Un document confidentiel de la CIA, déclassifié sous l’administration Trump, lève le voile sur des échanges méconnus entre le Saint-Siège et les services secrets américains au plus fort de la guerre froide. Selon ces archives, certains médias en profitent pour expliquer que les papes Jean XXIII et Paul VI auraient été, à leur insu, au cœur d’une toile d’espionnage tissée par l’ancien directeur de la CIA, John McCone. C’est pour cette raison qu’il est utile de citer également le livre : Les espions du Vatican de Yvonnick Denoel afin de couper l’herbe sous le pied des loups médiatiques qui s’en serviront pour discréditer la Papauté.
Cette analyse met en lumière un fait essentiel : le pontificat de Jean XXIII sonne le glas de l’hégémonie américaine sur le Vatican. Comme le détaille Yvonnick, les services secrets – américains, russes, allemands, français ou italiens – ont multiplié les manœuvres pour influencer l’élection pontificale, espérant y placer des hommes à leur dévotion. Ironie cruelle pour les sédévacantistes, qui persistent à qualifier ces papes d’« illégitimes » : si une fraude électorale avait eu lieu, la CIA, furieuse de voir Rome privilégier la paix et la neutralité au détriment des alliances politiques, aurait certainement exposé ces secrets. Son silence même confirme, a contrario, la régularité des scrutins – malgré les pressions des gouvernements hostiles à cette nouvelle orientation de l’Église.

Alors que la maladie le rattrape, le Pape Jean XXIII, conscient de sa fin prochaine, met en œuvre une ultime initiative pour guider l’Église dans un monde en mutation. Pacem in Terris, son encyclique publiée en avril 1963, marque un tournant : sans renier les condamnations passées du communisme, elle appelle à un dialogue prudent avec les régimes de l’Est, soulignant que l’Église doit « discerner les signes des temps ».
Une diplomatie inédite
Dès mars 1963, le Saint-Père confie à Norman Cousins, via le Père Morlion, une mission délicate : remettre une traduction russe de l’encyclique à Khrouchtchev avant sa publication. Rencontré dans sa résidence balte, le dirigeant soviétique salue les appels au désarmement et à la paix. Trois semaines plus tard, l’Italie vote. Le Parti communiste italien (PCI), s’appuyant habilement sur le texte pontifical, réalise un score historique, fragilisant la Démocratie chrétienne et poussant Rome vers une coalition centriste. La CIA redoute alors un rapprochement Vatican-Moscou, prédisant des relations diplomatiques imminentes.
Les États-Unis s’inquiètent
En mai, John McCone, directeur de la CIA, se présente au Vatican comme émissaire de Kennedy. Arguant du « scandale » causé par Pacem in Terris parmi les catholiques américains, il presse le Pape de rompre tout lien avec l’Est. Jean XXIII, calme, rétorque :
« L’Église commerce les âmes. Son devoir est de protéger ses fidèles, même sous les persécutions. »
Il défend sa vision : promouvoir la justice sociale affaiblit mieux le communisme que les confrontations stériles.
Alarmé, le patron de la CIA, John McCone, sollicite un entretien avec le pape. Grand, mince, austère, le cheveu gris, McCone est un patricien de la plus pure tradition. Il se présente comme émissaire direct du président Kennedy. Il demande au pape de stopper son rapprochement avec le bloc de l’Est. Selon lui les catholiques américains sont très choqués par l’encyclique Pacem in terris. Le résultat des élections italiennes est désastreux pour les partis catholiques. Tout cela peut très mal finir.
Le pape écoute en silence, puis répond que sa perception des affaires du monde ne peut être la même que celle des États-Unis. Sa volonté est de maintenir des relations avec tous les pays et de promouvoir la réforme et la justice sociale partout en Europe et en Amérique latine, ce qui sera la meilleure manière de combattre le communisme. McCone souligne que derrière leur discours conciliant, les communistes persécutent les prêtres catholiques :
– Est-ce que le gouvernement des États-Unis a des sympathies communistes ? demande le pape.
– Bien sûr que non, répond McCone.
– Pourtant, les États-Unis maintiennent des relations diplomatiques avec l’URSS.
– C’est différent. Il y a des raisons pratiques, comme le commerce.
– Eh bien le pape aussi a sa propre forme de commerce. Le commerce des âmes. Il doit penser au bien-être des catholiques d’Europe de l’Est. Il doit œuvrer pour la paix. Tels sont ses motifs pour garder ouverte une ligne de communication avec le monde communiste.
Les espions du Vatican – Yvonnick Denoel – Page 206
Vers un nouvel équilibre
Dès lors, Moscou et le Vatican dialoguent sans intermédiaires. Mgr Capovilla, secrétaire papal, rencontre l’ambassadeur soviétique à Rome. En Pologne, le cardinal Wyszyński alerte le Saint-Siège : le gouvernement communiste sollicite un rapprochement. Mgr Casaroli, envoyé en Hongrie et Tchécoslovaquie, négocie la libération de cinq évêques emprisonnés. En échange, le régime exige le départ du cardinal Mindszenty, réfugié à la légation américaine de Budapest depuis 1956. Ce dernier, ulcéré par la nouvelle diplomatie vaticane, refuse de « fuir », y voyant une capitulation.
L’espoir malgré les ombres
Jean XXIII croit encore possible un rôle médiateur entre Kennedy et Khrouchtchev. Les services américains, sceptiques, décident d’espionner le Vatican, y voyant une source d’informations sur l’Est. À Budapest, le clergé, privé de ressources, dépend des subsides d’un état anticlérical, contraignant nombre de prêtres à collaborer.
Dans cette épreuve, le Pape maintient son credo :
« La paix est un don de Dieu, mais elle se construit par la charité et le courage. »
Malgré les critiques, il persiste, convaincu que l’ouverture, même imparfaite, préserve l’Église derrière le Rideau de fer. Son décès, en juin 1963, interrompt ce chantier — mais laisse un héritage : celui d’un pasteur qui préféra tendre la main plutôt que de fermer les portes.
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