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Le Vatican confirme la culpabilité de Carlos Miguel Buela et impose un renouveau à l’IVE

Le Vatican confirme la responsabilité canonique du père Carlos Miguel Buela pour des abus contre plusieurs personnes et demande à l’IVE un profond travail de renouvellement.

Le Vatican confirme la culpabilité de Carlos Miguel Buela et impose un renouveau à l’IVE

Le Saint-Siège a confirmé, à l’issue de procédures canoniques de première instance et d’appel, la responsabilité du père Carlos Miguel Buela, fondateur de l’Institut du Verbe Incarné (IVE), pour des faits commis avec violence contre plusieurs personnes. La décision, rendue publique fin septembre, ouvre une nouvelle étape pour l’IVE et les Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará, désormais appelés à un travail de purification institutionnelle et de relecture de leur charisme.

Le communiqué du Vatican est précis : les tribunaux ecclésiastiques ont acquis la « certitude morale » quant à la responsabilité du fondateur pour un délit contre le sixième commandement, conformément au canon 1395 §2. Le père Buela, prêtre argentin décédé en 2023, ne peut donc plus être présenté comme une figure dont les accusations resteraient simplement controversées ou indéterminées.

Une clarification présentée comme un acte de justice

Le Saint-Siège explique que cette décision vise d’abord à rétablir la vérité et à rendre justice aux personnes qui ont subi un préjudice du fait de la conduite du fondateur.

Cette formulation est importante. L’Église ne peut défendre son honneur en minimisant les fautes de ses membres. Elle le défend en disant la vérité, en protégeant les victimes et en exerçant la justice canonique lorsque les faits sont établis. La fidélité à l’Église n’exige jamais de couvrir un coupable ; elle exige au contraire de distinguer l’institution sainte fondée par le Christ des péchés commis par ses membres.

Distinguer le charisme du fondateur

Le communiqué appelle les deux instituts à relire leur charisme, leur spiritualité, leur formation et leur apostolat. Le but est de distinguer ce qui peut réellement être reçu comme un don au service de l’Église de ce qui provient des limites ou des comportements personnels du fondateur.

Cette distinction est doctrinalement saine et pastoralement indispensable. L’Église n’enseigne pas qu’une œuvre religieuse devient nécessairement illégitime parce que son fondateur a gravement péché. Mais elle ne permet pas davantage qu’un fondateur soit sacralisé au point d’empêcher tout discernement, toute correction ou toute réforme.

Une longue intervention du Saint-Siège

L’Institut du Verbe Incarné est présent dans de nombreux pays et compte des prêtres, religieux, religieuses et laïcs associés. Le Saint-Siège suit pourtant sa situation depuis de nombreuses années en raison d’accusations d’abus et de difficultés de gouvernement.

Le cardinal Santos Abril y Castelló avait été nommé commissaire pontifical pour la branche masculine. Son mandat a ensuite laissé place à des délégués pontificaux chargés d’accompagner les deux instituts dans les domaines de la formation, de la discipline religieuse, de l’apostolat et du gouvernement.

La décision actuelle ne tombe donc pas comme une mesure improvisée. Elle s’inscrit dans un processus canonique et institutionnel ancien, désormais arrivé à un point où Rome estime nécessaire de formuler publiquement les conclusions des tribunaux.

Ni déni, ni destruction

Deux tentations doivent être refusées. La première serait le déni : traiter toute accusation comme une attaque contre la Tradition ou contre une œuvre religieuse. La seconde serait de considérer qu’une faute du fondateur suffit à condamner indistinctement tous les membres d’un institut.

La voie catholique est plus exigeante : vérité sur les faits, justice pour les victimes, responsabilité des supérieurs et possibilité d’un authentique renouveau. C’est précisément l’orientation donnée par le Saint-Siège.

Les fidèles attachés à l’IVE ont donc intérêt à recevoir cette décision avec esprit d’Église. La communion avec Rome et l’obéissance aux autorités légitimes ne sont pas des accessoires facultatifs. Elles constituent une garantie contre les dérives de personnalité, les systèmes fermés et les fidélités mal ordonnées.

La prochaine étape sera de voir comment les deux instituts traduiront concrètement les demandes de purification formulées par le Vatican, notamment dans la formation, la gouvernance et la mémoire du fondateur.

Sources principales

Vatican News — Founder of Institutes of the Incarnate Word found guilty of abuse
L’Osservatore Romano — communiqué sur Carlos Miguel Buela
InfoVaticana — conclusions des procédures canoniques

Conversation des fidèles

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