Une séquence de la cérémonie d’ouverture de l’année académique 2026-2027 de KU Leuven, organisée le 16 septembre à Louvain, suscite une polémique après la diffusion d’images montrant un passage chanté ou récité en arabe présenté comme coranique. La députée belge Darya Safai (N-VA) a publiquement critiqué ce choix, estimant qu’une université issue de la tradition catholique n’a pas à effacer son identité au nom de l’inclusivité.
KU Leuven confirme sur son site officiel que l’ouverture de l’année académique a eu lieu le mercredi 16 septembre 2026. L’université met surtout en avant le discours de sa rectrice, Severine Vermeire, autour de trois axes — « ambition, authenticité et autonomie » — mais la polémique s’est concentrée sur un autre moment de la cérémonie, largement relayé sur les réseaux sociaux.
Darya Safai dénonce un « reniement culturel »
Dans un message publié le 19 septembre sur X, repris par le média belge 21 News, Darya Safai affirme que « le Coran a été récité » lors de la cérémonie et juge ce geste incompatible avec l’héritage catholique de l’université. Elle parle d’un « reniement culturel » et soutient qu’une institution enracinée dans plusieurs siècles de christianisme européen peut assumer clairement cette histoire sans manquer de respect aux étudiants d’autres religions.
Il faut distinguer ici les faits établis des commentaires. L’existence de la cérémonie et sa date sont confirmées par KU Leuven. La critique de Darya Safai est publique et identifiable. En revanche, LeCatho n’a pas trouvé, dans la présentation officielle de l’université consultée, d’explication détaillée de la séquence litigieuse ni de justification institutionnelle spécifique quant au choix du texte récité. Il serait donc excessif de prêter à KU Leuven une intention qui n’est pas explicitement documentée.
Respect des musulmans ne signifie pas relativisme religieux
Pour un catholique fidèle au concile Vatican II, le débat mérite d’être posé sans caricature. La déclaration Nostra aetate enseigne que l’Église « regarde aussi avec estime les musulmans » et encourage la compréhension mutuelle, la justice, la paix et la liberté. Mais le même texte rappelle aussi que l’Église doit annoncer sans cesse le Christ, « voie, vérité et vie ».
Autrement dit, le respect dû aux personnes et le dialogue avec les croyants d’autres religions n’imposent ni l’indifférentisme ni l’effacement de l’identité chrétienne. Une institution catholique peut accueillir, écouter et dialoguer sans présenter toutes les traditions religieuses comme doctrinalement équivalentes. La charité chrétienne ne consiste pas à nier les différences de foi ; elle exige au contraire de les nommer avec vérité et sans mépris.
Cette distinction est d’autant plus importante qu’une nouvelle note vaticane publiée le 16 septembre 2026 à l’occasion des soixante ans de Nostra aetate rappelle précisément que le dialogue interreligieux doit s’exercer dans le respect, tout en maintenant le témoignage de la foi chrétienne. Le concile n’a donc jamais demandé aux institutions catholiques de devenir religieusement neutres au sens d’une mise entre parenthèses de leur confession.
Une question plus large sur les institutions catholiques européennes
La controverse de Louvain dépasse ainsi le seul épisode viral. Elle touche à une question devenue centrale en Europe : que signifie encore l’adjectif « catholique » pour une université, une école, un hôpital ou une œuvre héritée de l’Église ? S’agit-il d’un simple marqueur historique et culturel, ou d’une identité qui doit rester visible dans la vie de l’institution ?
La réponse ne peut pas être trouvée dans l’hostilité envers les musulmans, pas davantage que dans la dilution de la foi chrétienne. La tradition catholique demande à la fois la clarté doctrinale et la charité envers toute personne. Une université catholique digne de ce nom devrait pouvoir manifester sans complexe la centralité du Christ dans son héritage, tout en accueillant avec justice ceux qui ne partagent pas cette foi.
Reste désormais à savoir si KU Leuven précisera le contexte exact de cette séquence et la logique de programmation qui a conduit à l’intégrer à l’ouverture de l’année universitaire. Une telle explication permettrait de dépasser les réactions virales pour juger le fait sur des éléments complets.





Conversation des fidèles
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