Le père jésuite italien Paolo Gamberini, professeur de théologie à Saint Joseph’s University à Philadelphie, a récemment défendu l’hypothèse selon laquelle l’orientation homosexuelle pourrait être comprise comme une expression de la « surabondance créatrice de Dieu ». Cette thèse, relayée le 25 septembre par New Ways Ministry à partir d’une réflexion publiée par Progetto Gionata, ne correspond pas à la formulation du Catéchisme de l’Église catholique sur l’homosexualité.
Il faut ici être précis. Gamberini ne présente pas son propos comme un nouveau dogme de l’Église. Il propose une hypothèse théologique : puisque la création manifeste une grande diversité, l’homosexualité pourrait, selon lui, être comprise comme l’une des formes de cette diversité voulue par Dieu.
Ce que soutient Paolo Gamberini
Dans le texte relayé par New Ways Ministry, le jésuite critique les approches qui chercheraient nécessairement une « cause négative » à l’homosexualité : péché, défaut, traumatisme ou anomalie. Il affirme que la théologie ne peut pas démontrer un lien causal entre le péché et une condition existentielle non choisie.
Il s’appuie ensuite sur la théologie biblique de la création pour suggérer que la variété des situations humaines peut refléter la richesse de l’action créatrice de Dieu. Sa conclusion reste formulée comme une hypothèse théologique ouverte.
Cette distinction est importante : il serait inexact d’écrire que l’Église catholique aurait changé sa doctrine à la suite de cette réflexion. Il s’agit de la position d’un théologien, non d’un acte du Magistère.
Le Catéchisme demeure sans ambiguïté
Le Catéchisme de l’Église catholique distingue clairement les personnes, l’inclination et les actes. Aux numéros 2357 à 2359, il enseigne que les actes homosexuels sont « intrinsèquement désordonnés », qu’ils sont contraires à la loi naturelle et qu’ils ne peuvent être approuvés.
Le Catéchisme qualifie également l’inclination homosexuelle d’« objectivement désordonnée » tout en précisant immédiatement que les personnes concernées doivent être accueillies avec respect, compassion et délicatesse, et qu’il faut éviter à leur égard toute discrimination injuste.
Enfin, l’Église appelle les personnes homosexuelles, comme tout baptisé selon son état de vie, à la chasteté et à la recherche de la sainteté.
Respect des personnes ne signifie pas réécriture de la doctrine
La ligne catholique est plus exigeante que les caricatures opposées. D’un côté, l’Église refuse le mépris, l’humiliation et la discrimination injuste envers les personnes homosexuelles. Leur dignité ne dépend pas de leur orientation et personne ne peut être traité comme un objet de dérision.
De l’autre, cette exigence de respect ne permet pas de présenter toute forme de désir ou de comportement sexuel comme conforme en elle-même à l’ordre de la création. La morale catholique affirme que la sexualité trouve son sens propre dans l’union de l’homme et de la femme ouverte à la transmission de la vie.
La compassion chrétienne n’est donc pas synonyme d’approbation morale automatique. Elle consiste à aimer la personne, à dire la vérité sans cruauté et à accompagner chacun vers le Christ.
Une thèse théologique ne peut pas remplacer le Magistère
Les théologiens peuvent poser des questions, proposer des hypothèses et explorer des formulations nouvelles. C’est une fonction réelle dans l’Église. Mais leur travail reste distinct de l’enseignement magistériel.
Sur un sujet aussi sensible, cette hiérarchie doit être rappelée. Un article de théologie, même signé par un prêtre et professeur, ne modifie pas le Catéchisme. La doctrine catholique ne change pas par effet de tribune médiatique.
À ceux qui voudraient utiliser les propos de Gamberini pour conclure que l’Église aurait désormais déclaré l’homosexualité en elle-même « voulue par Dieu » au sens doctrinal, il faut répondre simplement : non. À ceux qui utiliseraient la doctrine catholique pour mépriser les personnes homosexuelles, il faut répondre tout aussi clairement : non également. La vérité et la charité ne s’opposent pas.
Le débat devra rester théologique, pas idéologique
Le vrai enjeu est désormais de savoir comment cette hypothèse sera reçue, discutée et éventuellement critiquée par d’autres théologiens et pasteurs. Il faudra distinguer soigneusement l’étude théologique, la pastorale et le Magistère.
Pour les catholiques, le repère demeure sûr : l’enseignement officiel de l’Église, lu dans son intégralité, sans supprimer ni l’exigence morale ni l’obligation absolue de respect des personnes.






Conversation des fidèles
0 commentaire(s)Aucun commentaire pour le moment.
Connecte-toi pour participer à la discussion.