Alors que l’Église universelle méditait la Passion du Christ, un tribunal pakistanais, le Vendredi saint 18 avril 2025, a prononcé une sentence de mort à l’encontre d’un chrétien protestant, Pervaiz Masih, accusé de « blasphème« . Cette décision intervient dans un pays où la persécution contre les disciples du Christ s’exerce de façon de plus en plus décomplexée, au nom d’une législation islamique liberticide.
L’affaire remonte à août 2023, lors des graves émeutes survenues dans la région de Jaranwala. Le nom de Pervaiz Masih avait alors été mêlé à des accusations de blasphème, qui auraient, soi-disant, provoqué les violences. Il aurait rédigé un contenu jugé offensant envers l’islam, ce qui a suffi à déclencher les représailles habituelles : incendies d’églises, destructions de maisons chrétiennes, pillages et humiliations en série. Plus de 80 foyers chrétiens furent saccagés, plusieurs églises ravagées, et des centaines de familles plongées dans la misère. À ce jour, la majorité des coupables musulmans circulent en toute liberté, certains même déjà blanchis par une justice dévoyée.
La sentence infligée à Masih est accablante : la peine capitale sous l’article 295-C du Code pénal, assortie d’une peine de dix années de prison pour « incitation à la haine religieuse« , et d’une amende de 3 millions de roupies (31 000 €). Les chefs d’accusation utilisés couvrent quasiment toutes les dispositions de la loi islamique sur le blasphème, y compris la conspiration, la profanation du Coran, les actes prétendument terroristes et l’insulte au prophète de l’islam.
Deux autres chrétiens, Daud William et Shahid Aftab, également poursuivis, ont été acquittés faute de preuves suffisantes. Tous deux étaient accusés d’avoir aidé Masih dans la rédaction du texte jugé blasphématoire, et d’avoir fabriqué de fausses accusations à l’encontre de deux frères musulmans. Leur avocat, maître Nadeem Hassan, a salué la décision, soulignant que rien ne prouvait leur implication directe. Malgré tout, l’acharnement judiciaire contre ces chrétiens, parents ou proches de l’accusé principal, reste une illustration du climat oppressant que subit la minorité chrétienne au Pakistan.
Du côté chrétien, cette sentence a soulevé l’indignation. Un pasteur de l’Église protestante du Pakistan a déclaré que cette condamnation, tombée en pleine Semaine sainte, est vécue comme « un triste cadeau de Pâques » envoyé par le gouvernement du Pendjab aux chrétiens. De nombreux fidèles ont rappelé l’absence totale de justice pour les victimes chrétiennes des violences de 2023. Les auteurs de ces attaques, bien identifiés, ne sont pour la plupart ni inquiétés ni jugés. Sur plus de 5 000 suspects recensés par Amnesty International, à peine 380 ont été arrêtés. Et parmi eux, 228 ont déjà été libérés sous caution, tandis que 77 autres ont vu les charges abandonnées.
À l’heure où les victimes attendent toujours réparation, près de 40 % de ceux qui ont perdu leurs biens n’ont touché aucun centime des indemnisations promises. Khalida Bano, une chrétienne de Jaranwala, témoigne :
« Notre maison est en ruine, mon mari est au chômage depuis des mois à cause de la stigmatisation. Certains ont reçu les deux millions de roupies promis par le gouvernement. Nous, rien. »
L’indignation s’étend aussi aux défenseurs des droits chrétiens, à l’image de Ghazala Shafique, militante à Karachi, qui a posé la question qui dérange :
« Pourquoi la justice se montre-t-elle aussi zélée contre un chrétien accusé, alors que ceux qui ont incendié nos églises et détruit nos maisons se promènent librement ? » L’impunité semble être devenue la règle pour les agresseurs islamistes.
L’avocat Akmal Bhatti, président de Minorities Alliance Pakistan, dénonce une justice sélective : seule une douzaine d’agresseurs, parmi les plus de 300 initialement arrêtés, comparaît actuellement devant les tribunaux antiterroristes. Il accuse les autorités d’avoir volontairement saboté les enquêtes policières pour éviter des condamnations sérieuses.
Ce n’est pas la première fois que des chrétiens subissent ce type de persécution. En janvier, quatre autres Pakistanais ont été condamnés à mort pour avoir publié sur les réseaux sociaux des messages jugés « irrespectueux » envers l’islam. Depuis l’instauration des lois sur le blasphème dans les années 1980, toute expression religieuse contraire à l’islam est criminalisée. Et ces lois sont souvent détournées à des fins personnelles : vengeance, jalousie, conflits de voisinage…
Amnesty International le rappelle :
« L’inaction flagrante des autorités alimente un climat d’impunité autour des violences antichrétiennes. »
Le silence complice du pouvoir pakistanais, l’abandon des familles chrétiennes dans la détresse, et la répression sanglante de ceux qui osent parler au nom de leur foi… tout cela devrait réveiller la conscience des nations occidentales, si tant est qu’il leur reste encore une parcelle de dignité morale.
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