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Donald Trump face à Xi Jinping : le sort de Jimmy Lai et des chrétiens de l’Église

Donald Trump face à Xi Jinping : le sort de Jimmy Lai et des chrétiens de l’Église

Sous une pluie battante devant la Maison-Blanche, l’angoisse des familles de prisonniers d’opinion chinois a rencontré, ce 11 mai 2026, l’agenda diplomatique de la première puissance mondiale. À la veille d’un départ décisif pour Pékin, le président américain Donald Trump s’est publiquement engagé à réclamer à son homologue Xi Jinping la libération du laïc catholique Jimmy Lai, ainsi que celle de figures protestantes incarcérées.

Ce déplacement présidentiel, prévu du 13 au 15 mai, a pour objectif principal d’aborder des dossiers stratégiques tels que les accords commerciaux, la situation de Taïwan, le conflit iranien et les nouvelles technologies. Néanmoins, la question de la liberté religieuse et politique s’est imposée dans les discussions préparatoires. Figure de proue de la presse libre à Hong Kong et fervent défenseur de la démocratie, Jimmy Lai a été condamné le 9 février dernier à vingt ans de réclusion pour de prétendues violations de la loi sur la sécurité nationale. La santé déclinante de ce magnat catholique a récemment poussé plus d’une centaine de parlementaires américains à exiger une intervention humanitaire d’urgence.

Depuis le Bureau ovale, Donald Trump a reconnu la délicatesse d’une telle requête diplomatique. Le chef de l’État a comparé l’effort exigé de Xi Jinping à la situation qui serait la sienne si le dirigeant chinois lui demandait d’élargir James Comey. L’ancien directeur du FBI a en effet été inculpé le 28 avril par un grand jury fédéral de Caroline du Nord, accusé d’avoir proféré des menaces contre le président via une publication sur les réseaux sociaux montrant des coquillages agencés pour former le code « 86 47 ». Qualifiant son ancien chef du renseignement de policier corrompu, Donald Trump a toutefois souligné la différence de nature avec le prisonnier hongkongais. S’il a admis que Jimmy Lai avait causé d’importants remous pour les autorités communistes, il a affirmé que ce dernier avait agi selon sa conscience et tenté de faire ce qui était juste, justifiant ainsi son intention d’aborder fermement son cas en Chine.

Outre le dossier du célèbre éditeur, le locataire de la Maison-Blanche a explicitement évoqué le sort du pasteur Ezra Jin Mingri, dont la situation mobilise intensément les cercles chrétiens. Détenu depuis plus de deux cents jours, ce ministre du culte a été au centre du rassemblement organisé à Washington. Sous les intempéries, sa fille, Grace Jin Drexel, a publiquement remercié le président américain pour sa promesse d’intervention. Dans l’attente d’un miracle, elle a exprimé son espérance de voir son père libéré à l’issue de ce sommet et de le voir rejoindre sa famille aux États-Unis.

La manifestation, soutenue conjointement par la Luke Alliance, la Campagne internationale pour le Tibet, le Projet pour les droits de l’homme des Ouïghours et la Campagne pour les Ouïghours, a mis en lumière l’ampleur d’une répression d’État qui frappe aveuglément les croyants. Frances Hui, responsable du plaidoyer pour la fondation du Comité pour la liberté à Hong Kong, a rappelé la gravité symbolique de ce voyage, le premier face-à-face entre Donald Trump et Xi Jinping depuis la lourde condamnation de Jimmy Lai. Elle a souligné que des centaines de milliers de chrétiens, de musulmans et d’autres minorités ethniques continuent de croupir en prison pour leur seule fidélité à Dieu, appelant l’administration américaine à transformer ses engagements en actes diplomatiques concrets.

L’assemblée a également été marquée par le témoignage de Gao Pu et de son épouse Pang Yu, illustrant la violence judiciaire qui s’abat sur l’Église domestique non reconnue par le pouvoir. Le père de Gao, le pasteur Gao Quanfu, dirigeait depuis quarante ans l’une des communautés souterraines les plus influentes de Chine avant d’être arrêté le 17 mai 2025. Son épouse a subi le même sort le 7 juin suivant, du simple fait de son statut d’épouse de pasteur. Initialement accusée d’avoir utilisé la superstition pour saper l’application de la loi, la mère de famille voit aujourd’hui son dossier, comme celui de son mari, requalifié en fraude. Les autorités considèrent en effet les dîmes et les dons des fidèles comme des fonds illégitimes, sanctionnant le refus de l’assemblée de se soumettre au contrôle étatique. Leurs procès, continuellement repoussés, sont désormais attendus pour la fin du mois de juillet.

À cette épreuve carcérale s’ajoute une répression féroce contre les défenseurs des droits. Trouver une assistance juridique est devenu un véritable défi dans le climat de terreur instauré par le Parti. Gao Pu a révélé que les avocats osant prendre en charge ces dossiers risquent la suspension ou la révocation de leur licence. Sa propre mère a déjà dû faire appel à trois conseillers différents. Plus tragiquement, l’illustre avocat chrétien Zhang Kai, qui défendait conjointement le pasteur Gao et le pasteur Jin Mingri, a vu son cabinet intégralement dissous par le gouvernement en représailles de son travail.

Soutenues par des déclarations transpartisanes lues lors de cet événement, émanant d’élus du Congrès tels que le sénateur démocrate Jeff Merkley et les représentants John Moolenaar et Jim McGovern, les familles maintiennent une vigile à la fois citoyenne et spirituelle. En s’envolant pour l’Asie, la délégation américaine emporte avec elle le poids de ces espérances, rappelant au monde libre que derrière les tractations géopolitiques se joue le sort d’hommes et de femmes prêts à tout perdre, sauf leur âme.

Conversation des fidèles

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