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« En sauvant notre-dame, les pompiers ont sauvé l’économie du village ! » : à cotignac, le sauvetage des sanctuaires provoque des tensions !

Illustration de la brève Facebook

Voilà une polémique assez inattendue qui secoue Cotignac, dans le Var, deux mois après les terribles incendies de juillet dernier ! Alors que le sanctuaire Notre-Dame de Grâces et le monastère Saint-Joseph ont été sauvés des flammes grâce à une importante mobilisation des pompiers, certains habitants ayant perdu leur maison ont du mal à accepter les moyens déployés pour protéger ces deux lieux religieux. Une situation délicate que révèle ce lundi 26 octobre le journal Var-Matin, qui a recueilli les témoignages des habitants, du maire et du recteur du sanctuaire.

Rappelons les faits ! Les 21 et 23 juillet, le gigantesque incendie du Gros Bessillon a menacé directement Cotignac. Au plus fort des opérations, près de 200 pompiers étaient mobilisés à proximité des deux sanctuaires pour empêcher les flammes de poursuivre leur progression vers le village. Mais pendant ce temps, plusieurs habitations étaient ravagées. Selon le comptage de la préfecture, 28 maisons ont été entièrement détruites, sur une cinquantaine touchée. Le maire, Jean-Pierre Véran, avance pour sa part un bilan de 17 maisons détruites.

Le père Vincent, recteur de Notre-Dame de Grâces, reconnaît lui-même que la situation a provoqué des réactions très dures. « La priorité donnée au sanctuaire passe mal au village », confie-t-il à Var-Matin. Le religieux explique avoir découvert sur les réseaux sociaux des commentaires hostiles, certains reprochant aux responsables du sanctuaire de se réjouir de sa préservation alors que des habitants ont perdu leur logement. Des réactions qu'il attribue notamment à la violence de l'événement et aux émotions encore très présentes chez les sinistrés.

Mais les explications des autorités apportent un éclairage bien différent ! Le soir du 23 juillet, le préfet du Var avait présenté Notre-Dame de Grâces et Saint-Joseph comme deux véritables verrous stratégiques. Car si le feu avait réussi à franchir ces deux positions, il aurait pu poursuivre sa descente vers le cœur médiéval de Cotignac. Le contrôleur général Éric Grohin, patron des sapeurs-pompiers du Var, défend cette stratégie reposant sur des feux tactiques, des barrières de produit retardant et une double ligne de défense. Autrement dit, protéger les sanctuaires ne consistait pas simplement à sauver deux bâtiments religieux : il s'agissait également d'empêcher l'incendie de gagner le reste du village !

Et ce raisonnement est également défendu par plusieurs commerçants. Audrey, restauratrice à Cotignac, rappelle notamment que le sanctuaire Saint-Joseph attire environ 7 000 personnes dans la commune à l'occasion de la fête de saint Joseph. Pour elle, la disparition des deux sanctuaires aurait représenté une catastrophe supplémentaire pour l'activité locale. « Ils ont sauvé l'économie du village », estime-t-elle. Une déclaration qui rappelle l'importance des pèlerinages et du tourisme religieux pour les commerces, les restaurants et les hébergements de Cotignac.

De son côté, le maire Jean-Pierre Véran rejette fermement l'idée que les pompiers auraient volontairement privilégié les sanctuaires au détriment des habitations. Il explique que certaines maisons étaient particulièrement difficiles à défendre en raison de chemins d'accès mesurant moins de quatre mètres de large. Les véhicules de secours ne pouvaient pas toujours passer, notamment pendant l'évacuation des habitants. Le maire insiste également sur la violence de l'incendie : à proximité de Lou Calen, aux portes du village, les flammes auraient atteint 30 mètres de hauteur ! Sans les moyens déployés sur ce secteur, affirme-t-il, Cotignac aurait pu être directement ravagé.

Le maire assure donc comprendre l'amertume des familles sinistrées, mais rappelle que les secours ont fait tout ce qu'ils pouvaient sur l'ensemble des secteurs menacés. Une commerçante habitant un quartier touché par l'incendie confirme d'ailleurs avoir vu des hélicoptères effectuer des largages sur les maisons avant d'intervenir à Notre-Dame de Grâces.

Le père Vincent explique avoir pris la décision de faire abattre une vingtaine d'arbres, notamment sur le parking et aux abords de l'église. Une décision qui n'avait pas forcément été appréciée par tout le monde à l'époque ! Pourtant, lorsque les flammes sont arrivées, cet espace dégagé a permis aux pompiers d'établir une ligne de défense efficace. Le parking est devenu un véritable coupe-feu, empêchant l'incendie de poursuivre sa progression vers les bâtiments religieux.

L'article révèle également à quel point le village est passé près d'une catastrophe encore plus importante. Alors que les flammes progressaient vers le centre de Cotignac, le préfet avait envisagé un ordre d'évacuation général, qui n'a finalement pas été déclenché. Le maire restait convaincu que les deux positions défendues par les pompiers résisteraient. Et c'est effectivement ce qui s'est produit, permettant d'éviter que l'incendie ne se propage au cœur historique de la commune.

Voilà donc une affaire qui mérite d'être regardée dans son ensemble ! Il est parfaitement compréhensible que des familles ayant perdu leur maison éprouvent de la colère et de l'amertume en constatant que les bâtiments religieux ont été préservés. Mais il faut aussi entendre les explications des professionnels qui ont dirigé les opérations. D'après les autorités, la défense des sanctuaires répondait avant tout à une nécessité stratégique pour protéger Cotignac, ses habitants et son patrimoine. Et l'activité économique liée aux pèlerinages représentait également un enjeu important pour la commune.

Et vous, que pensez-vous de cette polémique ? Les pompiers ont-ils eu raison de concentrer d'importants moyens sur ces deux positions stratégiques pour empêcher l'incendie de gagner le centre de Cotignac ?

Source : Var-Matin / Nice-Matin

Source : publication originale de Napo sur Facebook.

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