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FRANCE

Violences lycéennes : Mgr Matthieu Rougé appelle à reconstruire la paix

Mgr Matthieu Rougé condamne les violences dans les mobilisations lycéennes et appelle à restaurer l’écoute, l’autorité et une véritable éducation à la paix.

Violences lycéennes : Mgr Matthieu Rougé appelle à reconstruire la paix

Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre et responsable du Conseil pour l’enseignement catholique au sein de la Conférence des évêques de France, a condamné les violences survenues dans le cadre de mobilisations lycéennes et appelé les adultes à aider les jeunes à exprimer autrement leur malaise.

Dans un entretien à Vatican News, l’évêque refuse toute banalisation des incendies, dégradations et affrontements. Il y voit cependant aussi le symptôme d’une inquiétude profonde d’une partie de la jeunesse française, qui peine à se projeter dans l’avenir.

« Une violence destructrice » qui ne peut être acceptée

Mgr Rougé emploie des mots sans ambiguïté : incendier des établissements scolaires, y compris récents, relève d’une forme de violence destructrice qui ne saurait être justifiée. La souffrance ou la colère n’autorisent ni la destruction du bien commun ni l’attaque contre autrui.

Cette fermeté est nécessaire. Une société qui excuse la violence au nom du désarroi finit par abandonner les jeunes à leurs passions au lieu de les éduquer. L’autorité véritable n’humilie pas : elle pose des limites, transmet une règle et ouvre un chemin.

Une crise de sens derrière les affrontements

L’évêque de Nanterre souligne que plusieurs crises s’additionnent dans l’esprit des jeunes : fragilité familiale, inquiétudes sociales et économiques, tensions géopolitiques, peur de l’avenir. Selon lui, certains ne disposent pas encore des mots ou de la maturité nécessaires pour formuler cette détresse autrement que par la violence.

Le diagnostic mérite d’être pris au sérieux. L’école ne peut se réduire à transmettre des compétences techniques. Elle doit aussi former une intelligence, une conscience, un sens du bien commun et de la responsabilité. Lorsqu’une génération ne sait plus pourquoi elle doit se maîtriser, servir et construire, la seule réponse policière, bien que parfois indispensable au rétablissement de l’ordre, ne suffira jamais.

L’enseignement catholique appelé à écouter sans céder

Mgr Rougé invite les établissements, y compris catholiques, à créer des espaces d’écoute et de discussion. Il ne s’agit pas de transformer l’école en lieu de relativisme permanent, mais de permettre à la parole de remplacer le passage à l’acte.

L’éducation catholique possède ici une responsabilité propre : rappeler que la liberté n’est pas l’absence de règles mais la capacité de choisir le bien. Le pape Léon XIV a lui-même appelé la jeunesse française à exercer une liberté responsable et à devenir artisan de paix. Ce langage exigeant est plus respectueux des jeunes que la démission éducative.

La réponse chrétienne à la violence ne consiste donc ni à l’excuser, ni à désespérer de ceux qui la commettent. Elle consiste à restaurer l’autorité, la transmission, la parole et l’espérance — quatre réalités sans lesquelles aucune paix durable n’est possible.

Sources principales

Conversation des fidèles

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