FRANCE

Visite de Léon XIV : plusieurs figures islamistes interdites de paraître à Paris et Saint-Denis

Plusieurs personnes considérées comme radicalisées par les autorités sont visées par des interdictions de paraître à Paris et Saint-Denis pendant la visite de Léon XIV. Le dispositif de sécurité mobilisera 15 000 effectifs.

Visite de Léon XIV : plusieurs figures islamistes interdites de paraître à Paris et Saint-Denis

À la veille de l’arrivée du pape Léon XIV en France, plusieurs personnes considérées comme radicalisées par les autorités font l’objet d’arrêtés ministériels leur interdisant de paraître dans certains secteurs de Paris et de Saint-Denis. Selon une information publiée jeudi 24 septembre par Europe 1, les mesures concernent notamment des imams, des figures proches de la mouvance frériste et des personnes déjà soumises à des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS).

Ces décisions s’inscrivent dans le dispositif exceptionnel mis en place pour le voyage apostolique du Saint-Père, attendu à Paris et Saint-Denis les 25 et 26 septembre. Le ministère de l’Intérieur annonce une mobilisation de 15 000 policiers, gendarmes, militaires de l’opération Sentinelle et forces mobiles pendant ces deux journées.

Des interdictions préventives à Paris et Saint-Denis

D’après Europe 1, les personnes visées ont reçu un arrêté ministériel leur interdisant de se rendre dans certaines zones où Léon XIV doit être présent. Pour certaines d’entre elles, cette restriction peut être accompagnée d’une obligation de pointage quotidien dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie.

Saint-Denis constitue l’un des principaux points de vigilance. Une grande veillée de prière avec les jeunes doit se tenir vendredi soir au Stade de France, avec plus de 80 000 participants annoncés par Europe 1. Le ministère de l’Intérieur indique plus largement qu’environ un million de fidèles et visiteurs sont attendus à Paris sur les deux jours.

L’imam Nourreddine Aoussat parmi les personnes visées

Europe 1 cite notamment le nom de Nourreddine Aoussat, imam franco-algérien déjà concerné par une MICAS. Celui-ci avait fait l’objet d’une polémique après des propos sur les réseaux sociaux évoquant une « fatwa » à propos de l’ancien Premier ministre Gabriel Attal.

Après avoir pris connaissance de son interdiction de paraître, il a dénoncé sur Facebook une mesure qu’il juge « arbitraire » et portant selon lui atteinte à sa liberté de circulation. Il a annoncé son intention de contester l’arrêté devant le tribunal administratif de Paris.

Ces restrictions relèvent de mesures administratives préventives. Elles ne constituent pas, à elles seules, une condamnation pénale et peuvent faire l’objet d’un contrôle par le juge administratif.

Un dispositif de sécurité exceptionnel pour le pape

Le ministère de l’Intérieur a confirmé que la visite de Léon XIV se déroulera sous « haute protection ». Des périmètres de sécurité sont prévus autour des lieux fréquentés par le pape. Les personnes accédant aux zones protégées pourront être soumises à des fouilles et à des palpations de sécurité.

Le ministère précise que la France se trouve actuellement sous la posture Vigipirate « vigilance renforcée ». La Préfecture de police a par ailleurs défini plusieurs périmètres de protection à Paris et Saint-Denis autour des étapes du voyage apostolique.

Mercredi 23 septembre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez indiquait cependant qu’il n’existait pas, à cette date, de « menace caractérisée » spécifiquement dirigée contre la visite du Saint-Père. Les mesures annoncées doivent donc être comprises comme un dispositif de prévention face à un événement rassemblant des foules considérables.

Protéger le Saint-Père et les fidèles est une responsabilité légitime de l’État

Pour les catholiques, il n’y a rien d’excessif à exiger que le pape, les prêtres, les religieux et les centaines de milliers de fidèles attendus puissent prier en sécurité. La liberté religieuse ne se résume pas au droit abstrait de croire : elle suppose que l’on puisse assister à une messe, une veillée ou une procession sans craindre la violence.

La fermeté contre l’islamisme radical ne doit toutefois pas devenir un prétexte à confondre une idéologie politique ou des individus surveillés avec l’ensemble des musulmans. La responsabilité est personnelle, et l’autorité publique doit fonder chaque restriction sur des éléments précis, proportionnés et contrôlables par le juge.

L’Église n’a rien à gagner aux amalgames. Elle a en revanche le devoir de nommer clairement ce qui menace la paix civile, la liberté religieuse ou la sécurité des fidèles. La charité chrétienne n’exige jamais la naïveté ; elle exige la vérité, la justice et le refus de la haine.

Une visite très attendue

Léon XIV doit arriver en France vendredi 25 septembre. À Paris, il est notamment attendu à Notre-Dame, au siège de l’UNESCO et au Stade de France pour la grande veillée avec les jeunes. Une messe en plein air doit ensuite être célébrée le samedi 26 septembre dans le secteur Concorde-Champs-Élysées, où les autorités prévoient plusieurs centaines de milliers de participants.

Après Paris, le pape doit poursuivre son voyage apostolique à Lourdes puis à Metz.

Sources principales

Conversation des fidèles

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