Le père Federico Highton, prêtre missionnaire argentin, affirme que son équipe a désormais contribué à libérer plus de 250 chrétiens soumis à des formes de servitude au Pakistan. Dans un récent entretien accordé à la radio espagnole COPE, le religieux a expliqué que 44 personnes avaient encore été libérées lors de sa dernière mission dans le pays.
Cette action vise principalement des familles chrétiennes prises au piège de l’esclavage pour dettes, notamment dans des briqueteries. Des familles extrêmement pauvres contractent un emprunt pour faire face à des besoins élémentaires, puis se retrouvent incapables de rembourser des sommes alourdies par des intérêts usuraires. Le travail imposé devient alors le moyen de paiement d’une dette qui peut se prolonger pendant des années et toucher plusieurs générations.
Plus de 250 personnes libérées selon le missionnaire
Le chiffre de plus de 250 personnes libérées provient du père Highton et de son œuvre missionnaire. L’agence catholique autrichienne Kathpress a rapporté le 19 août ce bilan ainsi que le témoignage du prêtre sur sa dernière opération. Quelques mois plus tôt, en mars 2025, le missionnaire faisait état de 93 personnes libérées : la progression donne la mesure des opérations menées depuis lors.
Le religieux explique que la libération passe notamment par le règlement de la dette qui maintient les familles sous la dépendance de leurs créanciers. D’après les montants qu’il a communiqués, il faut généralement réunir entre 500 et 1 500 euros pour libérer une famille entière, enfants, personnes âgées et femmes enceintes compris.
Une servitude alimentée par la pauvreté et l’usure
Le mécanisme décrit par le missionnaire commence souvent par une nécessité très concrète : acheter de la nourriture, financer des soins ou répondre à une urgence familiale. Sans ressources suffisantes, une famille emprunte de l’argent. Lorsque la dette ne peut plus être remboursée, le créancier impose le travail comme contrepartie, dans un système où les intérêts rendent la sortie extrêmement difficile.
Le père Highton distingue plusieurs formes de captivité rencontrées au Pakistan : le travail forcé dans les briqueteries, la servitude dans des zones rurales et l’exploitation sexuelle. Dans des témoignages antérieurs, il avait également décrit des familles entières vivant et travaillant sur les mêmes sites, avec une liberté de déplacement très limitée et des proches pouvant servir de garantie pour empêcher les départs.
Des libérations qui ne suffisent pas : reconstruire une vie
Pour le missionnaire, sortir physiquement d’un lieu de servitude n’est qu’une première étape. Les personnes libérées doivent ensuite retrouver un logement, un revenu et une scolarisation pour leurs enfants afin de ne pas retomber dans l’endettement qui les avait rendues vulnérables.
Son équipe dit ainsi accompagner les familles par différentes formes d’aide : logements en location, outils de travail, machines à coudre, petits véhicules permettant de gagner sa vie et accès à l’éducation. Le projet missionnaire travaille également à l’installation d’une communauté destinée à accueillir des chrétiens libérés au Pendjab.
Un phénomène documenté au-delà de cette mission
La servitude pour dettes dans les briqueteries pakistanaises ne repose pas uniquement sur le témoignage du père Highton. D’autres organisations chrétiennes actives dans le pays décrivent elles aussi des familles contraintes de travailler pour rembourser des dettes qu’elles ne parviennent pas à éteindre, avec une vulnérabilité particulière des minorités chrétiennes pauvres.
Dans ce contexte, l’action du père Highton reprend explicitement une ancienne tradition chrétienne de rachat des captifs. Le missionnaire évoque notamment l’exemple historique des ordres religieux qui recueillaient des fonds afin de rendre leur liberté aux chrétiens retenus en captivité. Au Pakistan, cette œuvre prend aujourd’hui la forme très concrète du règlement des dettes et de l’accompagnement des familles après leur libération.
Le bilan de plus de 250 personnes reste celui communiqué par le prêtre et son équipe. Il témoigne néanmoins d’une réalité plus vaste : derrière chaque libération demeure la question des nombreuses familles qui restent enfermées dans des mécanismes de dette, de pauvreté et de dépendance.
Sources principales :
– Kathpress – Priester berichtet von Befreiung christlicher Sklaven in Pakistan





Conversation des fidèles
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