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Inde : un village refuse terrains, sépultures et réunions de prière aux chrétiens

À Punpalli, au Chhattisgarh, une assemblée villageoise a décidé de refuser des terrains aux chrétiens pour les églises, les sépultures et certaines réunions religieuses. Une mesure locale dont la légalité est désormais en question.

Inde : un village refuse terrains, sépultures et réunions de prière aux chrétiens

À Punpalli, dans le district de Sukma au Chhattisgarh, une assemblée villageoise spéciale a adopté une résolution particulièrement inquiétante pour les chrétiens : aucune parcelle relevant de la Gram Sabha ne devrait être attribuée pour des sépultures chrétiennes, des églises, des réunions de prière ou des rassemblements religieux. Un avis local vise aussi l’entrée de pasteurs, prêtres et prédicateurs chrétiens pour certaines activités religieuses.

Une décision locale, pas une loi nationale

La précision est indispensable. Il ne s’agit pas d’une nouvelle loi de l’Inde, ni même d’une loi de l’État du Chhattisgarh, mais d’une résolution prise à l’échelle du village de Punpalli. Selon le Times of India, la décision invoque notamment l’article 244(1) de la Constitution, le Cinquième Annexe et le régime PESA, qui accorde des pouvoirs importants aux assemblées villageoises dans certaines zones tribales.

Mais le cœur du problème est précisément là : ces pouvoirs destinés à protéger les coutumes et les ressources communautaires peuvent-ils être utilisés pour exclure des habitants en raison de leur foi ? Les autorités doivent examiner la légalité de la résolution, et plusieurs articles de presse indiens soulignent déjà que son application pourrait entrer en tension avec les garanties constitutionnelles de liberté religieuse et d’égalité.

Les chrétiens visés dans les actes les plus élémentaires

La portée symbolique de la mesure est grave. Il ne s’agit pas seulement de limiter des constructions. La résolution touche des actes fondamentaux de la vie chrétienne : enterrer les morts, se réunir pour prier, construire un lieu de culte, recevoir un ministre religieux.

Pour un catholique, il est impossible de banaliser cela. Une communauté à qui l’on refuse jusqu’à la possibilité d’inhumer ses morts selon sa foi est une communauté placée sous pression. Et lorsqu’un village envisage d’interdire l’accès à des prédicateurs chrétiens au seul motif d’activités religieuses, on franchit une ligne dangereuse entre la protection des traditions locales et l’entrave à la liberté de conscience.

Le contexte du Bastar impose la vigilance

Le district de Sukma se trouve dans une région où les tensions autour des conversions, de l’identité tribale et des pratiques funéraires sont anciennes. En janvier 2025 déjà, la Cour suprême indienne avait dû intervenir dans un litige concernant l’inhumation d’un chrétien tribal au Chhattisgarh.

Cette réalité ne doit pas être simplifiée. Les autorités locales invoquent la défense de la culture tribale et des usages communautaires. Mais aucune tradition ne peut justifier que l’on retire à un homme son droit de prier Dieu, de recevoir un prêtre ou de donner une sépulture digne à ses proches.

La liberté religieuse n’est pas réservée aux majorités

L’Église catholique enseigne que la foi ne peut être imposée, mais elle affirme tout aussi fermement le droit de chaque personne à ne pas être empêchée d’agir selon sa conscience religieuse dans les limites du juste ordre public. Ce principe vaut pour tous, et il vaut donc aussi pour les chrétiens minoritaires en Inde.

Il serait facile de transformer cette affaire en slogan anti-indien. Ce serait une faute. L’Inde est un immense pays, traversé par des traditions, des langues et des religions nombreuses. Mais précisément parce que sa Constitution proclame des libertés fondamentales, toute décision locale qui paraît exclure une communauté en raison de sa foi doit être examinée avec une extrême rigueur.

À Punpalli, les autorités compétentes devront dire clairement jusqu’où peut aller une Gram Sabha. Pour notre part, la ligne est nette : les chrétiens ne doivent pas être traités comme des citoyens de second rang. La liberté religieuse ne peut être tolérée seulement tant qu’elle reste invisible.

Sources principales

Conversation des fidèles

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