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Pologne : blessé au couteau, un prêtre revient célébrer et demande de prier pour son agresseur

Après l’attaque meurtrière contre l’abbaye de Jarosław, le père Adrian Mantykiewicz est revenu célébrer la messe, le visage tuméfié, et a demandé de prier pour la conversion de l’agresseur.

Pologne : blessé au couteau, un prêtre revient célébrer et demande de prier pour son agresseur

Deux jours après l’attaque au couteau commise dans l’abbaye des bénédictines de Jarosław, en Pologne, le père Adrian Mantykiewicz est revenu célébrer la messe avec la tête et une main bandées, le visage encore marqué par les coups. Au lieu d’appeler à la vengeance, il a demandé publiquement aux fidèles de prier pour l’homme qui avait attaqué les prêtres et les laïcs présents dans l’église.

L’attaque, survenue jeudi 24 septembre 2026 peu avant la messe du matin, a fait un mort : le père Stanisław Zbojnowicz. Un autre prêtre, le père Marek Pieńkowski, a été grièvement blessé, de même que deux fidèles. L’agresseur, un ressortissant ukrainien de 31 ans, a été arrêté et mis en cause par le parquet de Przemyśl.

« Ne répondons pas au mal par le mal »

Lors de la première messe célébrée après la réouverture de l’église rectorale des Saints-Nicolas-et-Stanislas, le père Adrian a prononcé des paroles qui ont profondément marqué les fidèles. « Pardonnons et prions pour nous, mais je vous demande surtout de prier pour notre agresseur et pour la grâce de sa conversion », a-t-il déclaré.

Le prêtre a également demandé de ne pas faire porter la responsabilité de l’acte sur tout un peuple. Il a rappelé qu’un crime est commis par une personne concrète, qui porte la responsabilité de ses actes. « Ne répondons pas au mal par le mal », a-t-il insisté.

Cette réaction est d’autant plus forte qu’elle intervient dans un climat européen où les faits divers impliquant des étrangers ou des migrants sont immédiatement happés par les débats politiques. Le père Adrian refuse cette généralisation. Il ne minimise pas le crime. Il ne l’excuse pas. Mais il refuse que la colère se transforme en haine collective.

Un pardon chrétien qui n’efface pas la justice

Le pardon chrétien ne consiste pas à prétendre qu’il ne s’est rien passé. Un homme est mort. Plusieurs personnes ont été blessées. Une enquête pénale est en cours et la justice doit faire son travail. Mais le christianisme enseigne que la justice et le pardon ne sont pas contradictoires. On peut vouloir que le coupable réponde de ses actes tout en refusant de nourrir en soi le désir de vengeance.

C’est précisément ce que rappelle la demande du père Adrian. La conversion de l’agresseur n’annule ni sa responsabilité ni la gravité de ses actes. Elle signifie qu’aucun homme n’est réduit définitivement à son crime tant qu’il est vivant. Pour l’Église, même celui qui a commis le mal le plus grave demeure appelé au repentir.

L’archevêque de Przemyśl, Mgr Adam Szal, avait d’ailleurs déjà invité à prier non seulement pour les victimes, mais aussi pour le repentir de ceux qui pourraient exploiter le drame afin d’attiser la haine. Là encore, le message est clair : la tragédie ne doit pas devenir un prétexte pour ajouter du mal au mal.

Un témoignage dans la ligne de l’Évangile

Le geste du prêtre polonais rappelle les paroles du Christ sur l’amour des ennemis et la prière pour ceux qui persécutent. Ce commandement reste l’un des plus difficiles à vivre concrètement. Il est facile de parler de pardon lorsque l’on n’a rien subi. Il l’est beaucoup moins lorsqu’un confrère vient d’être tué et que l’on porte soi-même les traces physiques de l’agression.

En revenant célébrer la messe si rapidement, le père Adrian a aussi manifesté que la violence n’avait pas réussi à faire taire la prière de l’Église. La communauté a repris la célébration eucharistique précisément là où la peur aurait pu s’installer.

Cette image d’un prêtre blessé priant pour son agresseur dit quelque chose de profondément catholique : le mal doit être nommé, la justice doit être rendue, mais la haine ne doit jamais devenir la réponse chrétienne.

Sources principales

Conversation des fidèles

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