Voilà des déclarations particulièrement importantes qui viennent du Vatican ! Dans un entretien avec plusieurs journalistes, Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, est revenu sur l’un des dossiers diplomatiques les plus controversés du pontificat de François : l’accord provisoire signé en 2018 entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine concernant la nomination des évêques catholiques. Le diplomate reconnaît ouvertement que « des imperfections sont évidentes », mais estime que la situation actuelle représente « certainement une amélioration » par rapport à celle qui précédait l’accord.
Pour comprendre cette affaire, il faut revenir au 22 septembre 2018. Après plusieurs années de négociations, le Vatican et Pékin signent un accord provisoire destiné à résoudre les conflits concernant la nomination des évêques en Chine. Pendant des décennies, certaines nominations avaient été effectuées sans l’accord du pape, dans un pays où les autorités communistes exercent un contrôle étroit sur les institutions religieuses. L’accord a ensuite été renouvelé en 2020, en 2022, puis le 22 octobre 2024 pour quatre années supplémentaires. Mais près de huit ans après sa signature, le contenu intégral du document demeure confidentiel !
Et c’est précisément cette absence de transparence qui continue de provoquer des critiques ! Les modalités exactes de désignation des évêques n’ont jamais été publiées officiellement. Les informations disponibles indiquent que les autorités chinoises interviennent dans le processus, tandis que le pape conserve un rôle dans l’approbation des nominations. Les critiques de l’accord estiment que le régime communiste dispose d’une influence excessive et redoutent les conséquences pour les catholiques qui ont longtemps refusé de se soumettre au contrôle religieux de l’État. Il faut toutefois distinguer ces inquiétudes des dispositions exactes du texte, toujours inconnues du public.
Interrogé sur ces difficultés, Mgr Gallagher ne prétend pas que l’accord soit parfait. Au contraire, il reconnaît expressément ses imperfections, tout en défendant les progrès qu’il considère avoir été réalisés. Le Vatican souligne notamment que plusieurs évêques ont pu être nommés avec l’accord du pape et que des situations ecclésiastiques autrefois conflictuelles ont été régularisées. Pour le diplomate, le dialogue engagé avec Pékin demeure préférable à une absence totale d’entente. Mais cette appréciation positive ne signifie pas que toutes les difficultés des catholiques chinois aient disparu.
Autre déclaration significative : Mgr Gallagher affirme que les critiques étaient attendues dès le premier jour. Selon lui, il était évident qu’un accord avec le gouvernement chinois ne pourrait jamais faire l’unanimité, compte tenu de l’histoire du pays et du regard porté sur le régime de Pékin. Ces propos n’effacent cependant pas les questions soulevées par les opposants à l’accord : la liberté religieuse, la situation des communautés catholiques non reconnues par l’État, la surveillance des activités ecclésiastiques et l’autonomie réelle des évêques dans l’exercice de leur ministère.
Mais qu’en est-il désormais du pape Léon XIV ? Sur ce point, Mgr Gallagher apporte une nuance intéressante. Il estime que le nouveau pontife ne considère peut-être pas la Chine comme une priorité diplomatique particulière, mais qu’il s’intéresse plutôt aux relations du Saint-Siège avec l’ensemble des pays. Cela ne constitue donc pas une annonce de rupture avec la politique menée sous François. D’ailleurs, en 2026, de nouvelles nominations épiscopales ont continué d’intervenir dans le cadre de l’accord renouvelé en 2024.
Cette prise de parole soulève donc une question essentielle pour l’avenir de l’Église catholique en Chine : les améliorations obtenues grâce au dialogue diplomatique suffisent-elles à justifier le maintien d’un accord dont les dispositions restent secrètes et dont les limites sont désormais reconnues par l’un des principaux responsables de la diplomatie vaticane ? La réponse ne dépend pas seulement du nombre d’évêques nommés, mais également de la liberté concrète dont disposent les catholiques chinois pour vivre leur foi en communion avec Rome.
Sources : Michael Haynes, The Catholic Herald, 28 octobre 2026





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