Le cardinal Pietro Parolin a rappelé devant l’Assemblée générale des Nations unies que la dignité humaine impose de protéger la vie « de la conception jusqu’à la mort naturelle ». Le secrétaire d’État du Saint-Siège s’exprimait le 26 septembre à New York lors du débat général de la 81e session de l’ONU.
Son intervention a replacé la question de la vie humaine dans un cadre plus large : liberté religieuse, persécution des chrétiens, intelligence artificielle, guerres, désarmement et responsabilité politique. Le fil conducteur est clair : aucun progrès technique, diplomatique ou économique ne peut être considéré comme véritable s’il traite la personne comme une donnée, un instrument ou une variable d’ajustement.
La vie humaine n’est pas concédée par l’État
Parolin a insisté sur une vérité que l’Église ne cesse de rappeler : la dignité de l’homme ne dépend ni de son utilité sociale, ni de son état de santé, ni de sa productivité. De cette dignité découle la protection due aux plus vulnérables, notamment aux enfants à naître, aux personnes âgées, malades ou handicapées.
Dans le contexte européen, où l’avortement et l’euthanasie sont souvent présentés comme des conquêtes de liberté, cette parole du Saint-Siège tranche avec le langage dominant. La liberté ne devient pas plus humaine lorsqu’elle se transforme en pouvoir de supprimer la vie innocente ou fragile.
Liberté religieuse et chrétiens persécutés
Le cardinal a également rappelé l’importance de la liberté religieuse, en dénonçant les discriminations et violences qui frappent encore les chrétiens dans de nombreuses régions du monde. Le Saint-Siège ne demande pas un privilège confessionnel : il affirme qu’une société qui tolère la persécution d’une communauté finit toujours par affaiblir les libertés de tous.
Ce rappel rejoint directement l’actualité de pays comme le Nigeria, le Nicaragua ou plusieurs régions du Moyen-Orient, où la présence chrétienne reste soumise à de fortes pressions.
L’intelligence artificielle ne peut décider de tuer
Autre point particulièrement fort : les armes létales autonomes. Parolin a souligné que la décision d’employer une force mortelle ne peut être abandonnée à des mécanismes automatisés et opaques. La responsabilité morale et juridique doit rester humaine.
Ce principe devrait aller de soi. Pourtant, la course technologique pousse les États à déléguer toujours davantage la décision à des systèmes capables d’identifier, sélectionner et frapper des cibles. Pour la doctrine catholique, la technique demeure un instrument : elle ne peut recevoir une souveraineté morale sur la vie humaine.
Paix, vérité et justice
Le secrétaire d’État a enfin dénoncé l’illusion selon laquelle la force suffirait à garantir la paix. Il a renouvelé les appels du Saint-Siège à la diplomatie en Ukraine et au Proche-Orient, tout en rappelant la protection due aux civils et le respect du droit international humanitaire.
Cette intervention mérite d’être lue comme un ensemble cohérent. Défendre l’enfant à naître, le malade, le réfugié, le chrétien persécuté ou le civil pris sous les bombes procède d’un même principe : aucune personne ne perd sa dignité parce qu’elle est faible, gênante, dépendante ou sans pouvoir.
Dans un monde qui parle beaucoup de droits mais hésite à reconnaître le premier d’entre eux, celui de vivre, la parole du Saint-Siège garde une netteté salutaire.
Sources principales
Vatican.va — discours du cardinal Pietro Parolin à l’Assemblée générale de l’ONU
Vatican News — compte rendu du discours à l’ONU





Conversation des fidèles
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