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Ernest Simoni en Irlande : le cardinal qui a survécu au communisme témoigne encore

À 97 ans, le cardinal Ernest Simoni, survivant de la persécution communiste en Albanie, s’est rendu en Irlande pour témoigner auprès d’ACN et des séminaristes de Maynooth.

Ernest Simoni en Irlande : le cardinal qui a survécu au communisme témoigne encore

Le cardinal albanais Ernest Simoni, survivant de la persécution communiste et presque centenaire, s’est rendu en Irlande en septembre 2026 à l’invitation de l’Aide à l’Église en détresse (ACN Ireland). Il a rencontré l’équipe de l’œuvre, célébré la messe à Dublin et visité le séminaire Saint-Patrick de Maynooth. À 97 ans, celui que le pape François avait publiquement honoré comme témoin de la foi continue de rappeler ce que signifie demeurer fidèle au Christ lorsque cette fidélité peut coûter la liberté ou la vie.

Catholic News, relayant un message d’ACN Ireland, rapporte que le cardinal Simoni a passé plusieurs jours en Irlande. Le voyage était présenté comme sa première visite dans le pays à un âge aussi avancé. À Maynooth, il a rencontré la communauté du séminaire et transmis son témoignage à de futurs prêtres.

Arrêté après la messe de Noël de 1963

L’histoire d’Ernest Simoni appartient à l’une des périodes les plus sombres pour les catholiques d’Albanie. Sous le régime communiste d’Enver Hoxha, le pays mena une politique violemment antireligieuse qui frappa prêtres, religieux et fidèles.

Selon les notices biographiques du Vatican et d’EWTN, le père Simoni fut arrêté le 24 décembre 1963 après avoir célébré la messe de Noël. Il fut accusé notamment en raison de son ministère sacerdotal et de sa fidélité à l’Église. Condamné d’abord à mort, il vit sa peine commuée en vingt-cinq années de travaux forcés.

Il passa de longues années en prison et dans des camps de travail, notamment dans les mines. En 1973, une nouvelle condamnation à mort fut prononcée contre lui, mais l’exécution n’eut pas lieu. Après sa libération en 1981, il resta soumis au travail forcé et poursuivit clandestinement son ministère autant que possible jusqu’à la chute du régime.

La messe célébrée en captivité

Le témoignage de Simoni est particulièrement saisissant parce qu’il ne repose pas sur une théorie de la persécution. En captivité, il continua à prier, à écouter les confessions et à célébrer la messe dans des conditions extrêmes, au risque de nouvelles sanctions.

Pour un catholique, ce détail dit beaucoup. Là où un régime prétendait supprimer Dieu de la société, un prêtre privé d’église, de liberté et de moyens ordinaires continuait à exercer son ministère. Le pouvoir politique pouvait lui prendre presque tout ; il ne pouvait pas lui faire renier le Christ.

François avait été bouleversé par son témoignage

Lors du voyage du pape François en Albanie en septembre 2014, Ernest Simoni livra publiquement le récit de sa persécution et de son pardon envers ses bourreaux. Le pape fut profondément ému par ce témoignage. Deux ans plus tard, le 19 novembre 2016, François le créa cardinal.

Cette reconnaissance ne transformait pas Simoni en héros politique. Elle mettait en lumière une vertu spécifiquement chrétienne : la fidélité au Christ jusque dans l’épreuve, unie au refus de la haine. La mémoire catholique des persécutions ne doit jamais servir à justifier la vengeance. Elle doit empêcher l’oubli, honorer les victimes et rappeler la liberté de l’Église face à toute idéologie qui prétend soumettre les consciences.

Un message direct aux futurs prêtres

La visite à Maynooth prend dans ce contexte une portée particulière. Les séminaristes occidentaux ne vivent pas, pour la plupart, sous une dictature athée comparable à celle qu’a connue l’Albanie communiste. Mais le cœur du ministère sacerdotal reste le même : annoncer le Christ, célébrer les sacrements et rester fidèle à l’Église lorsque cette fidélité devient impopulaire.

Dans une Europe où la tentation existe parfois de réduire le catholicisme à un patrimoine culturel ou à une présence sociale inoffensive, la vie du cardinal Simoni rappelle que le sacerdoce ne peut être compris sans le sacrifice. Une Église qui veut être acceptée à tout prix finit par perdre la raison même pour laquelle les martyrs ont souffert.

La Tradition vivante se reconnaît à cette fidélité

Être attaché à la Tradition catholique ne consiste pas à collectionner les souvenirs d’un âge disparu. La Tradition est la transmission vivante de la foi reçue des Apôtres, gardée par l’Église et confessée parfois au prix du sang. Ernest Simoni incarne cette continuité : il a connu la persécution, la clandestinité, la prison, puis la reconnaissance de l’Église universelle, sans changer de Seigneur.

Son passage en Irlande n’est donc pas seulement l’émouvante visite d’un vieil homme. C’est la présence d’un témoin qui oblige à mesurer la valeur réelle de la liberté religieuse et la gravité de la vocation sacerdotale. Les catholiques d’Europe peuvent l’écouter avec gratitude : la foi pour laquelle d’autres ont été emprisonnés ne mérite ni tiédeur ni honte.

Sources principales

Conversation des fidèles

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