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La mission divine de la France

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La mission divine de la France est d'accomplir les gestes de Dieu "Gesta Dei per Francos". Chaque Nation, comme chaque individu, est chargée d'une mission a dit Joseph de Maistre.

La mission divine de la France est d’accomplir les gestes de Dieu « Gesta Dei per Francos« . Chaque Nation, comme chaque individu, est chargée d’une mission a dit Joseph de Maistre.

Et le grand philosophe d’ajouter :

 » Le châtiment des Français sort de toutes les règles ordinaires et la protection accordée à la France en sort aussi ; mais ces deux prodiges réunis se multiplient l’un par l’autre et présentent un de ses spectacles les plus étonnants que l’oeil humain ait jamais contemplé. « 

Strabon, le grand Géographe de l’Antiquité, semble l’avoir pressenti quand il écrit de la Gaule :

«  Personne ne pourrait douter en contemplant cette œuvre de la Providence qu’elle n’ait disposé ainsi ce Pays avec intention et non au hasard « 

En effet, Dieu a toujours préparé Ses voies. De toute éternité, dans Sa prescience des événements, Il avait jeté Son dévolu sur notre pays et choisi notre peuple pour succéder au peuple Juif et remplir, pendant l’ère chrétienne, la mission divine qui avait été assignée à ce dernier sous l’Ancien Testament.

Cette mission a été et demeure la plus glorieuse, assurément, de toutes celles qu’Il a jamais confiées à une nation.

Aussi, parce que cette mission en raison même de son importance fera encourir fatalement à la France les assauts répétés de l’Enfer déchaîné, va-t-Il, dans Sa prescience des événements, lui donner un protecteur d’autant plus puissant que les attaques infernales seront plus farouches. Il choisit alors le plus puissant et le premier de tous les Anges, le Chef de toutes les Milices Célestes, le grand vainqueur de Satan : Saint Michel, qui est associé à toutes les grandes pages de notre histoire, inspira personnellement notre Jeanne d’Arc et lui déclara :

 » Je suis Michel, le Protecteur de la France « .

Déjà, les peuplades de la Gaule croyaient à l’immortalité de l’âme et méprisaient la mort et, bien avant la naissance du Christ, avaient le culte de la Vierge qui devait enfanter le Sauveur du Monde, culte que Notre-Dame de Chartres a continué en le christianisant.

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Dans la lutte engagée entre Vercingétorix et César cinquante ans avant l’avènement du christianisme ne peut-on voir encore l’un des signes de la prédestination de notre pays, dont le jeune chef inflige à Rome (c’est-à-dire au paganisme officiel) la sanglante défaite de Gergovie ? Éphémère victoire, sans doute, puisque l’héroïque chef gaulois est vaincu en définitive et que, magnanimement pour sauver son peuple des représailles romaines, il s’offre en holocauste, est traîné en esclave derrière le char de César et est égorgé à Rome dans cette prison Mamertine où, un siècle plus tard, le premier Vicaire du Christ, saint Pierre, sera crucifié.

Autre marque de la prédestination de notre Pays : le seul être qui ait volontairement apporté un soulagement matériel au Divin Maître au cours de sa Passion, Véronique, n’était-elle pas une Gauloise, originaire de Bazas ? Le premier converti du Sacré-Cœur, qui fut aussi le premier à oser proclamer la divinité du Sauveur, Longin, n’était-il pas gaulois lui aussi ? N’est-il pas logique, puisque notre Patrie a une mission divine à remplir, que Dieu ait voulu que ce soit une femme de chez nous qui transmît au monde entier l’image de sa Sainte Face et qu’un soldat de notre Pays ouvrît son cœur adorable d’où devaient jaillir tous les trésors de grâce, d’amour et de résurrection qui, depuis lors, ne cessent d’embraser les âmes droites et qui doivent les irradier davantage encore à l’approche des derniers temps.

Ajoutons encore qu’en mourant, Notre-Seigneur regardait du côté de l’Occident, et que, le jour de son Ascension glorieuse en montant au ciel, Son regard se portait toujours du même côté, comme s’Il avait voulu unir dans un même geste d’amour suprême Rome et notre France, Son Église et Son Royaume de prédilection.

Enfin, les premiers Évangélistes qui apportent à la Gaule « la bonne Nouvelle » sont Madeleine, Marthe et Lazare.

Lazare, image de la résurrection de la France. Madeleine, la grande pécheresse, mais l’âme au grand repentir et au grand amour qui symbolise à l’avance notre France pécheresse d’aujourd’hui, et notre France repentante et amoureuse de demain ; Madeleine, que le Christ a sauvée d’un regard et pour laquelle Il eut une toute particulière et tendre affection.

En donnant à notre Pays Ses amis de dilection, le Sauveur pour la première fois lui donnait Son Cœur. De son côté, la Vierge Immaculée voulut également manifester avec éclat l’amour dont Son Cœur débordait pour notre Pays. A ces Amis de dilection que Son Fils envoie en Gaule, Elle confie ce qu’Elle a de plus sacré au monde, le corps de Sa Mère, Sainte Anne, pour qu’ils le déposent dans notre sol, pour bien montrer qu’Elle considérait que notre Peuple était plus capable qu’aucun autre de La remplacer sur terre pour entourer cette tombe si chère de respect, de vénération et d’amour.

Puis, si l’on en croit le Martyrologe Romain, le Pape saint Clément envoie dans notre pays Denys de l’Aréopage, converti par saint Paul et qui a assisté la Vierge à ses derniers moments. Denys s’installe à Lutèce et fait de nombreuses conversions.

Après plusieurs arrestations et supplices, il est décapité avec quelques autres Chrétiens, sur la Colline de Mars, appelée depuis lors Mons Martyrum ou Montmartre, et enseveli à Saint-Denis. Ses restes furent, de tout temps, l’objet d’une vénération particulière, et il y a bien peu d’événements de notre Histoire auxquels l’Abbaye de Saint-Denis ne soit mêlée.

La Basilique est le sanctuaire où sont enterrés tous nos Rois et où est déposée la vieille Bannière qui nous a si souvent conduits à la victoire au cri de « Mont-joye Saint-Denis ». Aussi n’est-on pas surpris de voir un Allemand, l’auteur de  » La Mystique divine, magique et diabolique  » s’écrier :

 » Détruisez la basilique de Saint-Denis : dispersez au vent les ossements de leurs Rois ; abattez, réduisez en cendres cette Basilique de Reims, où fut sacré Klodowig, où prit naissance I’Empire des Francs, faux frères des nobles Germains ; incendiez cette Cathédrale « .

Il avait bien compris, le misérable, ce que sont Reims et Saint-Denis : les deux symboles de notre Histoire Nationale. Il
ne faisait, il est vrai, que continuer les traditions sauvages de sa race. Déjà, au début des invasions barbares, le général romain Cérialis disait très justement aux Gaulois :

 » Les mêmes motifs de passer en Gaule subsistent toujours pour les Germains : l’amour des plaisirs, celui de l’argent, et le désir de changer de lieu. On les verra toujours, quittant leurs solitudes et leurs marécages, se jeter sur les Gaules si fertiles, pour asservir vos champs et vos personnes… »

Cérialis avait dit vrai. Pendant plusieurs siècles, les tribus germaniques ne cessèrent de ravager la Gaule. C’était le temps où nos Évêques prenaient la tête de la résistance aux envahisseurs et méritèrent de s’appeler les défenseurs de la cité ; le temps où les Monastères étaient les refuges de la civilisation et où les moines défrichaient non seulement le sol de notre France, mais son âme et y semaient à profusion toutes les vertus qui devaient y germer en une éclosion magnifique et nulle part égalée.

Comment ne pas citer saint Martin, le grand apôtre de nos campagnes et le fondateur de Ligugé… ? Déjà, à cette époque, la foi rayonnait de la Gaule sur les autres Pays : saint Patrick qui convertit l’Irlande n’était-il pas un disciple de l’Évêque de Tours… ?

Au milieu du Ve siècle, pour châtier le monde tombé dans l’arianisme, Dieu permit qu’Attila ravageât, avec ses Huns, les peuples hérétiques. Redoutable par son génie et par sa cruauté, il mit tout à feu et à sang sur son passage, égorgeant les populations terrifiées.

Quand le châtiment eut été assez grand, Dieu suscita alors un autre Chef pour vaincre celui qui s’appelait justement  » le fléau de Dieu  » et sauver son Église : Mérovée, le Roi des Francs. Mérovée était païen, mais il avait l’âme généreuse et le cœur droit ; il souffrait de voir les tortures des populations chrétiennes et résolut d’arrêter l’envahisseur. Il le rencontra aux Champs Catalauniques, non loin de Reims, où son petit-fils, Clovis, devait être baptisé et sacré. Il tailla en pièces les Huns qui s’enfuirent de l’autre côté du Rhin, laissant au vainqueur un immense butin.

Mérovée avait sauvé le monde chrétien et magnifiquement inauguré les gestes de Dieu par les Francs. Aussi Dieu permit-Il qu’il donnât son nom à la première branche de nos Rois. Comme s’Il voulait que notre Pays ne fût étranger à aucun des grands événements chrétiens, Dieu permit qu’il fût mêlé au triomphe de l’Église sur l’Empire Romain.

L’homme choisi par le Christ pour être le sauveur de la chrétienté fut Constantin l’Empereur des Gaules. Et c’est sur notre sol, à la tête de ses légions, composées en partie d’hommes de chez nous que la croix lumineuse lui apparût avec cette fulgurante promesse de victoire : In hoc signo vinces ! et qu’il se convertit.

 » Quand le temps fut arrivé, que l’Empire Romain devait tomber en Occident, Dieu, qui livra aux Barbares une si belle partie de cet Empire, et celle où était Rome, devenue le Chef de la Religion, destina à la France des Rois qui devaient être les défenseurs de l’Eglise. Pour les convertir à la Foi, avec toute la belliqueuse Nation des Francs, Il suscita un saint Remy, homme apostolique, par lequel Il renouvela tous les miracles qu’on avait vus éclater dans la fondation des plus célèbres Églises, comme le remarque saint Remy lui-même dans son testament. « 

 » Ce grand Saint et ce nouveau Samuel, appelé pour sacrer les Rois, sacra ceux de France, en la personne de Clovis,
comme il dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l’Église et des pauvres, qui est le plus digne objet de la Royauté. Il les bénit et leurs successeurs, qu’il appelle toujours ses enfants, et priait Dieu, nuit et jour, qu’ils persévérassent dans la Foi : prière exaucée de Dieu avec une prérogative bien particulière, puisque la France est le seul Royaume de la Chrétienté qui n’a jamais vu sur le trône que des Rois enfants de l’Église.
« 

Le savant Cardinal Baronius écrit dans ses Annales ecclésiastiques :

«  À la chute de I’Empire d’Occident, trois races de barbares occupaient les Gaules : les Goths, les Burgondes et les Francs. « 

 » Tout marchant à la dérive, la Divine Providence destina à survivre et à s’épanouir dans les âges futurs, le seul de ces peuples où devait s’épanouir aussi, au plus haut degré, le culte de la piété, de cette piété dont Childéric fut la fleur et Clovis le fruit. « 

 » Pour protéger son Eglise naissante contre les flots envahissants de l’hérésie et de la barbarie qui régnaient sur tous les trônes d’Orient et d’Occident… « 

Dieu paraît avoir institué les Rois de France et les a fait s’élever sur les ruines des peuples non Catholiques disparus.

 » C’est pour cela que tous les peuples entachés d’hérésie… furent expulsés ou absorbés par les Francs, suivant la parole de Notre Seigneur : Tout arbre que n’a point planté mon Père sera arraché (Mat, XV, 13)

 » C’est pour cela que le Royaume des Francs s’est épanoui dans une riche et luxuriante végétation arrosée par sa piété. Tout cela est d’une évidence qui se touche du doigt. Il ne fallait rien moins qu’un tel Saint (Remy), d’une telle vertu, d’une telle inspiration divine pour amener des ténèbres de la gentilité à la lumière de l’Évangile, la noble Nation des Francs et son très illustre Roi.

Comme il ne fallait rien moins qu’un tel Roi (Clovis), pour illustrer le premier de tous et à jamais, son royaume de l’impérissable éclat de la religion du Christ, pour entourer d’un amour sans défaillance, d’une protection perpétuelle, cette même religion du Christ.
« 

C’est ce que reconnaissait le Pape Pélage Il :

 » Ce n’est pas en vain, ce n’est pas sans une admirable disposition que la Providence a placé la catholique France aux portes de l’Italie et non loin de Rome ; c’est un rempart qu’Elle ménageait à toutes deux « .

Mission providentielle de la France, proclamée par Grégoire IX écrivant à saint Louis :

 » De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’en haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du Patriarche Jacob ; de même le ROYAUME DE FRANCE EST AU-DESSUS DE TOUS LES AUTRES PEUPLES, COURONNÉ PAR DIEU LUI-MÊME DE PRÉROGATIVES EXTRAORDINAIRES. LA TRIBU DE JUDA ÉTAIT LA FIGURE ANTICIPÉE DU ROYAUME DE FRANCE « .

Source : Marquis de la Franquerie – La mission Divine de la France – 1939

Publié par Napo

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