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Funérailles catholiques : l’évêque de Sanremo rappelle que le « droit aux obsèques » n’est pas absolu

Funérailles catholiques : l’évêque de Sanremo rappelle que le « droit aux obsèques » n’est pas absolu

Dans le diocèse italien de Vintimille-Sanremo, Mgr Antonio Suetta a publié le 15 août un vade-mecum juridico-pastoral consacré aux funérailles ecclésiastiques. Le texte entend rappeler aux prêtres et aux fidèles le sens propre des obsèques catholiques, ainsi que les limites prévues par le droit de l’Église.

Les obsèques sont d’abord une prière de l’Église

Selon les éléments rapportés par La Nuova Bussola Quotidiana, l’évêque insiste sur un point central : les funérailles chrétiennes ne doivent pas devenir une simple célébration de la mémoire du défunt. Elles sont avant tout la prière d’intercession de l’Église pour celui qui est mort, tout en apportant aux vivants la consolation et l’espérance chrétiennes.

Mgr Suetta met ainsi en garde contre une « mondanisation » des obsèques qui ferait perdre le sens chrétien de la mort. Le rite ne doit pas être transformé en hommage essentiellement sentimental, familial, sportif ou politique. Le vade-mecum demande notamment d’éviter dans l’église les objets, vêtements ou décorations sans rapport avec la célébration liturgique.

Le droit aux funérailles ecclésiastiques connaît des limites

La note revient également sur une question sensible : les funérailles catholiques ne constituent pas un droit absolu indépendamment de la situation du défunt. Le droit canonique prévoit en effet certains cas dans lesquels les obsèques ecclésiastiques doivent être refusées en l’absence de signe de repentir avant la mort.

Le canon 1184 § 1 vise notamment les apostats, hérétiques et schismatiques notoires, ceux qui ont choisi la crémation pour des motifs contraires à la foi chrétienne, ainsi que les autres pécheurs manifestes auxquels des funérailles ecclésiastiques ne pourraient être accordées sans scandale public des fidèles.

Mgr Suetta souligne que cette privation ne constitue pas un jugement définitif sur l’âme du défunt. Elle répond à la cohérence du signe ecclésial et à la protection de la communauté chrétienne.

La question de l’appartenance à la franc-maçonnerie

Cette mise au point intervient après plusieurs controverses italiennes concernant des funérailles refusées à des personnes appartenant à la franc-maçonnerie. Le vade-mecum rappelle à ce sujet l’incompatibilité entre la foi catholique et l’adhésion maçonnique, conformément au jugement réaffirmé par la Congrégation pour la doctrine de la foi dans sa déclaration du 26 novembre 1983.

Le document rappelle ainsi que l’appartenance à une association ouvertement incompatible avec la foi chrétienne peut avoir des conséquences sur la possibilité de recevoir des funérailles ecclésiastiques, selon les circonstances prévues par la discipline de l’Église.

Crémation, cendres et prises de parole dans l’église

Le vade-mecum traite aussi de la crémation. Celle-ci est admise par l’Église lorsqu’elle n’a pas été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne. En revanche, le texte rappelle que les cendres ne doivent pas être dispersées dans l’air, sur terre ou dans l’eau, ni transformées en bijoux ou en objets commémoratifs.

Mgr Suetta demande également que les témoignages personnels et les discours d’adieu ne prennent pas place à l’ambon ni ne viennent modifier l’équilibre de la liturgie. Un éventuel temps de témoignage peut être envisagé hors de l’église ou au cimetière. Pour l’évêque, ces règles ne visent pas à diminuer la compassion envers les familles, mais à préserver la finalité chrétienne des obsèques : prier pour le défunt, honorer son corps dans l’espérance de la résurrection et soutenir ceux qui restent.

Sources principales

Conversation des fidèles

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