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Assomption : du Liban à la Tunisie, les chrétiens célèbrent la Vierge malgré les épreuves

Assomption : du Liban à la Tunisie, les chrétiens célèbrent la Vierge malgré les épreuves

Malgré la guerre, les difficultés économiques et l’insécurité qui pèsent sur plusieurs communautés chrétiennes, l’Assomption de la Vierge Marie a donné lieu, samedi 15 août 2026, à de nombreuses célébrations au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Au Liban, en Syrie et en Tunisie, processions, prières et traditions populaires ont témoigné d’une dévotion mariale toujours vivante.

Ces célébrations ont pris des formes très différentes selon les pays, mais elles avaient un même centre : la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Dans des régions marquées par l’incertitude, elles ont aussi manifesté la continuité de communautés chrétiennes attachées à leur foi et à un héritage transmis de génération en génération.

Au Liban, les processions continuent malgré la guerre

Au Liban, les difficultés économiques et la guerre n’ont pas empêché les processions mariales de remplir les rues de plusieurs localités. Chaque village a conservé ses usages propres pour honorer la Vierge Marie.

À Jezzine, dans le sud du pays, une longue procession s’est achevée par un geste spectaculaire : un chapelet composé de ballons a été lâché dans le ciel. Une statue de la Vierge a ensuite été élevée au-dessus de la foule à l’aide d’une grue, tandis que des pétales de fleurs tombaient sur les participants.

À Bhamdoun, dans le Mont-Liban, les habitants ont perpétué une tradition culinaire liée à la fête. Ils se sont relayés pour préparer ensemble la « hreeseh », un plat de blé et de viande qui doit cuire pendant plusieurs heures dans de grands chaudrons. La solennité religieuse se mêle ainsi à des coutumes communautaires qui structurent depuis longtemps la vie des villages.

En Syrie, des célébrations maintenues dans un climat d’insécurité

En Syrie, la fête a été célébrée dans un contexte plus tendu. Selon EWTN News, certaines églises avaient annoncé l’annulation de festivités publiques en raison d’une hausse des enlèvements de chrétiens. Plusieurs manifestations religieuses et populaires ont néanmoins été maintenues.

À Marmarita, le célèbre carnaval organisé autour de l’Assomption est ainsi revenu dans les rues. Créé en 1975, cet événement rassemble habitants et membres de la diaspora syrienne autour de défilés, de costumes colorés et de musique.

Dans le contexte actuel, la tenue de ces célébrations dépasse la seule dimension festive. Elle manifeste la volonté d’une communauté de préserver ses traditions et de continuer à célébrer publiquement sa foi malgré les inquiétudes qui entourent la sécurité des chrétiens.

En Tunisie, Notre-Dame de Trapani traverse de nouveau La Goulette

En Tunisie, les célébrations se sont concentrées à La Goulette, ville portuaire proche de Tunis. Après la messe célébrée en l’église Saint-Augustin-et-Saint-Fidèle, la statue de Notre-Dame de Trapani a été portée en procession dans les rues.

Cette tradition plonge ses racines dans l’histoire de la présence sicilienne en Tunisie. Au XIXe siècle, des pêcheurs siciliens installés à La Goulette avaient l’habitude de porter la statue vers la mer pour demander à la Vierge de bénir les eaux, de protéger les pêcheurs et de leur accorder une pêche abondante.

Avec le temps, la procession est devenue un élément du patrimoine local, attirant non seulement des chrétiens mais aussi des musulmans et des habitants issus d’autres horizons culturels.

Une procession disparue dans les années 1960 puis restaurée

L’histoire de la procession de La Goulette reflète aussi les profondes transformations démographiques qu’a connues la Tunisie. La tradition avait disparu dans les années 1960, après le départ d’une grande partie de la population chrétienne européenne de la ville.

Elle a finalement été rétablie en 2017. Sa célébration en 2026 rappelle ainsi une mémoire chrétienne ancienne dans cette partie de l’Afrique du Nord et permet à la petite communauté locale de rendre publiquement hommage à la Vierge Marie.

La dévotion mariale comme signe de continuité

Du Liban à la Tunisie en passant par la Syrie, ces manifestations ne résument évidemment pas toutes les célébrations de l’Assomption dans la région. Elles donnent cependant à voir trois communautés confrontées à des réalités très différentes et réunies par une même dévotion mariale.

Au Liban, la fête se maintient malgré la guerre et la crise économique. En Syrie, elle survit dans un climat d’insécurité touchant directement les chrétiens. En Tunisie, elle fait revivre une tradition interrompue pendant plusieurs décennies. Dans chacun de ces lieux, la fête de l’Assomption demeure à la fois un acte de foi, une transmission et un signe visible de la présence chrétienne.


Sources principales :
EWTN News – Christians across the Middle East and North Africa celebrate the Assumption despite challenges

Conversation des fidèles

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