Réunis lors de leur assemblée générale annuelle, plusieurs responsables de mouvements de jeunesse ont exprimé leurs inquiétudes concernant les difficultés psychologiques rencontrées par les jeunes fidèles. Selon un reportage publié ce mercredi 28 octobre par l'AMECEA, des représentants de deux diocèses ont notamment signalé une série de décès par suicide, conduisant les participants à réclamer davantage d'actions concrètes de la part des paroisses et des responsables ecclésiastiques.
Les chiffres communiqués lors de cette rencontre sont particulièrement douloureux ! Musakanya Phiri, responsable de la jeunesse catholique dans le diocèse de Chipata, affirme que huit jeunes sont morts par suicide depuis le début de l'année 2026. Certains étaient des membres actifs des mouvements de jeunesse paroissiaux. Dans le diocèse de Kabwe, son homologue Vararian Kunda évoque pour sa part environ six décès parmi les jeunes catholiques, sans que la période exacte soit précisée dans le reportage. Ces données proviennent des responsables locaux et n'ont pas été présentées comme un bilan national officiellement vérifié.
Mais pourquoi autant de jeunes semblent-ils traverser de telles difficultés ? Robbert Miti, président national de la jeunesse catholique zambienne, a notamment évoqué le chômage, le sentiment de rejet et l'absence de personnes de confiance à qui parler. Selon lui, certains jeunes se retrouvent isolés face à leurs problèmes personnels, familiaux ou professionnels, sans savoir vers qui se tourner. D'autres questions ont également été abordées pendant la rencontre, notamment les grossesses précoces et les mariages à un jeune âge. Mais c'est bien la santé mentale qui est apparue comme l'une des préoccupations les plus urgentes.
Face à cette situation, les représentants catholiques demandent une mobilisation plus importante de l'Église ! Robbert Miti propose notamment de développer des campagnes de sensibilisation à la santé mentale au sein des petites communautés chrétiennes, puis dans les paroisses et les diocèses. Il souhaite également la mise en place de rencontres, de formations et d'espaces de parole où les jeunes pourraient évoquer leurs difficultés sans craindre d'être jugés. Les responsables de Chipata et de Kabwe demandent également aux évêques de se rendre plus accessibles et de soutenir davantage les initiatives destinées à accompagner les jeunes en souffrance.
L'un des problèmes soulevés concerne précisément le manque de dialogue ! Plusieurs participants estiment que les jeunes ont besoin de personnes capables de les écouter et de prendre leurs difficultés au sérieux, au-delà des seules activités habituelles des groupes paroissiaux. Les intervenants encouragent donc les familles, les responsables de jeunesse et les communautés chrétiennes à collaborer avec des professionnels qualifiés de la santé mentale. Il ne s'agit pas d'opposer la foi aux soins médicaux, mais de permettre aux personnes en difficulté de trouver à la fois une présence humaine, un soutien spirituel et, lorsque cela est nécessaire, une prise en charge spécialisée.
Cette préoccupation avait déjà été exprimée au niveau régional lors de la 21e assemblée plénière de l'AMECEA, organisée à Nairobi au mois de juillet. Des représentants de la jeunesse avaient alors évoqué l'anxiété, la dépression, le harcèlement, le chômage et les difficultés familiales. Mgr Alfred Chaima avait reconnu que la santé mentale devait aussi être prise en compte dans la mission pastorale de l'Église. Il avait encouragé le renforcement des aumôneries et des mouvements de jeunesse, tout en rappelant la place essentielle de la famille dans l'accompagnement des jeunes.
Pour le moment, les représentants catholiques zambiens attendent que leurs propositions débouchent sur des actions concrètes. L'article de l'AMECEA ne fait pas état d'un nouveau programme national déjà adopté par la Conférence épiscopale. Les jeunes souhaitent surtout que leurs alertes soient entendues, afin que les paroisses deviennent des lieux où les personnes confrontées à des difficultés psychologiques puissent trouver une écoute attentive et être orientées vers une aide adaptée.
Sources : AMECEA





Conversation des fidèles
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