Dans la nuit de ce vendredi 8 août, la ville de Nagasaki est entrée dans un temps de prière ininterrompue. La cathédrale d’Urakami, entièrement reconstruite après avoir été anéantie par la seconde bombe atomique le 9 août 1945, est devenue le centre d’une veillée de 24 heures rassemblant fidèles, responsables religieux et pèlerins venus du monde entier, unis dans un appel à l’abolition des armes nucléaires.
Édifiée à nouveau sur son emplacement d’origine et achevée en 1959, l’église garde la mémoire des milliers de paroissiens qui périrent lors de l’explosion.
À l’occasion de cet anniversaire, l’archevêque de Nagasaki, Mgr Peter Michiaki Nakamura, a accueilli une délégation internationale comprenant notamment quatre hauts responsables catholiques américains : le cardinal Blase Cupich (Chicago), le cardinal Robert McElroy (Washington), Mgr Paul Etienne (Seattle) et Mgr John Wester (Santa Fe). Leur venue s’inscrit dans un « Pèlerinage pour la paix » organisé du 5 au 10 août, en lien avec le Jubilé de l’Espérance célébré par l’Église.
Les cérémonies du vendredi ont inclus un service commémoratif interreligieux pour les victimes, au parc du Hypocentre, situé tout près du point de détonation de la bombe au plutonium surnommée Fat Man, larguée à 11 h 02. Les cloches de la cathédrale ont sonné durant la commémoration, rappelant à tous le chemin parcouru depuis la destruction jusqu’à devenir un symbole mondial de paix.
Le cardinal Cupich, lors d’une intervention le 7 août, a qualifié les bombardements atomiques de 1945 de « profondément viciés », car contraires au principe de la guerre juste qui interdit de viser délibérément des civils. Il a exhorté à former des consciences pour que le meurtre intentionnel d’innocents soit jugé impensable.
De son côté, le cardinal McElroy a réaffirmé la position claire de l’Église, rappelant les paroles de François condamnant sans réserve l’usage des armes nucléaires. Il a mis en garde contre l’illusion que la dissuasion serait une étape vers le désarmement, la qualifiant au contraire d’« impasse ».
Le programme du pèlerinage a compris l’adoration eucharistique continue à la cathédrale, une messe pour la paix le 9 août et une procession aux flambeaux reliant la cathédrale au parc du Hypocentre, signe de l’union entre la reconstruction spirituelle de la ville et le souvenir du drame.
Parallèlement, des universités japonaises et américaines, dont Georgetown, Notre Dame, Loyola Chicago, Sophia (Tokyo) et Nagasaki Junshin Catholic University, ont participé à un symposium intitulé Rencontres et Espérance, consacré à l’éthique catholique et à la question nucléaire. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du partenariat « Pour un monde sans armes nucléaires », qui associe les diocèses de Santa Fe, Seattle, Hiroshima et Nagasaki.






