Lors de sa visite à l’Institut catholique de Paris samedi 26 septembre, le pape Léon XIV a rencontré des catéchumènes et des néophytes dans un lieu marqué par la mémoire des prêtres massacrés en septembre 1792. Cette halte, au cœur de l’ancien couvent des Carmes, remet sous les yeux des catholiques français une page sanglante de la Révolution et, en même temps, la fécondité actuelle de conversions nombreuses.
L’Institut catholique de Paris lui-même rappelle que son campus est lié aux bienheureux martyrs de 1792. Le diocèse de Paris précise que Léon XIV devait se recueillir devant plusieurs figures de saints et bienheureux dans l’ancien couvent des Carmes, où une partie des religieux fut assassinée pendant les massacres révolutionnaires.
Un lieu où des prêtres furent tués pour leur fidélité
Les massacres de Septembre 1792 constituent l’un des épisodes les plus violents de la Révolution française. Dans les prisons parisiennes et notamment aux Carmes, des ecclésiastiques furent tués dans un climat de peur, de haine et de suspicion contre ceux qui refusaient de se soumettre aux exigences révolutionnaires touchant l’Église.
La mémoire catholique ne doit ni instrumentaliser ces morts ni les diluer. Ils appartiennent à l’histoire réelle de la persécution religieuse en France. La croix du jardin de l’Institut, portant le souvenir de ceux qui tombèrent là, n’est pas un décor : elle rappelle qu’une fidélité au Christ peut conduire jusqu’au martyre.
Des martyrs aux catéchumènes : la même question de fidélité
Le contraste est puissant. Dans le même lieu où des prêtres ont versé leur sang, Léon XIV a rencontré des hommes et des femmes demandant aujourd’hui le baptême ou venant de le recevoir.
Dans son discours, le pape s’est dit « émerveillé » par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui sur le seuil de la foi en France. Il a refusé tout défaitisme et demandé que l’Église accompagne sérieusement les nouveaux baptisés, y compris après la réception des sacrements.
Ce phénomène est spirituellement important. Une France marquée par la sécularisation voit pourtant des adultes demander à entrer dans l’Église. Rien ne permet d’en tirer des prophéties faciles sur un prétendu retournement historique imminent. Mais il serait tout aussi faux de minimiser ce mouvement.
Léon XIV demande une formation solide
Le pape a insisté sur plusieurs exigences très concrètes : accompagnement durable, formation biblique et théologique, initiation à la liturgie et découverte de la doctrine morale chrétienne.
Cette insistance est précieuse. Accueillir de nouveaux baptisés ne consiste pas à leur proposer une foi réduite à l’émotion ou à une simple appartenance communautaire. L’Église doit transmettre intégralement ce qu’elle a reçu : Écriture, Tradition, doctrine, liturgie et vie morale.
Léon XIV a également replacé cette mission dans la continuité du concile Vatican II et du renouveau du catéchuménat. Pour un catholique attaché à la Tradition, il n’y a aucune contradiction à recevoir Vatican II dans la continuité du Magistère antérieur : l’enjeu est précisément de transmettre la foi entière, sans rupture fabriquée ni dilution.
La Révolution n’a pas eu le dernier mot
Il serait absurde de réduire toute l’histoire française à l’affrontement entre Révolution et catholicisme. Mais il serait tout aussi malhonnête d’effacer la violence antireligieuse qui a frappé prêtres, religieux et fidèles.
Voir un pape se tenir dans ce lieu en 2026, devant des catéchumènes et néophytes, offre une leçon simple : la persécution peut tuer des hommes, elle ne peut pas supprimer la foi. Les martyrs de 1792 appartiennent au passé ; la grâce qui conduit aujourd’hui de nouveaux adultes au baptême, elle, demeure bien présente.
Une mémoire à transmettre sans haine
Honorer les martyrs ne signifie pas cultiver une rancœur politique deux siècles plus tard. La mémoire catholique n’est pas vengeance. Elle est fidélité à la vérité, prière pour les morts, reconnaissance de leur témoignage et refus de falsifier l’histoire.
Cette visite de Léon XIV rend donc un service à l’Église de France : elle relie la mémoire des persécutions à l’espérance des conversions actuelles. Une Église qui oublie ses martyrs perd une part de sa mémoire ; une Église qui n’accueille pas ses nouveaux baptisés compromet son avenir.






Conversation des fidèles
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