Un jeune catholique palestinien venu de Ramallah à Lourdes pour voir le pape Léon XIV affirme avoir passé 37 heures en garde à vue après avoir déployé un drapeau palestinien sur le parcours pontifical. Son récit, recueilli par Terre Sainte Magazine puis relayé par cath.ch, appelle à la fois prudence sur les faits judiciaires et fermeté sur un point essentiel : un chrétien de Terre sainte ne doit pas être réduit à un soupçon à cause de son origine nationale.
Un pèlerin venu dire merci à l’Église
Le jeune homme, désigné sous le prénom d’emprunt Abdel-Massih, enseigne le français à Ramallah. Selon son témoignage, il s’était rendu à Lourdes le 26 septembre pour le pèlerinage du pape Léon XIV. Son intention, dit-il, était religieuse : prier, remercier l’Église qui l’a accompagné en Palestine et faire voir au Saint-Père que les chrétiens palestiniens étaient présents auprès de lui.
Il raconte avoir été contrôlé par la police alors qu’il se trouvait près des barrières à l’entrée du sanctuaire. Ses papiers auraient été vérifiés et son sac fouillé. Toujours selon son témoignage, il aurait ensuite demandé s’il pouvait déployer son drapeau au passage du pape et aurait reçu l’autorisation d’un agent. C’est au moment où il l’aurait ouvert que plusieurs policiers seraient intervenus et l’auraient menotté.
Une garde à vue dont le récit doit être établi avec précision
Le point le plus grave du témoignage est la durée annoncée de la garde à vue : 37 heures. Abdel-Massih dit que son téléphone et ses réseaux sociaux ont été examinés. Il affirme également qu’une obligation de quitter le territoire français lui aurait été présentée, document qu’il aurait refusé de signer en demandant un avocat.
Ces éléments proviennent de son témoignage et ne doivent pas être transformés en certitudes judiciaires au-delà de ce qui est établi publiquement. C’est précisément parce qu’une telle affaire est sensible qu’elle exige de distinguer le fait confirmé, le récit du principal intéressé et ce qui reste à documenter.
Un chrétien palestinien n’est pas un étranger à l’Église
Le jeune homme dit avoir été profondément blessé par les cris de « terroriste » entendus autour de lui. Cette scène, si elle est confirmée dans toute son ampleur, est profondément indigne. L’Église catholique est universelle. Elle ne demande pas aux fidèles de renier leur peuple pour entrer dans la communion catholique.
Les catholiques palestiniens ne sont pas une abstraction géopolitique. Ils sont des baptisés enracinés dans la terre où le Christ a vécu, où les apôtres ont prêché et où l’Église est née. Leur situation réclame de la part des catholiques de France un regard chrétien, et non les réflexes simplistes que la polarisation politique impose trop souvent.
Le père Firas Abedrabbo, prêtre du Patriarcat latin de Jérusalem, a publiquement réagi en demandant si le fait de se dire Palestinien était en train de devenir suspect. Sa question touche un point juste : la dignité d’un chrétien ne peut dépendre de l’acceptabilité politique du drapeau qu’il porte.
Notre-Dame de Lourdes ne trie pas les peuples
Après sa sortie de garde à vue, Abdel-Massih dit être allé prier à la grotte. C’est peut-être là que se trouve la partie la plus chrétienne de cette histoire. Il n’a pas raconté une revanche, mais une gratitude : Notre-Dame de Lourdes, dit-il, a accompagné sa vie de chrétien palestinien.
Pour nous, catholiques, la leçon est claire. La prudence politique est légitime, la sécurité d’un déplacement pontifical est nécessaire, mais aucune politique de sécurité ne doit conduire à regarder un frère catholique comme suspect par nature. La France peut et doit protéger le pape Léon XIV avec sérieux ; elle doit tout autant veiller à ce que la dignité des pèlerins soit respectée.
La vérité complète sur cette interpellation doit être recherchée sans slogans. Mais une chose ne souffre aucune ambiguïté : les chrétiens de Terre sainte n’ont pas à devenir invisibles pour être reçus comme membres de l’Église.





Conversation des fidèles
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