Le 19 juillet 325, dans la cité impériale de Nicée, aujourd’hui Iznik en Turquie, s’ouvrait un événement fondateur pour l’Église universelle : le tout premier concile œcuménique de l’histoire chrétienne. En ce 19 juillet 2025, nous commémorons les 1700 ans de ce moment décisif où la foi catholique a été exprimée solennellement face à l’hérésie arienne, et où l’unité de l’Église a pris une forme visible, doctrinale et disciplinaire.
Le concile fut convoqué par l’empereur Constantin lui-même, récemment converti au christianisme, soucieux d’unifier la foi dans l’Empire, alors miné par la division doctrinale provoquée par les thèses d’Arius, qui niait la divinité du Christ. L’événement eut lieu dans le palais impérial de Nicée, du 19 au 25 juillet 325.
Il ne s’agissait pas seulement d’une réunion locale, mais bien du premier rassemblement de tous les évêques du monde chrétien connu. Environ 220 évêques y participèrent directement, mais d’autres furent représentés par leurs prêtres ou diacres. Le pape Sylvestre Ier, alors évêque de Rome, ne fit pas le déplacement mais envoya deux légats : les prêtres Viton et Vincentius. La présidence effective du concile fut confiée à l’évêque Hozjusz de Cordoue, conseiller spirituel de l’empereur.
Le fruit le plus célèbre du Concile reste bien sûr la formulation du Symbole de Nicée, ce que nous appelons aujourd’hui le « Credo ». Cette profession de foi, d’une clarté doctrinale admirable, affirme que Jésus-Christ est Dieu véritable né de Dieu véritable, consubstantiel au Père (homoousios), et non une créature supérieure ou une émanation.
Ce texte historique proclame :
« Je crois en un seul Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible, Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu Engendré non pas créé, consubstantiel au Père ; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, Il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il monta au ciel; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés.J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir. Amen »
Ce Credo allait devenir la colonne vertébrale de la foi chrétienne. Il sera complété plus tard, en 381, lors du Concile de Constantinople, notamment au sujet du Saint-Esprit. C’est de là que naît le Symbole de Nicée-Constantinople, encore récité chaque dimanche à la Messe.
Autre décision majeure : l’établissement d’une date unique pour la célébration de Pâques. Le Concile fixa la fête de la Résurrection au dimanche suivant la première pleine lune de printemps. Cela permettait à tous les chrétiens de célébrer Pâques ensemble, dans l’unité de la foi.
Mais cette unité liturgique se verra plus tard brouillée par les divergences calendaires : le calendrier grégorien adopté par l’Occident au XVIe siècle et le maintien du calendrier julien par les Églises d’Orient ont fait que Pâques n’est plus célébrée au même moment selon les confessions. Cette fracture date surtout de 1900, lorsque l’écart entre les deux calendriers atteignit 13 jours.
Le Concile adopta également 20 canons, c’est-à-dire des règles disciplinaires concrètes destinées à structurer la vie ecclésiale. Enfin, le concile dut se pencher sur la question de certaines sectes locales, comme les méléciens et les novatiens, aujourd’hui disparues, mais qui divisaient alors l’Église, notamment en Afrique.
Le Concile de Nicée n’est pas seulement un événement du passé. Il reste la pierre angulaire de l’orthodoxie catholique face aux hérésies anciennes et modernes. Le Credo que nous récitons chaque dimanche en est l’écho vivant. L’affirmation de la divinité du Christ, consubstantiel au Père, constitue le cœur battant de la foi chrétienne.
Ce 1700e anniversaire est l’occasion pour les catholiques du monde entier de rendre grâce pour cet acte de l’Esprit-Saint dans l’histoire. Car ce ne sont pas simplement des hommes réunis par un empereur, mais des témoins du Christ qui, sous l’inspiration divine, ont défendu la vérité, proclamé la foi, et posé les fondations doctrinales de l’Église visible.
À une époque où les hérésies prennent souvent un visage souriant et progressiste, où la vérité est relativisée, il est plus que jamais urgent de revenir aux racines solides de Nicée, où le Nom de Jésus-Christ fut proclamé comme Dieu véritable, Sauveur, Juge et Roi des siècles.
Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.






