Au Liban, la crise économique et les conséquences des conflits successifs frappent directement les écoles chrétiennes. Selon l’Aide à l’Église en détresse, des familles ne peuvent plus considérer les frais de scolarité comme une dépense prioritaire lorsqu’elles ne savent même pas si elles pourront nourrir leurs enfants.
Des écoles catholiques maintenues à bout de bras
L’AED soutient actuellement près de 13 500 élèves et plus de 1 000 enseignants dans environ 170 écoles au Liban. Ce soutien est devenu vital depuis l’effondrement bancaire et l’appauvrissement massif d’une partie de la population.
La situation ne se limite plus aux difficultés financières ordinaires. Les déplacements de population, les destructions et l’insécurité ont désorganisé la scolarité dans plusieurs régions. Certaines écoles ont dû poursuivre les cours à distance ; d’autres ont rouvert malgré un contexte très fragile.
L’école chrétienne, un enjeu de présence
Au Liban, une école chrétienne n’est pas seulement une institution pédagogique. Elle contribue à maintenir les familles sur place, forme des générations entières et constitue souvent un lieu de rencontre entre communautés. Beaucoup accueillent des élèves chrétiens comme musulmans.
Lorsque ces établissements ferment, ce n’est donc pas seulement une classe qui disparaît. C’est aussi une part du tissu chrétien du pays qui se fragilise, avec le risque d’accélérer encore l’émigration des familles et des enseignants.
Une crise qui menace les vocations éducatives
L’AED insiste aussi sur la nécessité de maintenir les salaires des enseignants. Le Liban a déjà perdu de nombreux professionnels qualifiés par l’émigration. Si les professeurs quittent à leur tour le pays, reconstruire durablement un réseau scolaire de qualité deviendra encore plus difficile.
Le drame est simple à comprendre : une famille qui hésite entre payer l’école et acheter de quoi manger ne dispose pas d’un véritable choix. La charité catholique doit donc ici prendre une forme très concrète : soutenir les établissements, les enseignants et les parents pour empêcher que la pauvreté n’arrache les enfants à l’éducation.
Les chrétiens d’Orient ont besoin de racines, pas seulement de secours d’urgence
Depuis des années, les catholiques occidentaux parlent de la survie des chrétiens d’Orient. Mais cette survie passe aussi par des institutions quotidiennes : paroisses, écoles, œuvres sociales, familles capables de rester au pays.
Il faut aider sans naïveté mais avec fidélité. Le Liban ne sera pas sauvé uniquement par des déclarations diplomatiques. Il le sera aussi par des communautés chrétiennes capables de transmettre la foi, la culture et le savoir à leurs enfants.
Soutenir une école chrétienne libanaise, c’est donc bien plus que payer une facture. C’est défendre la possibilité pour les chrétiens de rester enracinés dans une terre où leur présence est ancienne et précieuse.





Conversation des fidèles
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