lundi 5 octobre 2026·Sainte Faustine—Lc 10, 25-37
Soutenir :PayPalTipeee
ACTUALITE

Anvers : Mgr Johan Bonny prépare des candidats mariés au sacerdoce, dans l’attente de Rome

Mgr Johan Bonny prépare déjà des candidats mariés au sacerdoce à Anvers et espère une solution d’ici 2028. Mais aucune autorisation de Rome n’a été annoncée.

Anvers : Mgr Johan Bonny prépare des candidats mariés au sacerdoce, dans l’attente de Rome

Six mois après avoir annoncé son intention d’ordonner prêtres quelques hommes mariés à l’horizon 2028, Mgr Johan Bonny, évêque d’Anvers, est passé à une phase concrète de préparation. Des candidats suivent déjà une formation théologique et pastorale, tandis que l’évêque belge a porté son dossier à Rome. Une précision demeure décisive : aucune autorisation du Saint-Siège pour ces ordinations n’a été annoncée.

Le projet n’est donc pas aujourd’hui une réforme acquise de la discipline de l’Église latine. Il s’agit d’une démarche épiscopale qui devra recevoir l’accord de l’autorité compétente. CathoBel rappelait dès mars que, dans la discipline actuelle, un homme marié est empêché de recevoir l’ordination presbytérale dans l’Église latine, sauf dispense relevant du Siège apostolique.

Des candidats déjà préparés à Anvers

Mgr Bonny avait écrit le 19 mars qu’il mettrait « tout en œuvre » pour ordonner d’ici 2028 quelques hommes mariés dans son diocèse. Il annonçait vouloir identifier lui-même des candidats et leur assurer une formation comparable à celle des autres futurs prêtres.

Selon les informations publiées début octobre et attribuées notamment à un nouvel entretien dans Herder Korrespondenz, cette préparation est désormais engagée. Les profils envisagés seraient proches de ceux demandés aux candidats mariés au diaconat permanent : maturité, stabilité familiale, consentement de l’épouse et formation sérieuse.

L’évêque d’Anvers justifie son initiative par l’effondrement des vocations sacerdotales en Flandre et le vieillissement du clergé. La pénurie est réelle et appelle une réponse missionnaire. Mais une urgence pastorale ne transforme pas automatiquement une solution discutée en réponse nécessaire.

Le célibat sacerdotal n’est pas un dogme, mais une discipline ancienne et précieuse

La doctrine catholique oblige ici à être précis. Le célibat sacerdotal dans l’Église latine n’est pas un dogme qui découlerait de la nature même du sacerdoce. Le concile Vatican II l’a rappelé, et les Églises catholiques orientales connaissent légitimement un clergé marié selon leur propre tradition. Il existe également certaines exceptions dans l’Église latine.

Mais cette précision ne permet pas de traiter le célibat comme une simple habitude administrative devenue inutile. Dans Sacerdotalis caelibatus, Paul VI a expressément confirmé sa haute convenance avec le sacerdoce latin et son enracinement spirituel. Le pape écrivait aussi qu’on ne pouvait pas supposer que l’abolition du célibat suffirait, par elle-même, à augmenter notablement le nombre de vocations.

Le célibat consacré manifeste le don total du prêtre au Christ et à l’Église. Il rend visible une disponibilité particulière au service des âmes et témoigne du Royaume à venir. Une discipline aussi ancienne mérite donc davantage qu’un raisonnement purement fonctionnel fondé sur le manque de personnel.

Faire de la synodalité un ultimatum serait une erreur

Le point le plus contestable dans la démarche de Mgr Bonny est moins le fait que la question soit posée que la manière dont elle est désormais liée à la « crédibilité » du processus synodal. Selon les propos rapportés début octobre, l’évêque estime qu’une absence de réglementation d’ici 2028 porterait un « coup fatal » à cette crédibilité.

Cette formulation appelle une réserve ferme. La synodalité catholique n’est pas un mécanisme destiné à ratifier à l’avance une conclusion déjà exigée. Elle suppose écoute, discernement, communion et obéissance. Elle ne peut devenir un moyen de pression sur le pape ou sur l’Église universelle.

Vatican II lui-même doit être reçu dans la continuité de la Tradition, non comme l’ouverture d’un processus permanent où toute discipline ancienne serait tenue de céder pour prouver que l’écoute a été réelle. Le discernement reste authentique même lorsque l’autorité légitime répond non.

La décision appartient à Rome

Mgr Bonny affirme avoir rencontré à Rome le cardinal Lazarus You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le Clergé, ainsi que le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode. La Conférence épiscopale belge s’est montrée ouverte à une discussion sur les hommes mariés appelés au presbytérat. Cela montre que le sujet est effectivement porté au niveau de l’Église universelle.

Mais le fait essentiel demeure inchangé : le pape Léon XIV n’a annoncé aucune autorisation permettant à l’évêque d’Anvers de procéder à ces ordinations. La fidélité catholique consiste donc à ne pas anticiper la décision de Rome et à ne pas la transformer en test idéologique.

La crise des vocations exige d’abord que l’Église retrouve une forte culture de l’appel, une vie paroissiale missionnaire, des familles chrétiennes fécondes, une liturgie digne et une prédication claire du sacrifice sacerdotal. Ouvrir le débat sur des hommes mariés peut relever d’une question disciplinaire légitime. Présenter cette évolution comme la condition de survie de la mission ou de crédibilité de la synodalité est beaucoup plus discutable.

Sources principales

CathoBel — Mgr Johan Bonny veut ordonner des hommes mariés à l’horizon 2028
CathoBel — entretien avec Mgr Johan Bonny
FSSPX Actualités — développement du projet à Anvers
Vatican — Paul VI, Sacerdotalis caelibatus

Conversation des fidèles

0 commentaire(s)

Aucun commentaire pour le moment.