Mgr Vitor Quematcha, évêque catholique de Bafata, et Cheikh Mamadu Djau Djalo, imam de la mosquée centrale de Mansoa, ont tous deux interpellé les responsables politiques et militaires du pays pour leur demander de prendre leurs responsabilités face aux divisions qui fragilisent la société. Leurs interventions, rapportées par Vatican News le 31 octobre 2026, insistent particulièrement sur la nécessité de défendre les libertés fondamentales, de rejeter la violence et de rechercher une véritable réconciliation nationale.
Lors de son intervention hebdomadaire dans l'émission « Palavra de Vida », diffusée sur Radio Sol Mansi, Mgr Quematcha a rappelé que l'exercice de l'autorité ne doit jamais devenir une affaire d'intérêts personnels. Pour l'évêque, les responsables politiques, civils, militaires et administratifs sont appelés à servir la population et à rechercher le bien commun. Il s'appuie directement sur l'Évangile pour rappeler que celui qui détient une responsabilité doit l'exercer dans un esprit de service, et non considérer le pouvoir comme sa propriété.
L'évêque catholique a également insisté sur le rôle de l'Église dans la société. Selon lui, les responsables religieux ont le devoir d'encourager la réconciliation, de défendre les libertés fondamentales et de rester proches des personnes en difficulté. Il rappelle également que le respect entre les différentes religions ne suppose pas d'abandonner sa propre foi. Les catholiques peuvent donc participer au dialogue et à la construction de la paix tout en demeurant fidèles à leur identité chrétienne.
Mgr Quematcha s'est aussi adressé aux jeunes de Guinée-Bissau, les invitant à prendre leurs responsabilités dans la vie sociale. Il les encourage à développer leur jugement, à respecter les différences et surtout à rejeter la violence comme moyen de résoudre les conflits. Pour le prélat, l'Église doit continuer d'être une voix de conscience, de réconciliation et d'espérance, capable de rappeler les exigences de la vérité et de la justice.
De son côté, l'imam Cheikh Mamadu Djau Djalo a lancé un appel semblable lors de la présentation du livre « Voix de la Paix », dont il était le parrain. S'adressant directement aux autorités politiques et militaires, ainsi qu'aux responsables religieux, il a demandé que les divisions soient surmontées par un dialogue sincère. Il estime que le moment est venu de rechercher des solutions concrètes, avec sérieux et sans arrière-pensées, afin de préserver l'unité du pays.
Il faut toutefois préciser que ces deux déclarations ont été faites séparément. Il ne s'agit pas d'un communiqué commun entre l'Église catholique et les responsables musulmans, mais de deux appels qui se rejoignent sur la nécessité de préserver la paix civile. Cette distinction est importante : chacun intervient depuis sa propre responsabilité religieuse, sans effacer les différences doctrinales entre le catholicisme et l'islam.
Dans un pays confronté à des tensions politiques et institutionnelles, ces paroles rappellent que les responsables religieux peuvent jouer un rôle important pour encourager le respect de la dignité humaine, la justice et le refus de la violence. Pour Mgr Quematcha, la mission de l'Église consiste notamment à faire entendre la voix de l'Évangile et à rappeler aux dirigeants que leur première responsabilité demeure le service des populations.
Source : Vatican News, 31 octobre 2026





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