise. Selon la tradition, c’est là qu’en 1061 Richeldis de Faverches aurait reçu de la Vierge Marie la demande de faire construire une réplique de la maison de la Sainte Famille à Nazareth.
Le sanctuaire connut un immense rayonnement au Moyen Âge avant d’être détruit sous Henri VIII en 1538, lors de la Réforme anglaise. Restauré à partir de la fin du XIXe siècle, Walsingham demeure aujourd’hui un haut lieu de pèlerinage.
Une génération attirée par une foi « contraculturelle »
Joseph Shaw, président de la Latin Mass Society, estime que l’intérêt de jeunes catholiques pour les formes liturgiques traditionnelles s’inscrit dans une recherche plus large d’une foi identifiable, exigeante et enracinée dans un patrimoine spirituel et culturel. Il souligne que ces jeunes évoluent souvent dans des milieux où la pratique catholique les place à contre-courant des normes dominantes.
James Allen, jeune diplômé d’un établissement catholique et participant au pèlerinage, a expliqué que la foi lui avait apporté une paix intérieure et une raison de vivre. Il prévoit désormais de participer à d’autres messes traditionnelles et pèlerinages, et doit commencer en septembre une mission d’évangélisation d’un an en Écosse avec d’autres jeunes catholiques.
Les organisateurs évoquent une croissance annuelle de 20 %
La Latin Mass Society estime que le pèlerinage de Walsingham pourrait connaître une croissance d’environ 20 % par an. Cette dynamique intervient quelques mois après le pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, qui avait lui aussi rassemblé un très grand nombre de jeunes attachés à la liturgie traditionnelle.
Joseph Shaw voit dans ce phénomène un possible signe de renouveau catholique. Il insiste toutefois sur le fait que les chiffres restent modestes à l’échelle de l’Église britannique. L’intérêt réside surtout, selon lui, dans la capacité de cette liturgie et de ces pèlerinages à conduire des jeunes vers une pratique catholique plus engagée.
La question des restrictions sur la messe traditionnelle demeure
Cette progression intervient alors que les restrictions entourant la célébration selon le missel antérieur à la réforme liturgique restent un sujet sensible dans l’Église. Elles avaient été renforcées par le pape François avec le motu proprio Traditionis custodes en 2021.
Des voix différentes continuent de s’exprimer sur cette question. Le cardinal Robert Sarah a récemment estimé qu’une « guerre » contre la messe traditionnelle serait destructrice pour l’Église, tandis que le cardinal Timothy Radcliffe a dit comprendre ceux dont l’attachement à cette liturgie provoque des tensions avec la hiérarchie, tout en appelant à éviter qu’elle ne devienne une source de division.
De son côté, le cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, avait déclaré fin juillet que le pape Léon XIV n’envisageait pas de modifier Traditionis custodes.
Au-delà des débats liturgiques, l’édition 2026 du pèlerinage de Walsingham met en lumière un fait concret : des centaines de jeunes catholiques britanniques acceptent de marcher plusieurs jours, de prier et de faire des sacrifices pour leur foi. Dans une Angleterre profondément marquée par la sécularisation, cette mobilisation constitue un phénomène à suivre.
Sources principales





Conversation des fidèles
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