La conférence des évêques catholiques des États-Unis a dénoncé le 9 octobre 2026 le projet de retransmission publique de l’exécution de Nidal Malik Hasan, condamné pour la tuerie de Fort Hood en 2009. Son président, Mgr Paul S. Coakley, demande que cette décision soit reconsidérée. La condamnation du massacre et le refus d’une exécution transformée en spectacle doivent être tenus ensemble.
Photographie d’illustration : Cour suprême des États-Unis, sans lien avec la juridiction militaire saisie de cette affaire.
Treize morts à Fort Hood, un crime qui ne doit jamais être minimisé
Le 5 novembre 2009, Nidal Hasan avait ouvert le feu sur la base militaire de Fort Hood, au Texas. Il a été reconnu coupable du meurtre de treize personnes et d’avoir blessé trente-deux autres personnes. La gravité de ces crimes, comme le deuil durable des familles, ne saurait être relativisée. Une justice digne de ce nom doit protéger la société et prendre au sérieux les victimes.
Selon les informations rapportées par EWTN News le 9 octobre, l’exécution par peloton était annoncée pour le 3 décembre 2026. Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth avait évoqué sa retransmission en direct. Cette initiative suscite une protestation singulière : non pas une défense du crime, mais la conviction qu’une mort infligée par l’État ne doit pas devenir un divertissement public.
Mgr Coakley et Mgr Broglio rappellent la doctrine catholique
Le président de la conférence épiscopale, Mgr Paul Coakley, a qualifié le projet de diffusion de promotion barbare d’une culture de mort. Il a rappelé l’exhortation de saint Paul à ne pas rendre le mal pour le mal (Rm 12, 17). Mgr Timothy Broglio, archevêque aux Armées des États-Unis, a souligné pour sa part la position claire du Catéchisme sur la peine de mort.
Le paragraphe 2267 du Catéchisme de l’Église catholique, révisé sous le pontificat de François, enseigne que la peine de mort est inadmissible à la lumière de l’Évangile, car elle porte atteinte à l’inviolabilité et à la dignité de la personne. Cette formulation magistérielle ne doit être ni dissimulée ni opposée artificiellement à la fidélité aux papes et à la Tradition. L’Église demande tout à la fois une justice réelle et le respect de la dignité humaine.
La justice n’est pas une mise en scène de la vengeance
Le projet d’une retransmission pose une question supplémentaire : quel bénéfice moral ou judiciaire y aurait-il à inviter le public à regarder mourir un condamné ? Une société peut légitimement incarcérer les auteurs de crimes graves et assurer la sécurité de ses citoyens. Elle se déshonore lorsqu’elle confond sanction et spectacle.
La ligne catholique doit être ferme. Il faut honorer la mémoire des personnes assassinées à Fort Hood, soutenir leurs proches et refuser les crimes de masse. Il faut aussi rappeler que le criminel demeure une personne humaine placée devant la justice des hommes et, ultimement, devant celle de Dieu. Le pardon chrétien n’efface pas la responsabilité pénale ; il interdit de faire de l’exécution publique un objet de réjouissance.
La décision annoncée était encore susceptible d’évoluer : le 10 octobre, Donald Trump a déclaré qu’il trancherait la question de la diffusion. Il serait donc inexact de présenter cette retransmission comme irrévocablement décidée.





Conversation des fidèles
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