Alors que le Sénat s’apprête à examiner une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, l’Église catholique appelle à une forte mobilisation spirituelle et citoyenne. Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, a exhorté les fidèles de son diocèse à consacrer la journée d’aujourd’hui à la prière et au jeûne pour obtenir le rejet de ce texte.
Présentée sous l’appellation de « droit à l’aide à mourir », cette initiative législative autoriserait l’administration de substances létales aux patients désireux de mettre fin à leurs jours. Le projet a déjà franchi une étape décisive le 25 février dernier, date à laquelle l’Assemblée nationale l’a approuvé en deuxième lecture. Son examen par la chambre haute du Parlement est programmé du 11 au 13 mai.
Face à cette perspective, l’évêque souligne une réalité clinique souvent occultée dans le débat public. Il rappelle en effet que la majorité des personnes malades envisageant de recourir à la mort provoquée renoncent à ce projet dès lors qu’elles sont admises dans une unité de soins palliatifs. Dans ces services où la souffrance est apaisée et l’accompagnement humain garanti, la demande de mort s’estompe naturellement. Le prélat déplore cependant les graves lacunes et le manque de soutien dont pâtissent ces structures de soins sur le territoire français.
Dans une lettre adressée à ses diocésains, Mgr Aillet alerte sur l’extrême gravité d’un texte qui vise, selon lui, à abolir purement et simplement l’interdit de tuer. Pour contrer ce qu’il qualifie de rupture anthropologique majeure aux conséquences morales et spirituelles redoutables pour le pays, il a choisi de faire coïncider cette journée de jeûne avec la fête de Notre-Dame de Fatima. L’appel poignant à la conversion et à la pénitence lancé par la Vierge apparaît, aux yeux de l’évêque, plus pertinent que jamais pour répondre aux aberrations du monde moderne. Il espère ainsi que la prière permettra au Seigneur d’éclairer la conscience des sénateurs et des élus.
Loin de céder au fatalisme, le prélat discerne de véritables motifs d’espérance dans l’évolution du débat parlementaire. Les chiffres montrent une résistance politique croissante : le nombre de législateurs opposés au projet de loi est passé de 199, le 27 mai 2025, à 226 lors du vote du 25 février. Soulignant qu’il n’est absolument pas trop tard pour agir et se mobiliser, Mgr Aillet a indiqué avoir pris la plume pour écrire personnellement aux parlementaires afin de les conjurer de rejeter le texte, invitant chaque fidèle à entreprendre une démarche semblable.





Conversation des fidèles
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