Depuis le 28 septembre, la campagne « Mon corps, mon choix, mes adresses » de REVHO est diffusée sur 130 emplacements dans le métro, le RER et les gares d’Île-de-France. L’association présente cette opération comme un moyen de faire connaître son annuaire de professionnels et structures pratiquant l’IVG. Pour les catholiques, cette campagne pose aussi une question de cohérence sur la neutralité invoquée dans l’espace publicitaire des transports.
REVHO assume une campagne de grande ampleur : affichage dans les transports franciliens, supports numériques, réseaux sociaux et relais auprès de professionnels de santé. Le visuel renvoie vers ivglesadresses.org, présenté comme un annuaire destiné à faciliter l’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
130 emplacements dans les transports franciliens
Selon REVHO, 130 emplacements sont concernés dans le métro, le RER et les gares d’Île-de-France. L’association précise que la campagne a été lancée à l’occasion de la Journée mondiale du droit à l’avortement et qu’elle bénéficie du soutien de l’Agence régionale de santé d’Île-de-France.
Le débat ne porte donc pas sur la réalité de la campagne : elle est revendiquée, chiffrée et décrite par son initiateur. La question politique et culturelle est ailleurs : quels messages sont regardés comme compatibles avec la neutralité des réseaux de transport, et selon quels critères ?
Le précédent du film « Sacré-Cœur »
À l’automne 2025, MediaTransports avait refusé une campagne pour le film Sacré-Cœur. La régie avait alors expliqué que le message revêtait un caractère « confessionnel et prosélyte » incompatible, selon elle, avec le principe de neutralité du service public. Cette décision avait provoqué une vive polémique.
La comparaison avec la campagne actuelle mérite donc d’être posée avec précision, sans exagération : d’un côté, un message explicitement catholique avait été écarté au nom de la neutralité ; de l’autre, un slogan historiquement associé au militantisme favorable à l’avortement est aujourd’hui diffusé massivement dans les mêmes espaces publicitaires. MediaTransports peut avoir des critères juridiques distincts, mais leur cohérence mérite une explication publique.
L’enseignement catholique sur l’avortement demeure inchangé
Pour l’Église catholique, l’enjeu n’est pas seulement celui d’une campagne de communication. Le Catéchisme rappelle au numéro 2271 que l’avortement direct est gravement contraire à la loi morale et que cet enseignement demeure inchangé.
Le pape Léon XIV l’a réaffirmé le 9 janvier 2026 devant le Corps diplomatique : il a dénoncé l’avortement comme une pratique qui « interrompt une vie naissante » et a demandé que la priorité demeure la protection de l’enfant à naître ainsi que le soutien concret aux femmes et aux familles.
La position catholique est donc nette : aucune campagne ne peut rendre moralement bon ce que l’Église considère comme l’élimination d’une vie humaine innocente. Cela n’autorise ni le mépris des femmes confrontées à une grossesse difficile ni l’indifférence à leurs détresses. Au contraire, la défense de l’enfant à naître oblige aussi à soutenir la mère réellement, matériellement et humainement.
Le débat qui s’ouvre est double : celui de la protection de la vie, mais aussi celui d’une neutralité qui ne peut devenir un mot à géométrie variable selon les convictions en présence.





Conversation des fidèles
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