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En Allemagne, Mgr Heiner Koch parle désormais de « première évangélisation »

Mgr Heiner Koch estime qu’en Allemagne il ne faut plus seulement parler de nouvelle évangélisation, mais de première évangélisation, tant la rupture de transmission est profonde.

En Allemagne, Mgr Heiner Koch parle désormais de « première évangélisation »

Le diagnostic posé par Mgr Heiner Koch, archevêque de Berlin, est sévère : dans une large partie de l’Allemagne, il ne s’agit plus seulement de « nouvelle évangélisation », mais de « première évangélisation ». Dans une homélie prononcée à Fulda lors de l’assemblée de la Conférence épiscopale allemande, le prélat a comparé la situation allemande à la ferveur observée quelques jours plus tôt lors du voyage du pape Léon XIV en France.

Mgr Koch s’est demandé combien de personnes participeraient à une célébration pontificale à Berlin. Derrière cette interrogation se trouve un constat plus profond : une part croissante de la population allemande n’a jamais eu de contact personnel avec la foi catholique et ne peut donc pas être simplement « réévangélisée ».

Quand la transmission familiale disparaît

L’archevêque de Berlin identifie d’abord l’effondrement de la transmission de la foi dans les familles. Dans de nombreux foyers, plusieurs générations ont vécu sans pratique ecclésiale régulière, sans catéchèse structurée et parfois sans baptême des enfants.

Ce phénomène change profondément la mission de l’Église. On ne peut plus supposer que les mots « Dieu », « péché », « grâce », « salut », « sacrement » ou « résurrection » aient le même sens pour tous. Là où la culture chrétienne a disparu, il faut recommencer par l’annonce élémentaire : Jésus-Christ est Seigneur, il est mort et ressuscité pour le salut des hommes, et l’Église a reçu mission d’annoncer cette vérité au monde.

Un diagnostic juste, mais qui appelle aussi un examen de conscience

Mgr Koch cite également une société dans laquelle Dieu semble absent du quotidien, ainsi que le scandale du mal et de la souffrance. Ce sont des obstacles réels. Mais le diagnostic ne peut s’arrêter aux causes extérieures.

Une Église qui veut évangéliser doit aussi se demander si elle a annoncé assez clairement ce qu’elle croit. Lorsque la doctrine est présentée comme incertaine, lorsque la morale catholique semble négociable ou que la vie ecclésiale se réduit à l’administration, aux structures et aux débats internes, l’annonce missionnaire perd sa force.

Le chemin synodal allemand a précisément suscité de fortes tensions sur plusieurs points doctrinaux et disciplinaires. Il serait artificiel de prétendre que ces débats n’ont aucun effet sur la perception du catholicisme. Une Église missionnaire n’a pas besoin d’un message adapté à toutes les modes ; elle a besoin d’un message intelligible, charitable et fidèle.

La France comme contraste missionnaire

Mgr Koch a été frappé par les foules rassemblées autour de Léon XIV en France. La comparaison ne signifie pas que la France serait redevenue un pays de pratique massive. Elle montre cependant qu’un événement catholique peut encore toucher largement la société lorsque la foi est proposée publiquement, avec une liturgie visible, une parole claire et une présence assumée.

Le renouveau des baptêmes d’adultes en France ces dernières années montre lui aussi qu’une demande spirituelle existe. Le monde sécularisé n’est pas nécessairement un monde indifférent. Il est souvent un monde qui ne connaît plus le christianisme autrement que par des clichés.

La première évangélisation exige la clarté de la foi

Parler de « première évangélisation » est donc juste si l’on en tire toutes les conséquences. La mission ne consiste pas à entretenir une présence institutionnelle minimale. Elle consiste à conduire les âmes au Christ, à annoncer la conversion, à enseigner la foi, à célébrer dignement les sacrements et à former des familles chrétiennes capables de transmettre ce qu’elles ont reçu.

Le témoignage chrétien peut reconnaître les doutes, la souffrance et les questions de nos contemporains. Mais il ne peut pas se réduire au doute lui-même. On n’évangélise pas en présentant l’incertitude comme horizon. On évangélise en confessant humblement une vérité reçue, qui dépasse celui qui l’annonce.

La situation allemande est grave, mais elle peut aussi devenir une occasion de purification. Quand les habitudes culturelles disparaissent, il ne reste plus que l’essentiel. Et l’essentiel, pour l’Église, n’est ni la puissance sociale ni le poids administratif : c’est Jésus-Christ, transmis fidèlement dans la communion de l’Église universelle et sous l’autorité du pape.

Sources principales

DOMRADIO.DE — homélie de Mgr Heiner Koch à Fulda
InfoCatólica — compte rendu de l’intervention de Mgr Koch

Conversation des fidèles

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