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À Kibeho, un prêtre espère l’ouverture de la cause de béatification de la voyante Marie Claire Mukangango

À Kibeho, un prêtre espère l’ouverture de la cause de béatification de la voyante Marie Claire Mukangango

Au Rwanda, le vice-recteur du sanctuaire Notre-Dame de Kibeho espère que l’Église pourra un jour ouvrir la cause de béatification de Marie Claire Mukangango, l’une des trois voyantes reconnues des apparitions mariales de Kibeho. La jeune femme, qui avait commencé à rapporter des apparitions de la Vierge Marie le 2 mars 1982, a été tuée avec son mari pendant le génocide de 1994.

Le père François Harelimana, pallottin et vice-recteur du sanctuaire, a exprimé cette espérance devant des pèlerins venus à Kibeho en marge du congrès mondial de SIGNIS organisé à Kigali du 3 au 8 août. « Nous prions pour que le processus de béatification de Marie Claire puisse commencer », a-t-il déclaré, selon ACI Africa. Il s’agit à ce stade d’un souhait et d’une prière exprimés par le prêtre : la source ne fait état d’aucune ouverture officielle de cause par l’Église.

Marie Claire Mukangango, l’une des trois voyantes reconnues de Kibeho

Les événements de Kibeho ont commencé le 28 novembre 1981, lorsque Alphonsine Mumureke, alors élève, affirma avoir vu une très belle femme qui se présenta comme « Nyina wa Jambo », c’est-à-dire « Mère du Verbe ». Nathalie Mukamazimpaka rapporta à son tour des apparitions à partir du 12 janvier 1982, puis Marie Claire Mukangango à partir du 2 mars de la même année.

Selon le récit donné aux pèlerins par le père Harelimana, Marie Claire souhaitait devenir religieuse. La réponse qu’elle aurait reçue de la Vierge fut cependant différente de celle donnée à Alphonsine : sa vocation devait prendre un autre chemin. Marie Claire se maria cinq ans après la fin de ses apparitions, intervenue le 15 septembre 1982.

Tuée avec son mari pendant le génocide de 1994

Le destin de Marie Claire demeure étroitement associé à l’une des périodes les plus tragiques de l’histoire du Rwanda. D’après le père Harelimana, elle et son mari, journaliste, furent tués alors qu’ils fuyaient Kigali pendant le génocide contre les Tutsis de 1994.

Le prêtre a précisé que le lieu où leurs corps ont été abandonnés reste inconnu. Il a également rappelé que, selon les messages rapportés par la voyante, Marie Claire avait été avertie qu’elle connaîtrait la souffrance au cours de sa vie. C’est dans ce contexte que le vice-recteur du sanctuaire évoque aujourd’hui l’espérance d’une éventuelle reconnaissance ecclésiale de son témoignage.

Le message de Kibeho : conversion, souffrance et retour au Christ

Au cours de la visite du sanctuaire, le père Harelimana a longuement insisté sur le cœur spirituel des apparitions : la conversion, le sacrifice offert avec le Christ et le retour à Jésus. Selon lui, la manière dont Marie s’est présentée comme « Mère du Verbe » indique précisément cette orientation christocentrique : conduire les fidèles vers Jésus-Christ, le Verbe de Dieu fait chair.

Le prêtre a notamment rappelé les visions particulièrement éprouvantes rapportées en 1982. Le 15 août de cette année-là, la Vierge aurait été vue en larmes. Nathalie avait auparavant décrit des scènes de violences, de maisons incendiées et de personnes s’entretuant. Pour le père Harelimana, ces avertissements doivent d’abord être compris comme un appel pressant à la repentance.

L’Église n’a reconnu que trois voyantes

Le vice-recteur de Kibeho a également mis en garde les pèlerins contre les récits attribués à d’autres personnes qui, après Alphonsine, Nathalie et Marie Claire, ont affirmé recevoir elles aussi des messages de la Vierge. Il a rappelé que le discernement ecclésial n’a retenu comme crédibles que ces trois voyantes.

Cette précision est importante : la reconnaissance des apparitions de Kibeho ne signifie pas que l’Église cautionne l’ensemble des récits et messages qui ont ensuite circulé sous ce nom. Le discernement a précisément distingué les trois jeunes femmes reconnues des autres prétentions apparues par la suite.

Alphonsine religieuse, Nathalie toujours présente à Kibeho

Les trois voyantes ont connu des destins très différents. Alphonsine Mumureke a poursuivi sa vocation religieuse et, après plusieurs étapes de discernement et de formation, vit aujourd’hui en Italie au sein de la famille monastique de Bethléem, selon le témoignage rapporté par le père Harelimana.

Nathalie Mukamazimpaka demeure quant à elle à Kibeho, près du lieu des apparitions, où elle mène une vie marquée par la prière et le silence. Marie Claire, elle, reste la seule des trois à avoir péri pendant le génocide.

Une cause de béatification qui reste à ouvrir

La déclaration du père Harelimana ne constitue donc pas l’annonce d’une procédure déjà engagée. Elle manifeste l’espérance, au sanctuaire de Kibeho, qu’un examen ecclésial de la vie et des vertus de Marie Claire Mukangango puisse commencer.

Si une cause devait effectivement être ouverte, elle suivrait le discernement propre aux causes des saints. Pour l’heure, le fait nouveau est la prise de parole publique du vice-recteur du sanctuaire, qui invite à prier pour cette éventuelle démarche et remet en lumière le destin de la troisième voyante de Kibeho, morte dans la tragédie rwandaise de 1994.


Sources principales :
ACI Africa – Rwandese Catholic Priest Hopes for Start of Beatification Cause of Our Lady of Kibeho Visionary Killed in Genocide
Sanctuaire de Kibeho – A Brief History of the Apparitions of Our Lady of Kibeho

Conversation des fidèles

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